Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Tchad: le procureur annonce être sous l’ordre du gouvernement

Au Tchad, 18 personnes, principalement des militants de la société civile, des leaders des Jeunes, mais également le chef du parti politique, ont été arrêtés samedi 6 février 2016 alors qu’ils venaient d’entamer une marche pacifique à Ndjamena pour protester contre la suspension des intégrations à la fonction publique.

Les responsables du Collectif des associations et mouvements de la jeunesse du Tchad (Camojet) à l’origine de la marche, des responsables d’ONG de défense des droits de l’homme et Mahamat Barh Béchir, président du Rassemblement patriotique du renouveau, un parti politique ont été mise en prison pour trouble à l’ordre public selon la police.

Ce matin du 8 février 2016, les accusés ont été transféré au parquet général de N’djamena. Le procureur annonce ainsi la libération des accusés présumés sous l’ordre du gouvernement.
«Nous avons reçu l’ordre de l’exécutif de vous libérer. Aucune charge n’est retenue contre vous. L’exécutif ( le gouvernement: ndrl) s’engage à être désormais à votre écoute.» annonce-t-il dans la salle.

Pour les ONG de droit de l’homme et la jeunesse tchadienne, ceci est un aveux de plus qu’au Tchad, la justice est sous l’ordre du gouvernement et du président dictateur Idriss Deby. Ce dernier depuis 25 ans est à lui seul bourreau, avocat et juge. L’indépendance de la justice au Tchad n’est que mensonge et illusion.

Ainsi, on s’interroge si la justice a reçu l’ordre de Deby et du gouvernement de déclarer un non-lieu dans l’enquête sur la disparation de l’opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh?
A-t-elle reçu aussi l’ordre d’étouffer l’enquête sur les responsables des tortures des élèves et étudiants le 09 mars 2015 à N’djamena?
A-t-elle reçu des instructions sur la procédure du jugement d’Hissein Habré au Sénégal par la Chambre africaine extraordinaire? Les propos du procureur l’affirme.

Djarma Acheikh
Jeunes Tchad


Alternance démocratique, véritable défi pour le Tchad

Mesdames et Messieurs les journalistes

Chers participants

La liberté politique dit-on existe lorsque les citoyens peuvent exercer une juste part du monopole gouvernemental.

Plusieurs années des guerres civiles, des gouvernances autoritaires et corrompues, des situations sociales et économiques misérables, la dégradation du système éducatif sur fond de la promotion de l’incompétence et de l’analphabétisme ont marqué l’histoire de cette nation.

Tous ces facteurs sociaux, politiques, culturels et éducatifs, sont susceptibles d’affecter la question de l’alternance démocratique au Tchad. Et Plusieurs facteurs endogènes comme exogènes entrent en jeu. Une bonne connaissance du terrain est exigée et seul les tchadiens peuvent résoudre cette équation à plusieurs inconnues.

En effet, nous rappelons une fois de plus, qu’en 25 ans de règne du régime politique actuel, le Tchad n’a connu que de déchéances. Bref, une déliquescence totale de l’État Tchadien, déliquescence marquée par plusieurs maux accumulés durant des années.

Le Tchad a réellement besoin de l’alternance démocratique. Malheureusement, elle ne peut être possible qu’avec le soutien de la France. Autrement dit, si l’ancienne puissance coloniale du Tchad, remet en cause sa politique traditionnelle, après la brillante  étude réalisée par l’enseignant chercheur Roland Marchal, (étude réalisée à l’initiative du Comité de Suivi de l’appel à la Paix et à la Réconciliation) publiée en Avril 2015  et intitulée Petites et grandes controverses de la politique française et Européenne au Tchad, la France aura franchit une étape importante dans le respect des valeurs que nous lui connaissions.

Le Tchad est un pays qui a connu une évolution politique et sociale très tumultueuse et très compliquée par rapport aux autres Etats d’Afrique.

Pour toute révolution ou toute autre entreprise humaine, les ressources humaines sont très importantes. Le Tchad a besoin des ressources humaines, qui ne seront pas nécessairement les  universitaires, car nous avons vu et voyons leurs attitudes honteuses. Ils se sont rangés derrière un despote inculte et apportent leurs expertises pour la destruction de la nation tchadienne.

Au Tchad, il nous faut évidemment des personnels de haut niveau, mais des experts vertueux qui ne vivent pas de la politique. La classe dirigeante actuelle, est truffée des personnels inutiles, malhonnêtes, non qualifiés et non essentiels pour le bien-être de la République. Vouloir bâtir une République avec ceux qui se sont hissés au sommet de l’Etat par tricheries et trafics d’influence sera une entreprise d’avance vouée à l’échec.

Nous nous demandons alors où aurons-nous le personnel vertueux et qualifié après 25 années de gabegie ? Heureusement, ils existent encore des hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, qui souffrent et qui ont souffert depuis des années et qui continuent à se battre contre les injustices. C’est donc à ceux-là qu’il faut confier la mission.

Dans notre contexte tchadien, les philosophes seront ceux qui, humblement et misérablement sont au service de l’Etat, mais hautement qualifiés. La volonté politique et populaire est le seul facteur qui manque. Notre pays dispose la volonté politique et populaire, mais en état latente.

Malheureusement, l’attitude peut honnête et incompréhensible, des responsables de l’opposition politique éteint tout élan de révolte face à l’injustice et à l’imposture inouïe. Alors, qu’à cause de leur passivité de centaines d’enfants meurent de malnutrition et de maladies. La classe politique est pertinemment consciente de la situation explosive du Tchad. Cependant, la classe politique essaye comme à l’accoutumée, d’accompagner l’imposture du despote Idriss Deby et nous constatons l’architecture de l’imposture à travers les recensements biométriques.

Toutefois, la volonté d’un peuple n’est jamais tarissable. Si la société civile ne tente pas de renverser la tendance, le peuple allumera le feu!

Le despote Idriss Deby, chef de l’imposture politique du siècle, vivant ou mort, partira! Pensons désormais à comment organiser un forum sans Deby, et sans les experts cupides et malhonnêtes.

Les Tchadiens, ne croient pas à l’alternance démocratique dans les pays où, la France positionne sa force militaire. Ils sont réduits au silence du fait que les chefs d’Etat qui les oppriment sont souvent ovationnés à l’Elysée.

En effet, nous osons dire qu’aujourd’hui, l’alternance démocratique en Afrique suscite peu d’enthousiasme dans la politique française. Celle-ci se limite au principe selon lequel mieux  vaut avoir pour interlocuteur celui qu’on connaît le mieux et maîtrisé c’est –à-dire celui qui peut rendre service à la France. C’est ainsi que certaines figures de la classe politique française défendent la conception selon laquelle Paris doit continuer à garder à tout prix les liens déjà tissés depuis le temps colonial avec ces pays.

Si non comment comprendre que la déclaration du  président de la République à l’occasion du 55ème anniversaire de l’accession à l’indépendance dans le but d’éviter le chaos à ce pays » disait t-il. Autrement dit, il n’a jamais envisagé l’existence du Tchad sans lui et qu’il ne quittera pas le pouvoir après 25 ans. N’a enregistré aucun commentaire de la classe politique française  qui a bel et bien suivi ce discours. Le peuple Tchadien est surpris par le silence de la France face au résultat de la prochaine élection présidentielle de 2016 déjà connu et de l’auto-proclamation comme président à l’issue de cette élection de 2016 au Tchad.

Pour arriver à une possible alternance démocratique au Tchad,  la classe politique française a quelques obligations morales :

  • Encourager le Chef de l’Etat à la tenue des élections crédibles, libres et transparentes ;
  • Soutenir les mouvements de la société civile qui revendiquent des élections crédibles, libres et transparentes ;
  • Exhorter le Président Deby à ne pas déposer sa candidature pour le permettre de servir son pays à travers l’implication de tous les acteurs aux instances de prises de décisions.

Face à ce défi de l’alternance démocratique que pourrions-nous aisément affirmer sans risque de nous tromper que le Tchad n’est pas un Etat de Droit. Parce que les principes de primauté de droit est basée sur l’arbitraire et la formule de « nul n’est au-dessus de la loi » ne s’applique pas à tout le monde dans ce système. Cela suppose qu’il y a des règles juridiques opérationnelles, impersonnelles, impératives et exécutoire  (sanctionne) sans que le juge n’invente un délit ou un crime qui n’est pas prévu par la loi. Et qu’un délit correspond à une peine proportionnelle.

Le respect de la loi et de la hiérarchie des normes constitue l’une des plus importantes garanties de l’Etat de droit que nous pouvons énumérés :

  • La constitution
  • Les engagements internationaux ;
  • Les lois internes.

Cette base juridique s’impose à l’ensemble des personnes juridiques y compris lui-même qui devient un sujet de droit comme tout autre personne physique ou morale. L’Etat de droit s’oppose à l’autoritarisme des dictateurs et tyrans qui n’ont guère leur place dans cette société. Moins encore d’une monarchie au mépris des droits fondamentaux.

Le peuple tchadien a connu assez de souffrances pour vouloir vivre désormais dans un Etat où règne la bonne gouvernance. Elle aspire à une nation dans la quelle coexistent :

  • Une volonté politique réelle dans la gestion de la chose publique ;
  • Une transparence dans la gestion des ressources publiques ;
  • Une séparation effective des pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire) ;
  • Une application impartiale de la loi sur le détournement et la corruption pour tous sans distinction aucune;
  • Une instauration d’un comité de surveillance et de suivi des projets régionaux et nationaux ;
  • Une implication effective de tous les acteurs dans le processus d’élaboration et de mise en place des projets.
  • Une organisation des élections libres et transparentes des députés à l’assemblée nationale (que ceux-ci ne soient pas imposés par le parti au Pouvoir) ;
  • Une implication des communautés locales et de la société civile dans la gestion de la chose publique.
  • Une mise en place d’un programme national d’éducation civique ;
  • Le respect des droits de l’homme ;
  • Une indépendance réelle de la justice surtout vis-à-vis du pouvoir Exécutif ;
  • Des nominations des personnes compétentes aux postes de responsabilités à différent niveau des services de l’état.

Pendant des décennies, le peuple a croupi sous le joug de la misère entretenue par les autorités qui se donnent le luxe de dresser des embûches au bien-être de la population en :

  • Effectuant une structuration du gouvernement qui ne répond pas à un besoin d’efficacité pour l’intérêt général mais plutôt à un formalisme politique ou ethnique ;
  • Gérant des ressources de l’Etat d’une manière lamentable, en détournant de fonds et des biens publics sans que ces derniers ne soient punis ;
  • Violant constamment l’article 11 du Pacte International Relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels des populations ;
  • Violant allègrement des droits et des libertés fondamentales de l’homme ;
  • Utilisant d’une manière non rationnelle des ressources humaines avec comme corollaires les nominations par complaisance, népotisme, clientélisme et autres ;
  • Instaurant des injustices sociales quotidiennement vécues par les populations ce qui entraînent des foyers de tension ;
  • Instaurant une insécurité grandissante dans le pays.

Toute cette misère, cette désolation et cette perpétuelle humiliation qu’a supportées le tchadien amène ce dernier à vouloir une seule chose, le CHANGEMENT. Ceci ne viendra que sans le 5ème Mandat de DEBY et si les élections sont organisées d’une manière libre et transparente. C’est par elles que le peuple exprimera librement sa volonté et concrétisera ainsi son idéal qui est « l’alternance démocratique » tant voulu.

De manière spécifique la coalition TROP C’EST TROP dit NON au 5ème Mandat du président sortant Idriss Déby Itno.

Je vous remercie de votre aimable attention !!!

Porte parole de coalition

Mme NARMADJI Céline


Qui succédera à Idriss Deby s’il succombe à la maladie ?

 A la fin du mois de novembre 2015, le président tchadien Idriss Deby a été admis à l’Hôpital américain de Neuilly à Paris, en France, où il a passé plusieurs journées accompagné de membres de son entourage, dont son fils Zakaria, relève l’hebdomadaire Jeune Afrique.

Depuis lors, la question de sa succession fait débat. Selon la constitution du 31 mars 1996, le successeur défini pour assurer l’intérim du président de la République du Tchad en cas de décès, d’empêchement, de démission ou de destitution du président élu est le président de l’assemblée. Mais cette constitution sacrée est violée à plusieurs reprise par Deby depuis la révision de 2005, qui a fait sauter le verrou de la limitation des mandats. Deby s’est alors offert une présidence à vie, selon ses opposants.
Et pourtant, le régime au Tchad est tout sauf démocratique. Il est tortionnaire des opposants, étudiants et des élèves. (voir vidéo).

Ce qui rend les choses encore compliquées est que la Constitution, qui permet une transition pacifique, n’a plus de valeur juridique. Une constitution cousue sur mesure pour maintenir un dictateur voulant se faire appeler démocrate ne peut valoir comme document de référence ou de base. D’autant que parler du respect des lois au Tchad, c’est ignorer la logique des années sombres de la guerre civile et de la conquête du pouvoir par les armes.

Qui pour succéder à Idriss Deby ?

Affecté depuis plusieurs années par des maladies gardées secrète, Idriss Deby resserre les rangs autour de lui, en plaçant au poste clé les membres de sa famille dans la sécurité et l’armée. Une équipe de confiance est alors soudée, avec pour mission d’unifier le clan autour de la personne choisie, de dépasser les malentendus et les rapports d’égo dans la famille.

Lors de la dernière hospitalisation de Deby à Paris, le clan laisse savoir sans l’ombre d’un doute leurs intentions à se maintenir au pouvoir après Deby. Ce qui menace d’entraîner le pays dans une nouvelle guerre civile. En France et dans les pays de la sous région, des tractations ont eu lieu pour imposer un membre de la famille proche de Deby pour lui succéder. Trois noms reviennent : Mahamat Idriss Deby, l’enfant adoptif, Zackaria, le fils de Toumai air et Daoussa, le grand frère affairiste.

Depuis la libération de prison du petit frère controversé Saley Deby, les réunions s’enchainent loin des regards à Amdjarass. La sécurité de N’Djamena, notamment de la présidence, a été confiée à Mahamat Idriss Deby, rappelé dare-dare à N’Djamena du Lac-Tchad. Ahmat Youssouf Itno, neveu d’Idriss Déby a récemment été nommé à la tête des Renseignements militaires. Tahir Erda, frère de l’un des gendres du chef de l’Etat et le colonel Zaghawa Mahamat Salim Haggar dirigent le département des opérations extérieures de l’armée. Ils sont chargés de veiller sur les ex-rebelles Zakhawa, de contrôler l’armée et d’œuvrer pour protéger l’intérêt du clan.

Il est clair que les Zakhawa qui entourent Deby préfèrent la force des armes pour se maintenir au pouvoir plutôt que le consensus global autour de la personne qui mènera la transition après Deby. Le défi à révéler est que le Tchad est ni la RDC, ni le Gabon. Les événements en RCA et en Libye doivent nous servir de leçon.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, analyste indépendant

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Jeunes Tchad : Over-blog.com


Fête d’Amdjarass : similitudes ou simple coïncidence ?

Sur les réseaux sociaux, on observe ces jours-ci une indignation quasi générale des Tchadiens quant aux liasses de billets de banque qui se déversent sur les chanteurs et les danseuses à Amdjaress. Siège du sultanat Itno, Amdjaress est désormais devenu le centre névralgique de l’Etat tchadien. Le président Deby et ses courtisans, aveuglés par un bien mal acquis, n’y comptent plus les billets.

En 1975, le président Tombalbaye et ses amis faisaient de même lors d’une fête organisée à Sarh et à Balemba. En mars 1975, un coup d’Etat renversait Tombalbaye.

Ndjamena, le 25 mars 1975. Au cours d’une réunion du Conseil exécutif du Mouvement National pour la Révolution Culturelle et Sociale (MNRCS), le président Tombalbaye s’adresse au conseil et interpelle Ali Kosso sur un ton péremptoire :

-Kosso, tu as vu comment on a versé de l’argent au cours des cérémonies à Sarh et à Doyaba? Tu crois que c’est normal ça?

Kosso, ne sachant quoi répondre, se tait. Tombalbaye, sur le même ton :

– Lorsque je mourrai, je sais que personne n’aura le temps de me faire de sacrifice. Alors j’ai fait mes sacrifices moi-même.

Tombalbaye lui redemande encore :

– Tu as vu à Sarh comment je jouais au balafon? As-tu vu un jour un chef d’Etat jouer au balafon?

Kosso répond :

– Non, grand compatriote.

Tombalbaye lui dit :

– Justement, je connaissais quelques notes alors je me suis pleuré moi-même.

Avant de lui reposer une troisième fois la question : 

– Kosso, tu m’as vu faire des photos avec Bono Blum, Doyangar et Rarekingar?

– Oui, grand compatriote, répond Kosso.

– Tu sais pourquoi?

– Non, grand compatriote.

– Parce que ceux-là étaient mes amis avant que je ne sois président. Après, je les ai négligés. C’est pourquoi j’ai tenu à faire mes dernières photos souvenir avec eux.

Le président Tombalbaye continue son discours et dit:

– Ecoutez-moi bien : les militaires bougent, ils sont sauvages. N’acceptez pas de vous faire humilier devant vos femmes devant vos enfants. Quant à moi, j’ai choisi la mort.

Effectivement, le 13 avril, il a refusé de se rendre aux militaires venus l’arrêter, et un capitaine lui tira une balle dans la tête. Après son assassinat et l’enquête qui s’ensuivit, on découvrit qu’il n’avait aucun compte à l’étranger.

Ses enfants au Liban, en Côte d’Ivoire et en Haïti ont tous été renvoyés de leur école parce qu’ils ne pouvaient plus payer leurs études. Un trimestre après la mort de leur père.

Alors, si le président Deby est sûr qu’il ne se fait pas passer pour un malade imaginaire, aura-t-il le courage de prévenir ses collaborateurs ? Ou fera-t-il comme son prédécesseur Hissein Habré, dont les proches collaborateurs juraient qu’il dirigeait encore les opérations, deux jours après qu’il ait quitté la capitale. Wait and see

Aboulanwar


Tchad: Du village au bureau, des études au chomage

Aujourd’hui l’Etat « confisque » aux forces vives du pays ses éléments les plus brillants pour en faire des fonctionnaires, à un âge auquel ils sont les plus créatifs et les plus dynamiques pour innover, créer des entreprises et faire avancer la nation.

Des jeunes « brillants »et Diplômés sans emplois, avec des âmes de « Robin des bois », dévorés par l’ambition de faire avancer leur cher pays (bien légitime à cet âge et au vu de leurs succès intellectuels), sont totalement ignoré par l’État tchadien.

Plus fort encore, des recrutements hyper sélectifs appelé « remplacement numérique » entraînent une sur- qualification, génératrice d’aigreur,de carrières bloquées et beaucoup trop longues, avec des fonctionnaires d’autorité ne connaissant rien à la vie et déformés par la « vie de cour ».

L’extrême rigidité de la fonction publique , au moment ou Les besoins et les priorités de l’État évoluent, les élus du peuple ignorant le bien fondé de la loi essaye de saper ou bloqué la bonne marche de notre pays en qualité de ressources humaine, capable de faire fusionner développement et compétence. Nul part en Afrique ou ailleurs, un État se permet d’interdire ses filles et fils la rentrée à la fonction publique , lors que ses jeunes sont diplômés.

De même , la rentrée à la fonction publique est un droit pour les tchadiens (nes) qui remplissent les critères d’admission..

Peut on dire de cette fameuse loi votée par l’Assemblée nationale qui gèle la fonction publique?

Dans quel pays l’équilibre budgétaire alloué par cette dernière permet de jauger l’effectivité du budget générale de l’État ?

Moussa kach 


Introduction à la compréhension de l’existence

Un Samouraï se présenta devant le Maître Zen Hakuin et lui demanda :
-« Vieil homme ! Dis-moi à quoi ressemblent l’enfer et le paradis ! »- « Qui es-tu ? » Demanda le Maître.- « Je suis le Samouraï … »- « Toi, un guerrier ?! » s’exclama Hakuin.- « Mais regarde-toi. Quel seigneur voudrait t’avoir à son service ? Tu as l’air d’un mendiant. »

La colère s’empara du samouraï. Furieux, il saisit son sabre et dégaina, Hakuin poursuivit :

– « Ah bon, tu as même un sabre ?! »

Prêt à frapper le Maître. A ce moment celui-ci dit :

– « Ici s’ouvrent les portes de l’enfer. »

Surpris par la tranquille assurance du moine, le samouraï rengaina son sabre et s’inclina devant lui.

– « Ici s’ouvrent les portes du paradis » lui dit alors le Maître.

On en vient souvent à s’intéresser au chemin spirituel à la suite d’une déception vécue vis-à-vis de l’enseignement proposé par la religion exotérique (exo = extérieur). Elle survient comme un signe annonçant que le chercheur est prêt pour une autre étape de son cheminement. Cette ré-action survient au début, quand il y a une sorte de répulsion vis-à-vis de la compréhension littérale des textes et d’une perception moraliste limitant l’expansion de l’être vers d’autres plans de perception. A ce stade de rejet, qui correspond en fait à une phase de croissance de l’être il y a deux options. Soit l’on devient matérialiste, car ayant rejeté sans comprendre vraiment pourquoi on fuit vers un autre extrême avec la croyance d’être libéré des questions fondamentales. Ce qui évidement ne fonctionne pas, car les questionnements tiraillent toujours et un peu plus davantage avec le temps. Le matérialiste est un être en croissance qui n’a pas trouvé de nourriture nécessaire à son évolution. Et ainsi, par dépit il s’est recroquevillé dans une voie qui au fond ne lui apporte pas l’essentiel. En deuxième option, ce rejet peut trouver un écho auprès d’un enseignement spirituel authentique, l’être commence à s’en nourrir et grandir jour après jour sur le chemin intérieur.

 

Une fois en chemin, peu à peu, il essaye de comprendre son rejet et ce rejet se transforme en tolérance, puis en compassion. Il perçoit alors la diversité des êtres et le fait qu’à chaque stade d’évolution convient une nourriture appropriée. Il respecte ainsi l’enseignement des religions exotériques et la place qui leur est dû. Son cœur est aspiré ailleurs, il passe le seuil qui sépare le monde du dehors de celui du dedans et découvre le nouveau monde.

 

 

Souvent, lorsque l’on sort de l’étape religieuse il nous vient ce questionnement face aux divers récits sur les peines, châtiments et récompensent de l’enfer, du purgatoire et du paradis. Il y a le pressentiment d’une vérité dans ces notions, c’est bien pour cela qu’elles perdurent encore, mais la compréhension de leur réelle réalité reste encore imparfaite. On en rejette encore l’écorce dans laquelle le littéralisme religieux l’impose parfois. Comprenons qu’au niveau exotérique le dogme est une nécessité, tout comme pour un enfant fragile les recommandations des parents sont vitales pour sa survie. Donc, développons de la tolérance vis-à-vis de ceux qui en restent au dogme, ils ont leur rôle, mais soyons discernant quand ce rôle dépasse de temps à autres celui qui lui est attribué. Dans ce texte, nous allons voir comment il nous est permis d’harmoniser les différents angles de perceptions et aller au cœur de l’essence-ciel.

Une chose qui parait importante à comprendre avant tout développement est le fait que l’on ne peut accéder à la vérité tant que l’on regarde à l’extérieur de soi. Je souhaiterai pour illustrer ce propos citer le logion 3 de l’évangile gnostique de Thomas :

 

« Si ceux qui vous entraînent vous disent :

– « Voici, le Royaume est dans le ciel ! »

– alors, les oiseaux du ciel y seront avant vous. S’ils vous disent :

« Il est dans la mer ! »

– alors, les poissons y seront avant vous.

Mais le Royaume est au-dedans de vous et il est au-dehors de vous ! »

Ce logion rejoint directement cette phrase de l’évangile de Luc (17-21) :

« On ne dira pas : voici il est ici ou voilà il est là, car le royaume de Dieu est au-dedans de vous. »

Le poète musulman Yunus Emre énonce la même vérité :

« Quand tu cherches Dieu, cherche-le dans ton coeur. Il n’est pas à Jérusalem,ni à la Mecque , ni dans le hajj (pèlerinage). »

 

Une vue littérale de ces écrits devient difficile si l’on ne peut avoir accès à l’expérience intérieure. Tant que les portes du royaume du dedans restent closent l’incompréhension subsiste. Et soit l’on passe par-dessus la phrase en l’occultant, soit on l’interprète par le bas. C’est-à-dire que l’on ne perçoit qu’un espace limité de la vérité, en ne restant qu’à son reflet. Apercevoir le reflet du soleil sur l’océan n’est pas tourner son visage vers lui, le reflet du soleil intérieur ne peut réchauffer le cœur en sommeil …

 

Il arrive tristement que par désespoir l’on rejette l’existence même du soleil intérieur et qu’ainsi on enferme la vérité dans un reflet déformé par les vagues de la peur. Pourtant, le soleil quand à lui rayonne toujours, peu importe s’il se reflète ou pas, il Est.

 

La compréhension des reflets du soleil est une étape, et comme toute étape lui succède d’autres étapes. Paul de Tarse disait : « La lettre tue et l’esprit vivifie » (2 Corinthiens 3 – 6) il énonce ici le principe même de la compréhension intérieure. Le reflet seul ne peut réchauffer, sans la conscience de l’analogie qui existe entre le mot d’un texte et le vécu intérieur, rien de libérateur ne peut croître en nous. La lettre est un outil, elle est le doigt qui pointe la lune, mais elle ne sera jamais la lune. Un texte spirituel se lit, puis se vit de l’intérieur, ainsi l’on dépasse le reflet et accédons à l’essence, cette eau de l’esprit qui transfigure l’être entier.

 

Nous venons de poser les bases pour la compréhension qui va suivre par delà le fil du texte. Nous avons vu qu’il existe plusieurs degrés de compréhension pour un enseignement, chaques degrés étant adaptés à un âge intérieur. Et chaques degrés ayant sa juste place, les degrés plus intérieurs transcendent et incluent les degrés extérieurs. Afin de converger de la périphérie du cercle vers son centre, c’est là aussi le symbole de la roue bouddhique. Les degrés périphériques tournent d’un extrême à l’autre sur la roue, mais plus on se rapproche du centre moins les tours de roue ont d’amplitude. Au centre de la roue, le moyeu ne tourne pas, il est l’Axis Mundis (l’axe du monde) le centre absolu de l’être. Dans le christianisme par exemple l’Axis Mundis est symbolisé par la croix du Christ, il est le centre du monde car il est libéré de l’ego après son chemin de croix qui est le chemin du chercheur se purifiant de la souffrance. La Vérité ineffable a prit des noms différents par delà les époques et les cultures, mais elle demeure de toute éternité au delà de toutes dénominations. Voila pourquoi pour ne pas la rabaisser à nos concepts limités les initiés évitent de la nommer, et pour des raisons purement pédagogique la nomme provisoirement le « sans noms » « l’ineffable » « l’absolu » « le grand mystère » « celui dont on ne peut prononcer le nom ». Voici pourquoi dans toutes les traditions il est un péché de prononcer le nom de Dieu en vain. Si l’on dépasse l’interdit littéraliste, le dogme du départ, (le mot « pécher » signifie à l’origine en grec « manquer sa cible » ) on comprend avec l’œil intérieur que notre mental ne peut comprendre que ce qu’il fabrique. Car son mode de fonctionnement dualiste (binaire, 0 ou 1, vrai ou faux) ne peut que limiter ce qui est illimité et le transformer en idole stérile. La Vérité absolue ne peut être qu’un paradoxe pour l’intellect, voila aussi pourquoi les scientifiques la nient, uniquement parce qu’ils ne peuvent pas la comprendre avec leurs outils. Les méthodes de détection scientifique sont des extensions de nos sens humains, en plus complexe, ils ne peuvent que mesurer une réalité sensible, mais le monde spirituel réside en une réalité que l’on nomme supra-sensible, c’est à dire qu’elle demande de développer d’autres sens que les 5 de bases pour être capté, ce 6ème sens étant l’intuition profonde, l’ouverture du 3ème oeil, celui qui voit ce que les yeux de chair ne peuvent voir. Cette vérité est une réalité puisqu’elle se vit et se vivant elle transforme les êtres, preuve parfaite de sa réalité insaisissable.

« Le langage muet de cœur à cœur vaut tous les langages.Toute conversation doit finir dans le silence seulement. »Ramana Maharshi.

Il nous arrive de réfléchir sur la Vérité, tout comme le miroir réfléchit une source lumineuse. Mais, là encore, la lumière réfléchie ne sera jamais la lumière source originelle. Ainsi notre esprit réfléchit les rayons du soleil du cœur, il les traduit en mots afin de les transmettre à celles et ceux qui ont encore besoin des mots. Mais le reflet n’étant pas la source, aucuns mots, aussi beaux et profonds soient-ils ne traduiront fidèlement ce qu’EST la Vérité absolue. Ayant conscience de cela il nous est possible de verbaliser librement, transmettre dans la présence à la réalité vibrante en nous. Nous ne serons plus le jouet des mots, mais les mots seront ainsi habités par le silence intérieur sans forme. Seul l’espace libre inconditionné peut permettre l’émergence de formes conditionnées. Si par contre, nous en restons aux formes conditionnées alors nous sommes attaché à ce qui finira tôt ou tard et la souffrance nous étreindras par la perte de la forme. Voila pourquoi les humains semblent si souffrir de l’attachement à la forme, que ce soit leur religion ou un être cher. Car ils ne voient que le reflet de l’être et non l’essence qui donne vit à cela. S’attacher à un être (ou une religion) pour son apparence seule c’est ne pas aimer ce qui vibre en son cœur, c’est donc ne pas l’aimer réellement. On ne peut aimer que si l’être tout entier est connecté à la source de toutes choses, faisant disparaître toutes croyances de séparation. Si nous pouvons aussi aimer une forme pour sa beauté, cette beauté deviendra éternelle si le fond du cœur de l’autre s’harmonise avec le fond de notre cœur et forment à l’unisson une même voix.

 

Nous avons vu plus haut cette petite histoire mettant en scène le maître Hakuin et le samouraï. Ce guerrier valeureux arrive chez le moine avec une perception extérieure, profane, (en latin « profanum » qui signifie « en dehors du temple » le temple étant le corps, le saint des saints en est le cœur) du paradis et de l’enfer, n’ayant pas franchie le seuil de son être il ne peut qu’accéder au reflet du soleil sur l’océan. Par l’expérience directe maître Hakuin lui démontre que le paradis et l’enfer ne sont pas des lieux, mais des états de conscience qui vivent en lui. L’enfer correspond au monde de la confusion, des passions, des instincts, de l’animalité et tout ce qui maintient l’être dans la souffrance. Le paradis constitue tout ce qui apaise le cœur de l’être, le libère de la souffrance et le mène vers l’illumination. Ainsi, les récits sur les différents enfers, les tortures et le reste sont en réalité le reflet littéral des différents états de souffrance intérieurs. Dans la tradition ésotérique de l’Islam Al-Qâshânî énonce avec d’autres mots la même vérité : « L’enfer est la privation et l’éloignement (de Dieu) » . Comme nous l’avons vu plus haut Dieu pour l’initié n’est pas un personnage extérieur à lui, mais une conscience qui habite en son cœur. L’enfer serait d’être privé de la conscience, de vivre mécaniquement, balloté par les pulsions, les émotions et pensées négatives. Etre éloigné de Dieu c’est vivre inconsciemment, dans les mirages de l’ego.

 

Le soufisme distingue des stations (niveaux de conscience) différentes, allant de la périphérie au centre. Chaque station pouvant être positionnées sur le symbole de la roue bouddhique, allant du relatif à l’absolu. Ainsi pour celle ou celui dont le cœur est libéré de l’ego, les portes du paradis s’ouvrent ici bas, sur l’instant présent. Car ne se nourrissant plus du relatif, de l’impermanent et du mortel il vit dans un présent éternel, ici et maintenant, en amour avec toutes choses.

 

Nous comprenons ainsi l’universalité de la libération intérieure par delà les formes temporelles qu’elle revêt. Les oppositions entre religions n’existent que pour un regard extérieur, profane, qui s’attache à la forme au détriment du fond, au reflet plutôt qu’à sa source. Un peu comme pour une randonnée, plusieurs marcheurs partent d’un versant (ou verset) différent et ne voit tous d’abord que leur propre versant (verset). A ce stade ils croient être les seuls à ascensionner et croient que leur chemin est le seul est unique. S’il reste au bas de la montagne ils ne pourront comprendre et voir que d’autres aussi ascensionnent comme eux, mais par d’autres versants (versets). A la moitié de la montagne ils commenceront à apercevoir d’autres chemins, d’autres marcheurs, et ils commenceront à se poser des questions sur leur propre chemin. Une fois qu’ils arriveront au sommet de la montagne, ils pourront enfin observer par eux-mêmes que d’autres les y attendent afin de célébrer l’absolu lumière du cœur qui luie en chacune et chacun …         Les religions comme les concepts ont dans ce monde relatif une naissance, un apogée et une fin. Et à chaque fin de cycle un nouvel initiateur apparaît pour donner un nouveau souffle à l’humanité. Il doit exotériquement contre-indiquer la religion qui est dans sa fin pour des raisons temporelles. Car le peuple à un certains niveaux ne peut comprendre la subtilité des cycles et l’unité-divergente entre fond et forme. Ainsi il en va de toutes religions, elles sont toutes bonnes dans le fond, mais la forme subie avec le temps des déformations qui lui font perdre l’esprit de ses débuts. L’incompréhension entre les lois, les règles à pratiquer etc. ne sont pas conciliables si l’on en reste là. En effet, les lois du temps de Moïse ne semblaient déjà plus convenir du temps des débuts du christianisme et les règles coraniques ont du mal à intégrer certains aspects des autres traditions du monde. Ceci est dû au fait que les lois, les règles extérieures sont fixées pour des raisons pédagogiques et adaptées à un peuple précis, à une époque précise. Les fondateurs des religions savaient cela, mais étaient obligé d’agir dans l’urgence pour réformer le peuple et lui donner une conduite à suivre. Il subsistait des initiés dans chaque tradition pour conserver l’esprit de la lettre, bien que malheureusement ces derniers furent pourchassés bien souvent par le pouvoir en place qui ne supportait de concurrence.

 

On retrouve souvent dans les religions monothéistes un rejet parfois viscéral de l’idolâtrie. Ceci ce place là encore d’un point de vu historique et temporel et non du point de vu de l’ultime. Si à l’époque de Moïse l’idolâtrie fut rejeté c’est tout simplement parce que les cultes des anciens égyptiens étaient décadents, que les pratiquants avaient perdu l’esprit qui se cache derrière le symbole des statues et des dieux. Mais les initiés égyptiens savaient très bien que prisent sans l’esprit ce ne sont que des figures de pierre stériles. Pour un initié égyptien chaque statue est un archétype, un aspect de la source UNE et universelle. Seuls les pratiquants des niveaux exotériques de la religion égyptienne croyaient que les statues représentaient des dieux réels. On retrouve la même chose dans l’hindouisme qui est très proche de la religion égyptienne, car ce sont les deux plus anciennes religions depuis la perte de l’unité religieuse primordiale de l’humanité. Mais comme tout est cyclique, une religion apparaît, elle atteint son âge d’or et chute. Du temps de Moïse il était nécessaire que le peuple ne s’attache plus à des symboles dont on avait perdu l’esprit. Donc, l’interdit de pratiquer l’ancienne tradition (qui pourtant dans son essence était divine) fut prodigué afin de donner un souffle nouveau à l’humanité. Même chose pour l’Islam qui a appuyé considérablement ce rejet de l’idolâtrie, mais là encore pour des raisons historiques et temporelles. La religion antique du temps de Mahomet était elle aussi d’origine divine, mais elle était décadente à l’époque, car elle amorçait son cycle de fin. Il fallait, là encore, amener un souffle nouveau à l’humanité et proscrire la pratique de culte décadent, même si à l’origine ils furent spirituels. Il est inscrit dans les cinq piliers de l’Islam, au sein du « Tawhid de la confirmation » au sujet des polythéistes : « Et si tu leur demandes qui a crée les Cieux et la Terre , ils diront : « Allah » » Ceci est normal si l’on comprend le fondement réel du polythéisme, qui n’est en réalité qu’un accent mis sur la diversité des aspects de l’Un. Alors que les monothéismes ont mis l’accent plus exclusivement sur l’unité, qui a dérivé tristement à l’absolutisme du Dieu unique sur les autres facettes.

 

Le problème vient de l’auto-exclusion réciproque provenant du manque de connaissance intérieure. L’absolu est UN, mais il est multiple dans ses manifestations, en ce sens polythéistes et monothéistes vivent les mêmes choses dans le fond. Aussi bien la notion d’unité que de multiplicité peut être récupéré par l’ego, le principe de l’ego est l’exclusivité et l’exclusion. Ainsi l’Islam mal compris amène à la croyance que seul l’enseignement coranique mène à la réalisation intérieure. Ceci est une compréhension profane (en dehors du temple intérieur), les soufis réalisés savent très bien qu’il n’en est rien et que dans l’absolu tous les chemins authentiques sont UNS. Dans le « Tawhid du culte et de l’adoration exclusive » : « Il leur a été ordonné de n’adorer qu’Allah en lui vouant un culte exclusif. (Sourate 98/verset 5)» on retrouve donc ici l’accent mit sur l’unité de l’absolu, en occultant pour des raisons historiques (dégradation du culte polythéiste) la diversité des facettes de l’absolu qui étaient représentés par les statues des dieux.

 

Il suffit d’étudier en profondeur les religions antiques pour prendre conscience de l’unité transcendante des religions. Et ainsi dire que les bouddhistes sont des idolâtres car il y a des statues de Bouddha ce n’est pas comprendre que ces statues ne sont que des symboles. Notons au passage que fondamentalement il n’y a pas de grande différence entre l’idolâtrie et la bibliolâtrie, diviniser une statue de pierre ou un livre de papier revient à la même attitude profane. Sans l’esprit, la conscience de l’intériorité des symboles, les statues comme les livres ne permettent pas de connaître Dieu ou l’absolu au-dedans de soi. Aujourd’hui les religions monothéistes entrent progressivement dans la même fin de cycle traversé par les religions dites païennes. Elles ont pour la plupart perdu l’esprit au profit de la lettre et se referment sur des dogmes éculés, qui n’étaient valables qu’uniquement à leur époque, adapté au temps, aux lieux et au niveau de compréhension des peuples contactés.

Voila pourquoi dès qu’une forme religieuse entre dans son cycle de fin, une nouvelle apparaît. Mais fondamentalement pour un initié ce qui était dit de manière ésotérique il y a 12 000 ans est identique à ce qui est dit aujourd’hui. Seul la forme s’adapte aux temps et aux lieux et en fonction du niveau de compréhension des peuples. Aujourd’hui les peuples en général sont plus cultivés qu’il y a 2000 ans. Ainsi, il est possible de dévoiler d’autres aspects de l’intériorité et faire tomber les voiles de l’exotérisme pour mettre un terme à la désunion des peuples dans le monde. Ce qu’il faut comprendre c’est que d’un point de vu ésotérique la loi exotérique n’a pas d’influence. Celui qui se situe sur le centre de la roue, ne tourne plus et n’a plus à se soucier des recommandations données aux personnes situées sur la périphérie pour éviter qu’elles ne chutent de la roue. De la sorte, un initié n’est ni soumis à l’enfer parce qu’il ne respect pas la Torah ou la Charia ‘h et n’est ni récompensé parce qu’il respects ces codes de lois. Il peut être traité d’hérétique aux yeux des docteurs de la loi, mais il est un saint vis-à-vis de l’absolu. Ces lois existant uniquement comme point d’appui pour les êtres situés sur la roue, afin de les maintenir en équilibre. Et c’est aussi pour cela que l’initié provoque incompréhension et fascination, haine comme amour. Notre mental ne pouvant le comprendre, mais lui nous comprend, nous aime et nous attend au sommet de la montagne de lumière.

L’enfer est le manque de cœur, le paradis est le plein de cœur …

La conscience est en nous et nous sommes en elle

« Le tout est esprit ; l’univers est conscience. »

« Celui qui comprend la vérité de la nature de la conscience de l’univers est déjà bien avancé sur le chemin de la maîtrise. »Le Kybalion.

Cet axiome de la sagesse égyptienne d’Hermès Thot Trismégiste nous amène à réfléchir sur la nature de l’univers et sur ce que nous sommes réellement. Ceci va nous permettre d’ancrer directement la compréhension finale du paradis et de l’enfer.

Comme nous l’avons vu plus haut, l’enfer et le paradis sont des états de conscience, l’un est un état de confusion, l’autre un état de quiétude. Il existe en nous une conscience qui perçoit le monde, une conscience qui est en arrière plan de nous-même. Un œil immense qui observe silencieusement le déroulement de notre naissance et de notre mort. Peu importe les événements relatifs qui se déroulent devant elle, cette conscience observe avec calme ce qui est. Tout le travail de la méditation est réalisé dans le but de vivre pleinement cette conscience, les anciens l’appelaient aussi le saint esprit. Quand nous méditons il apparaît des pensées, des images, des sons et si nous nous identifions à eux nous sommes alors prit dans le tournoiement de la roue. Si nous restons calme, centré, et observant ces pensées, ces images et ces sons, nous verrons alors qu’ils naissent, se déploient et s’évanouissent. Nous avons ainsi prit du recul par rapport à cela et créer en nous l’observateur conscient, l’axe autour duquel peut tourner les pensées, mais sans en être affecté.

 

Il existe une instance psycho-spirituelle que l’on nomme « Ego » ou « Moi inférieur » qui utilise le mental (l’intellect) pour nous voiler la lumière provenant de la conscience pure qui vit en nous. L’ego est considéré comme une illusion, car il est uniquement constitué d’éléments relatifs, transitoires et impermanents, il est un nœud d’illusions. Par illusion entendons nous bien, pour le chemin spirituel l’illusion réside en ce qui n’est pas éternel. Est illusion tout ce qui apparaît et disparaît, la seule chose réelle étant cette conscience d’arrière-plan qui observe l’apparition et la disparition des événements, pensées, croyances, religions et autres. Bien entendu d’un point de vu relatif la chaise sur laquelle vous êtes assis est structurellement réelle, mais si on la décompose atomes par atomes elle n’est plus une chaise, il ne reste ainsi que l’espace qui permet potentiellement sa condensation.

 

L’illusion est ce qui passe, la réalité est ce qui observe ce qui passe.

 

« Nous cherchons toujours à jeter un pont entre ce qui est et ce qui devrait être ; et par là donnons naissance à un état de contradiction et de conflit où se perdent toutes les énergies. »

Jiddhu Krishnamurti.

 

Maintenant, nous pouvons faire le lien avec nos concepts de paradis et d’enfer, qui sont bien entendu des idées, des images, des illusions. Ces images, ces idées, ces illusions ont prit des noms, des descriptions différentes d’une culture à l’autre, mais dans le fond elles représentent une même perception intérieure. Le fait qu’il existe en nous des zones de souffrance qui voile la légèreté de l’être, du Soi authentique. Tant que l’on croit que l’enfer et le paradis existent réellement alors nous vivons dans l’un ou l’autre ici bas ou après avoir quitté ce corps. C’est-à-dire que tant que nous nous identifions à nos images de l’enfer et du paradis alimenté par nos conditionnements alors ils sont réels pour nous, c’est notre esprit qui crée notre qualité de rapport avec la réalité. Et ces enfers et ces paradis diffèrent en fonction de l’imaginaire des uns ou des autres, même au sein d’une même communauté. Voila pourquoi un proverbe Zen dit : « Mille hommes, mille vérités » et nous pourrions préciser, mille vérités relatives, soumises aux fluctuations du mental conditionné.

 

Dans l’enseignement du bouddhisme tibétain il existe un livre qui s’intitule le « Bardo Thödol » qui est le livre tibétain de la vie et de la mort. Il est à mon sens ce qui a été réalisé de plus précis concernant les états de conscience proche du seuil de la mort et les différents états dans lesquels se trouvent l’être qui sort de son corps. Il est enseigné dans le Vajrayana (bouddhisme tibétain) une pratique méditative nommée « Powa » qui peut se traduire par « Transfert de conscience au moment de la mort ». C’est une technique méditative qui consiste à éclaircir l’esprit et préparer aux processus subit lors du moment de la mort. Il y est écrit que les enfers, les images violentes et terrifiantes sont auto-générées par l’état de conscience du défunt. Il lui est indiquait de se faire aider par la visualisation des divinités bouddhiques élevées afin d’être absorbé par la pureté des formes que la conscience pure peut revêtir. Car les processus lors de la mort sont difficiles à vivre consciemment pour un être qui ne s’y ait pas préparé durant son existence. Voici un extrait d’un des passages du livre, le Chikhaï Bardo traduit ici par Alexandra David-Néel :

 

 

« As-tu reçu l’enseignement du sage gourou initié au mystère du bardo ? Si tu l’as reçu, rappelle-le à ta mémoire et ne t’en laisse pas distraire par d’autres pensées. Conserve fermement ton esprit lucide. Si tu souffres, ne t’absorbe pas dans la sensation de la souffrance. Si tu éprouves un reposant engourdissement d’esprit, si tu te sens t’enfoncer dans une calme obscurité, un apaisant oubli, ne t’y abandonne pas. Demeure alerte. Les consciences qui ont été connues comme étant (nom du mourant) tendent à se disperser. Retiens-les unies par la force de l’Yid kyi namparshéspa. Tes consciences se séparent de ton corps et vont entrer dans le Bardo. Fais appel à ton énergie pour les voir en franchir le seuil en ta pleine connaissance. La clarté fulgurante de la Lumière sans couleur et vide va plus rapide que l’éclair, t’apparaître et t’envelopper. Que l’effroi ne te fasse point reculer et perdre conscience. Plonge-toi dans cette lumière. Rejetant toute croyance en un ego, tout attachement à ton illusoire personnalité, dissous son Non-être dans l’Etre et sois libéré. Peu nombreux sont ceux qui, n’ayant pas été capables d’atteindre la Libération au cours de leur vie, l’atteignent à ce moment si fugitif qu’il peut être dit sans durée. Les autres, sous l’effet de l’effroi ressenti comme un choc mortel, perdent connaissance. »

 

Nous voyons que tout est une question d’identification avec un concept, mais celle ou celui qui vit de la conscience libre, qui observe ces concepts n’en est pas affectée. Le moment de la mort comme celui de la vie est en rapport avec la clarté de notre esprit, voila pourquoi il est tant mis l’accent sur le vide de l’esprit. Faire le vide est qu’une image, car le vide n’existe pas, quand il est de faire le vide il est indiquait de purifier l’esprit de toutes pensées parasites, le laver pour qu’il soit claire et lumineux et perçoit le réel tel qu’il est et non déformé par les filtres de la peur.

 

Ici il est question de la culture bouddhique mais ceci peut être transposé vers notre culture. C’est toujours l’idée du fond et de la forme, la Vérité est UNE, même si elle prend des apparences multiples. Ce qui est valable pour un tibétain est dans le fond aussi valable pour nous autres occidentaux. Peu importe que nous ayons une religion ou pas, si nous accédons au centre de la roue, nous sommes libre. « La fin justifie les moyens » dit l’expression commune, cette phrase est à l’origine hautement spirituelle, (elle a été galvaudée à des fins égoïstes d’avidités et de profits). Elle indique que seul le but ultime a de la valeur et que l’on ne peut comprendre un être qu’à la couleur de son chemin mais à la clarté de son esprit. Peu importe les moyens utilisés, peu importe la forme des outils c’est l’œuvre qu’ils permettent de réaliser qui dévoilent le travail accompli. La seule utilité d’une tradition est qu’elle peut permettre de minimiser les risques de se perdre en chemin, par le fait qu’elle ait été expérimentée par d’autres et fait ses preuves. Mais là encore on ne peut rien imposer en matière de spiritualité, il appartient à chacun de ressentir vers quoi son cœur est appelé. A nous d’utiliser la forme, l’enseignement comme un moyen et non une fin, ce qui éviterait les trop nombreuses querelles de clochers que l’on voit même dans des milieux qui se prétendent initiatiques. Chacun peut conserver sa religion ou sa non religion, tout en comprenant que tout ce qui existe a sa raison d’être. Ces formes sont des outils qui tendent vers un même but, la libération intérieure. Vivant cela aucunes distances ne peuvent diviser les êtres. L’amour et la joie n’ont pas de forme, ils se vivent au-delà des mots, tout comme le silence ou l’eau ne sont ni d’orient ni d’occident. Et pourtant tous deux demeurent indispensables à l’être humain quelque que soit la forme qu’il incarne temporairement sur cette terre.

« Si tu vois le Bouddha, donne lui 30 coups de bâton,Si tu vois un Démon, donne lui 30 coups de bâton. »

Kôan Zen.

Ce kôan (le kôan est une phrase paradoxale que les maîtres Zen donnent à leurs disciples pour les faire sortir de la dualité du mental) vient à propos pour illustrer le fait que nous créons notre propre cage avec nos propres illusions. Voir le Bouddha ou un Démon revient au même dans l’absolu, car ce sont des illusions crées par notre mental. On peut faire ici même comparaison avec les descriptions de Dieu dans les religions monothéistes. Un Dieu sévère sur son trône, jugeant les hommes ou bien les flammes de l’enfer et le démon qui punie les fautes. Dans le même état d’esprit chacun verra le Dieu ou le Démon en rapport avec son état de conscience et son contenu culturel. Si votre esprit est calme, il percera l’illusion de ces images quand elles apparaîtront soit en rêve soit au moment de la mort. Il pourra alors donner les 30 coups de bâton symbolique pour dissiper l’illusion, comme un nuage de fumée. N’oublions pas que les choses nous apparaissent réelles uniquement parce que nous les croyons réelles.

 

Par ailleurs, il semble logique qu’aucunes flammes physiques d’aucuns enfers ne puissent atteindre un être qui n’a plus de corps physique. Ce qui est physique dense peut être en effet affecté par une flamme liée à notre densité terrestre, les semblables interagissent entre eux. Mais sur un plan plus subtil ce qui relève d’une densité basse (en terme de fréquence vibratoire de la matière, la physique quantique énonce que la matière dense est de l’énergie condensée, cristallisée et durcie) n’a pas d’interaction sur ce qui est de nature plus élevé (qui vibre à un taux vibratoire plus rapide en terme de fréquence). Par exemple, une onde sonore n’est pas affectée par les nuages ou un avion qui la traverse en plein ciel (sauf si cet avion possède des instruments de réceptions orientés sur la fréquence de l’onde). Il en va de même pour les corps subtils de l’être, selon la science ésotérique l’humain possède 7 corps allant du plus grossier (le corps physique) au plus subtil. Ces 7 corps s’étalent vibratoirement sur le spectre infra-rouge/ultra-violet. Nous savons en physique que chaque couleurs possèdent ses propres longueurs d’ondes et fréquence, il en va de même pour nos multiples corps. Après la mort l’être est dépouillé de son corps physique, mais aussi de son corps éthérique (qui lui permettait la mise en mouvement des 5 sens physiques), puis de son corps émotionnel et de son corps intellectuel ou mental, il reste ainsi son corps spirituel. Rien ne peut brûler une âme à la manière où l’on brûlerait un corps physique. Par contre, plus on monte dans les plans subtils et davantage la flamme qui était physique pour le corps physique devient énergie/conscience/symbole pour les corps subtils. Le défunt s’il est dans la distorsion mentale sera sa propre victime des flammes de la confusion, par son état vibratoire il créera lui-même une onde déformée provoquant une énergie interne de trouble et de contraction. Les descriptions des différents enfers et tortures du damné sont en réalités les symboles des diverses douleurs intérieures que nous nous causons à nous-même. Les divers enfers en fonction de chaques péchés représentent les diverses douleurs intérieures que causent par exemple l’avidité, la convoitise, le mensonge, la haine etc. Et nous pouvons comprendre exactement les mêmes choses avec la lumière du paradis et ses délices. Tout est analogique, comme disait Hermès Trismégiste : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, pour ne former qu’une seule chose. »

Ceci nous amène à comprendre la loi d’analogie, de symbolisme, tout ce qui existe sur le plan physique possède d’abord sa contrepartie sur le plan subtil/symbolique, le fameux monde des idées de Platon. C’est d’abord l’élaboration du symbole qui ensuite par densification va créer la réalité physique en rapport. C’est un principe évident pour celle ou celui qui le pratique au quotidien, nous créons le monde par nos pensées, par le principe de résonance nous attirons événements et être en fonction de la qualité vibratoire de notre être intérieur. A nous d’élever notre être vers les sommets de la conscience pure et de la sagesse, afin qu’ici bas et au-delà les choses nous vivent en harmonie.

Nous avons vu le terme de « Science ésotérique », à l’origine le mot « Science » provient du grec « Gnôsis » qui donne Gnose. La Gnose dans son sens large (à ne pas confondre avec le gnosticisme pré-chrétien qui est plus spécifique à un groupe culturel de l’époque) définie la science de l’âme, où est enseigné un processus structuré, cohérent et surationnel (transcendant et incluant la rationalité et l’intuition). Aujourd’hui la science telle que nous la connaissons est en grande partie focalisée sur le monde matériel et n’intègre pas ou peu l’être humain dans ses données. Elle ne perçoit ainsi qu’un aspect de la réalité, ce que d’ailleurs la physique quantique a appuyé en énonçant des théorèmes et théories qui remettent en question la perception mécaniste de la science matérialiste. La Science ésotérique indique que le chemin vers l’absolu n’est pas n’importe quoi, c’est un enseignement total et intelligible. En ce sens il n’accepte aucunes croyances, spéculations, théologies, rêveries, superstitions irrationnelles, qui n’ont pas de réalité et ne sont pas expérimentale directement par soi. Pour la science ésotérique n’est réelle que ce qui est expérimentable directement, ici et maintenant et qui libère l’être de la souffrance. Voila pourquoi elle ne porte aucune valeur aux récits fantasmagoriques sur le paradis et l’enfer tels qu’ils sont enseignés aux pratiquants des niveaux exotériques des religions. L’initié ne croit pas, il sait, il sait, car il vit les choses en lui et que ce qu’il vit transforme tout ce qu’il est.

« Dans la nuit, un homme s’éveille pour découvrir qu’un serpent se trouve dans sa chambre.La présence de ce reptile le fige sur place. Mais pour le mental, il en va tout autrement :frappé de panique, il s’agite, se démène, s’affole. Le serpent va-t-il s’approcher et bondir ?Ne vient-il pas de bouger ?… Plus le temps passe, plus le mental de cet homme s’échauffe.La nuit lui paraît interminable.Mais au petit matin, il découvre qu’il s’agissait…d’une corde. »

Histoire indienne.

Comme l’homme et la corde (qu’il se met lui-même au cou) Si vous pouvez observer le réel tel qu’il est, en pleine conscience, alors toutes les illusions se dissolvent soudainement. Le but dans tous cela est de ne plus être pensé par nos pensées, décider enfin ce que l’on veut penser. Ainsi, si vous êtes libre de l’illusion, vous êtes libre aussi d’en créer, puis de les faire disparaître. Vous me direz maintenant, mais comment discerner entre les bonnes images, celles qui apparaissent pour communiquer un sens profond et les autres. Et je répondrai que si votre esprit est calme il saura directement ce qui est juste. L’évangile de Mathieu (6-33) dit : «  Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît.  » Ceci énonce simplement qu’il nous rechercher la clarté de l’esprit, ce royaume intérieur de l’absolu, et ensuite nous saurons ce qui est juste et le reste viendra à nous naturellement.

« Tout bien qui t’atteint vient de Dieu, tout mal qui t’atteint viens de toi-même »Sourate 4 ; verset 79.

« Je suis conforme à l’opinion que Mon serviteur se fait de Moi »Hadith Qudsi

La compréhension ésotérique de cette sourate indique que le bien (c’est-à-dire les actes conscients) vient de Dieu (la conscience universelle), mais le mal (les actes inconscients et mécaniques) vient uniquement de l’identification avec l’ego, la fausse personnalité. Ce que propose ce Hadith démontre ce que nous énoncions plus haut, c’est à dire que l’absolu se révèle en fonction du niveau de conscience de l’être qui en fait l’expérience. En ce sen il existe de multiples compréhensions de Dieu qui s’opposent en apparence mais qui dans le fond sont toutes articulées sur un fond commun. Allant du Dieu personnel anthropomorphe et ethnocentré à un absolu impersonnel et universel.

« Quiconque commet un péché le commet contre lui-même. »Sourate 4 ; verset 111.

Le péché, c’est-à-dire l’inconscience, amène directement des conséquences fâcheuses. Ce péché est une souffrance uniquement pour celle ou celui qui s’identifie à la fausse personnalité. Mais celle ou celui qui essaye de vivre en pleine conscience, même s’il lui arrive de chuté parfois (car il n’est pas encore dans la station suprême) peut directement ce reprendre en observant sa chute et ainsi il n’est pas influencé par les conséquences négatifs de son inconscience.

Le Coran nous invite à la même perception intérieure, au fait sublime que c’est à nous de choisir entre l’enfer et le paradis en fonction de la clarté de notre esprit. L’enfer est sur terre tous d’abord, quand notre esprit est perdu dans la confusion et l’ignorance de sa nature lumineuse. Rabia al Adawiyya une sainte soufie disait : « J e veux jeter le feu dans le paradis et verser de l’eau dans l’enfer pour que ces deux voiles disparaissent et que l’on voit clairement qui adore Dieu par amour et non par crainte ou par espoir du paradis. » tout est dit …

Faire le vide de l’illusion relative c’est être plein du réel absolu.

J’apprécie tout particulièrement le symbole de l’eau, car elle peut revêtir la forme d’un verre, d’un vase, d’une rivière ou de l’océan, sans que cela affecte ce qu’elle est. Ainsi nous pouvons être comme l’eau, comme cette conscience universelle qui donne vit à la diversité des formes. S’il existe 7 couleurs de l’arc en ciel, elles ne subsistent que parce qu’elles forment une seule lumière blanche. Sans le soleil, point de couleurs, sans la conscience, point de vie.

Djal Od Dîn Rûmi écrivait :

« Recherche le royaume de l’Amour
Car ce royaume te fera échapper à l’ange de la mort.
Je suis l’atome, je suis le globe du Soleil,
A l’atome, je dis : demeure. Et au soleil : arrête-toi.
Je suis la lueur de l’aube, je suis l’haleine du soir,
Je suis le murmure du bocage, la masse ondoyante de la mer.
Je suis l’étincelle de la pierre, l’œil d’or du métal.
Je suis à la fois le nuage et la pluie, j’ai arrosé la prairie.
Purifie-toi des attributs du moi, afin de pouvoir contempler ta propre essence pure
Contemple dans ton propre cœur toutes les sciences des prophètes,
Sans livres, sans professeurs, sans maîtres. »

Si nous sommes ancrés dans cette conscience/eau de la vie nous ne pouvons nous fossiliser sur une forme. Cela ne nous empêche en rien d’apprécier la beauté de la diversité, de revêtir la forme d’un cours d’eau ou d’une jarre. Si l’on garde au creux de nous cette conscience du sans forme, alors il nous est offert de vivre pleinement la beauté des formes. La créativité infinie que génère la source de toutes choses est en nous et au dehors de nous, car nous sommes elle et elle est nous …


France: déchéance de nationalité, une victoire des terrorismes

Depuis les attentats de Paris, des voix s’élèvent et appellent à la déchéance de la nationalité française. Pour l’instant, la loi autorise cette mesure, uniquement quand elle cible des auteurs binationaux d’actes terroristes, qui ont obtenu la nationalité française depuis moins de dix ans. Mais faut-il retirer la nationalité française aux personnes qui partent faire le djihad à l’étranger ?

Quinze-ans après les Américains, les Français tombent à leur tour dans le piège du terrorisme. Face à un ennemi qu’ils ne comprennent pas, les citoyens français succombent à la peur, acceptant de sacrifier leur unité pour un peu de sécurité.

Problème : les propositions de loi sur la déchéance de la nationalité ne vont pas rendre le pays plus sûr. Pire, cela va mutiler une cohésion sociale déjà bien fragile. Il s’agit maintenant de comprendre pourquoi.

Le terroriste n’a pas de nationalité, puisque ses idées n’ont pas de frontières. Ces propositions de loi ne feront que monter les Français les uns contre les autres, sans pour autant améliorer la sécurité, puisqu’un terroriste agit par nature dans la clandestinité, c’est-à-dire en dehors de la loi. Il n’y a qu’à voir comment les auteurs des récents attentats ont obtenu, facilement, leurs armes en dehors des canaux officiels. Ces propositions de loi sont, par conséquent, inutiles.

Mieux, l’Etat va dans le sens des terroristes en offrant des arguments pour l’idéologie de l’Etat Islamique – car les discriminations à l’encontre de la population musulmane vont s’aggraver avec ces propositions – tout en donnant raison à l’extrême droite, en désignant « l’étranger » comme le seul responsable des actes terroristes.

Pourtant, combattre Daesh n’est pas compliqué. Il suffit d’éteindre les carburants qui alimentent ses idées dans notre pays: Inégalités, Injustices, Désespoir.

Mais ça, c’est une autre histoire…

 

Sébastien KEREBEL


Tchad: Les aveux d’Idriss Deby

IDRISS DEBY et QUESTIONS POUR UN CHAMPION »…depuis que nous avons accédé au pouvoir , nous avons parcouru un long chemin et connu des moments difficiles. Nos plus grandes difficultés sont venues de nos propres frères qui nous ont mal compris , voire combattus. Pour être francs avec vous , mes jeunes fréres , le pouvoir des béri prendra fin avec mon départ de la présidence . Détrompez-vous, il n’y aura pas d’autres présidents béri après moi. Par conséquent , que vous ayez profité de notre pouvoir ou non , que l’ayez combattu ou défendu , sachez que quand nous l’aurons quitté, l’histoire retiendra qu’il s’agissait du pouvoir de tous les béri. Les tchadiens mettront tous les béri dans le même sac. Le bilan de notre pouvoir sera imputé à tous les béri . Autrement dit, en cas de vindicte populaire , attendez -vous à ce qu’elle retombe sur tous les béri. Personnellement , même si je quitte le pouvoir aujourd’hui , j’ai la satisfaction de penser que j’ai quand même marqué l’histoire . Je ne dis pas forcément que je l’ai fait en bien ou en mal, mais la vérité est que je l’ai quand même marquée. Pourtant, ce que nous avons fait est simple même si certains de nos frères ne nous ont pas bien compris : aussitôt la victoire , nous avons déposé un poulet et un couteau sur la table. Tout ce que nous demandions à nos frères était de se servir. Nous ne pouvions certainement pas faire mieux… » Idriss Deby Itno président de la république du Tchad.

Des grottes du Darfour à l’exil , chronique d’une lutte inachevée. Auteur Hissein Idriss Haggar.


Soudan: le nouveau sanctuaire des djihadistes de l’EI

Des nombreux services de renseignement avertissent que le Soudan est devenu le point focal de passage des combattants pour rejoindre l’Organisation Etat Islamique en Libye. Qu’ils soient des soudanais, des immigrés clandestins ou des djihadistes venant de tous les horizons.

Selon les renseignements français en collaborations avec les américains, anglais et italiens, le régime du président Oumar El-Bechir joue un rôle principal dans l’envoie des combattants à l’organisation Etat islamique en Libye comme la Turquie laissait aller autre-fois en Syrie. Et cela grâce à l’oisiveté du régime d’Oumar El-bechir face à l’afflux des combattants djihadistes soudanais et étrangers en Libye, de sa faiblesse et son incapacité à contrôler le pays ou encore la corruption criarde au sein de renseignement soudanais.

Les mêmes sources craignent que le pouvoir soudanais au bord du gouffre tombe au contrôle de l’organisation Etat islamique, vue les camps d’entraînements des djihadistes sur son territoire et les nombres des jeunes soudanais partant gonfler les rangs de l’organisation terroriste en Libye.

Lire===>Libye: Deby entre le marteau et l’enclume

Camps de recrutement de l’EI au Soudan

Plusieurs rapports attestent la mise en place de ce qui ressemble un camps de recrutement de l’organisation EI pour des djihadistes au Soudan. Ces camps accueillent les jeunes soudanais et du monde entier voulant rejoindre les rangs de l’Organisation EI en Libye. D’où la crainte des Etats de l’Union européenne du nombre croissant des migrants européens vers le Soudan pour aller combattre en Libye. Et cela depuis le durcissement de contrôle  aux frontières Turque appréhendant les jeunes européens allant combattre en Syrie.

On dénombre plus de 70 leaders soudanais  en mèche avec l’Organisation EI en Libye qui recrutement et envoient des combattants djihadistes à travers le désert du Soudan à Syrte. Le pouvoir central de Khartoum ne fait pas l’effort nécessaire pour arrêter et démanteler ces réseaux terroristes.

Oumar El-bechir, entre le marteau et l’enclume

Si le régime islamiste du président soudanais Oumar El-bechir se retrouve incapable face à ces camps de recrutement de djihadiste dans son territoire et aussi face aux leaders soudanais chargés de faire traverser des djihadistes à l’organisation EI, c’est parce que l’impasse politique et la fracture sociale et inter-islamiste m au sein de la mouvance islamiste au Soudan représente une menace direct au système ségrégationniste et mafieux du National Congress Party – NCP.
Son ancien mentor, leader islamiste radical et influent, chef controversé  du principal parti d’opposition Hassan Al-Tourabi acquis à la cause des tribus noirs africains dans la crise du Darfour entretient des liens étroites avec les islamistes des frères musulmans à Tripoli, le congrès national.
Ainsi la classe politique soudanaise se retrouve tirailler entre les islamistes du Nord prônant l’arabisation  du Soudan et ceux de l’Ouest marginalisé.

Du djihad contre les chrétiens et animistes au djihad contre les musulmans

En 2005, l’accord de Naivasha en Éthiopie met fin à la plus longue guerre civile du continent: entre les soudanais issus du Sud, noir chrétien-animiste et les soudanais issu du Nord, musulman-arabe. La fin de  cette guerre au enjeu identitaire et religieux a permit un referendum d’auto-détermination de la population du Sud, soldé par une indépendance de leur pays en 2011, le Soudan du Sud. En 1989, la venue des islamistes au pouvoir, a transformé  la nature du conflit d’un conflit politique en un conflit social et confessionnel en déclarant le djihad au nom de l’islam contre les ‘infidèles’: la population du Sud non musulmane. A l’exception des certaines tribus dans l’État du Nil-bleu et le Kordofan, des milliers des centaines de combattant issu du Darfour ont combattu au coté des forces gouvernementales sous la bananière intelligemment créer de toute pièce  par Hassan Al-Tourabi, Forces de défense populaires, la branche armée de la mouvance islamiste pour mission politique de combattre les insurgés armés du SPLM  (Sudan people’s liberation movement ) et spirituelle de faire le djihad pour islamiser la population sudiste chretienne -animiste.

D’énorme moyen ont été mise en œuvre pour enrôler la jeunesse soudanaise dans ce sanctuaire de désolation et du barbarisme: arabisation du système éducatif et l’islamisation des manuels scolaires, l’instauration forcée de leur vision de la loi islamique, appel au djihad dans le discours politique, la propagande médiatique, etc. Ainsi après l’accord de paix avec les rebelles du Sud, un bon nombre des djihadistes du Darfour ayant combattu au sud ont eu du mal à s’intégrer dans la vie civile. Ils rejoignent alors les mouvements rebelles du Darfour contre le pouvoir central après les tensions ethniques et tribales au sein de la mouvance islamiste. Ces djihadistes incontrôlables, radicaux et irrécupérables sont aujourd’hui séduits par l’idéologie de l’organisation Etat islamique et dont le régime corrompu de Khartoum craignent toute confrontation.

La dépression économique

Le détournement des fonds publics est  devenu la religion des islamistes au pouvoir à Khartoum. L’autorité centrale ne contrôle qu’une partie du territoire national, car malgré l’indépendance du Sud Soudan la guerre fait toujours rage. La fracture sociale à gagner tous les institutions de l’État notamment le renseignement symbolisant le camps des islamistes arabes ou arabisés du nord et l’armée les camps des islamistes de l’ouest. Pendant cette lutte acharnée entre les frères-islamistes, l’économie soudanaise est asphyxiée par la corruption et le détournement massif des fonds publics conduisant à une baisse considérable du pouvoir d’achat, augmentation de nombre de chômage, flambée des prix sur le marché, inflation galopante, baisse de la valeur monétaire,etc. D’innombrables éléments comme la pauvreté et la misère encouragent la jeunesse soudanaise à rejoindre l’Organisation EI en Libye moyennant de l’argent (en moyenne 500 dollars USA) par chacun.
L’élément le plus important dans cette équation est les universités islamiques qui apportent de l’eau au moulin aux mouvements djihadistes de la Somalie au Nigeria. Au Soudan, la notion du djihâd est institutionnalisée dans la société que les islamistes ne manquent pas d’utiliser comme instrument de pression politique, de revendication confessionnelle, de menace, de chantage ou un fond de commerce. Les ouvrages de l’organisation EI sont disponibles en vente au Soudan et leur idéologie est largement relayée par des prêcheurs radicaux dans les mosquées et les universités.

Intervention de la France et le spectre irakien

La situation en Libye présente une menace à moyen et long terme. Une menace directe et sérieuse pour la sécurité de l’Europe.

Selon le Figaro, dans son édition du 23 décembre rapport que Paris est en train d’esquisser les contours d’une intervention militaire pour contenir la poussée de l’État islamique dans son nouveau sanctuaire libyen.
Cette décision intervient à la veille même des attentats de Paris. L’extension des zones contrôlées par l’État islamique, à quelques centaines de kilomètres des côtes de l’Europe, le «basculement» en Libye de terroristes venus du Levant, mais aussi du Yémen et du Soudan, la menace de Touareg et de tribus du Sud, constituent les paramètres d’une équation complexe et prioritaire, selon un diplomate français.

Les modalités de l’intervention et les alliances restent à définir, mais l’urgence de la menace aurait convaincu Jean-Yves Le Drian d’ouvrir un nouveau théâtre d’opérations militaires de l’autre côté de la Méditerranée à l’horizon de six mois, voire avant le printemps.

À défaut d’un accord entre les belligérants Libyens, la France poursuivrait son travail pour mettre sur pied une coalition militaire dont l’Italie et le Royaume-Uni seraient déjà partants. L’Egypte et L’Algerie  participeront aussi mais pas le Soudan. Par ailleurs l’Egypte et l’Algerie ont plusieurs fois accusé le Soudan d’être un sanctuaire des terroristes. Le président algérien avait même interdit aux algériens de se rendre au Soudan. Quant au Caire, leur divergence est plus profonde notamment sur la question du Nil et le territoire frontalier  Hala’ib qui est lui très convoité par les deux pays, car il a un accès à la mer. Caire considère aussi que les islamistes au Soudan sont les principaux soutien après le Qatar aux frères musulmans.

En revenche, la France pourrait intervenir indirectement au Soudan en soutenant les rebelles soudanais du Front révolutionnaire qui depuis une année ont élu domicile à Paris. Le régime tchadien d’Idriss  Deby ne sera sûrement pas mise en écart. D’ailleurs si la France décide d’aider les rebelles du FRS, il y a pas meilleur intermédiaire que le Tchad de Deby. Si ce dernier ne s’écroule pas.

Et pourtant, si la situation en Libye est une menace pour l’Europe, le Soudan est une menace pour toute l’Afrique si une intervention en Libye se concrétise ou sans.

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La rééquilibre géopolitique

Après les attentats du 13 novembre 2015, les autorités françaises ont décidé d’aller à la vitesse supérieure dans la lutte contre le terrorisme qui s’est invité en pleine rue de Paris. D’abord un rapprochement sans retenu avec la république islamique d’Iran grâce à l’accord sur son programme nucléaire. Rappelons que la France a été longtemps hostile envers ce même Iran des ayatollahs considéré comme la principale source du terrorisme international. De l’extrême gauche à l’extrême droite, la classe politique française est prise dans son propre filet. N’ayant ni la capacité, ni les ressources nécessaires, elle fait appel à celles qu’elle traitait des terroristes pour une alliance spectaculaire. Ironie de l’histoire, les ayatollahs deviennent défenseurs des droits humains et la France incubateur des terroristes.
En suite, il y a la Russie défiant les américains en Syrie et les européens en Ukraine. La France se retrouve dans les bras de Poutine comme Juliette dans les bras de Roméo. Elle qui vociférait  l’ingérence de Poutine dans les affaires européennes et appelait à des sanctions économiques contre la Russie.

Lire==>Les aventures ambivalentes de Deby en Libye

Le but de ces acrobaties est d’empêcher  des attentats terroristes sur le sol français. Mais cela ne suffissent pas. Combattre l’organisation de l’Etat islamique en Syrie et en Irak en soutenant les iraniens et les russes déjà au sol face à la réticence occidentale, ne protège pas la France des terroristes qui affluent par centaine en Libye et se retrouvent en France parmi la masse des réfugiés.

Pourquoi les islamistes visent-ils la France?

Départ sa civilisation, sa culture , sa politique, son histoire et ses valeurs, la France est la cible favoris des djihadistes. Elle  entretient un mépris à peine voilé envers les valeurs et moeurs religieuses au nom des droits de l’homme ou des valeurs républicaines, qu’elles soient de l’islam ou d’autre religion depuis sa révolution légendaire contre l’autorité de l’église. Pour les islamistes, elle est la capitale de la dépravation, du libertinage, de la perversité bref le visa pour leur Paradis.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste politique


Tchad : les enjeux électoraux de 2016

L’année 2016 est une année cruciale pour le Tchad. Outre les enjeux de paix et de sécurité, une alternance apaisée dans ce pays sera un gage de stabilité. En avril 2016 est prévue l’élection présidentielle. Le président sortant, Idriss Déby, après 25 ans de règne sans partage, est candidat à sa propre succession. L’opposition y voit une occasion pour installer l’alternance et mettre fin à l’injustice et à la dictature du général Déby. Pour la société civile et la population, c’est une année de crainte et de peur. Quelques propos recueillis depuis N’Djamena, la capitale tchadienne, sur les enjeux électoraux de 2016, révèlent un certain nombre d’inquiétudes.

Selon Mahamat Nour A. Ibenou, Secrétaire général de la Convention Citoyenne Tchadienne pour la Défense de Droit de l’Homme, il y a lieu de craindre le pire si le président meurt. Le président tchadien à de soucis de santé depuis quelque temps.  Pour M. Ibenou, plusieurs conséquences sont préoccupantes, notamment en ce qui concerne l’armée tchadienne, complètement désorganisée. Par ailleurs, une transition constitutionnelle ne semble pas être possible avec une armée tribale constituée de chefs de clan.

Récemment, le président tchadien Idriss Déby laissé entendre dans la presse qu’après lui il y aurait un déluge. Déby n’a pas manqué de se fendre de ce propos aussi surréaliste que lamentable : « Je ne reste pas au pouvoir pour mon bon vouloir: si j’apprends que quelqu’un d’autre peut assurer la stabilité de ce pays, je cèderai la place». Face à cette réaction, le Secrétaire général de la CTTDH  a répondu : « L’esprit hérité des anciennes dictatures est tel que nos chefs d’État pensent que, sans eux, rien ne peut se faire ». Ils promettent la peur et le déluge.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Analyste politique, mondoblogeur

https://www.youtube.com/watch?v=WZTfFB9NqGE