Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Que font les officiers dans les armées en Afrique?

Pour élucider ce sujet tabou en Afrique, nous sommes tenus de définir en quelques mots l’Armée. Qui sont ceux qui la créent, la forment et la commandent ? 

L’Armée est le corps du métier par excellence, celui des armes. L’Armée d’antan était un corps expéditionnaire pour conquérir des terres au profit d’un roi qui souvent voudrait bâtir un empire. Ce Corps était la propriété du roi tout comme ses sujets sur qui le roi avait droit de vie et de mort. 

L’Armée d’aujourd’hui est un corps, mieux, une institution qui veille à la défense et la sécurité d’un pays constitué en Etat. Les Hommes (hommes et femmes) qui composent l’Armée sont appelés des soldats. Nom tiré de leur paie initiale. C’est le solde, c’est à dire le reste de l’Argent qui a servi à les habiller et blanchir, les nourrir, les loger durant le service (l’expédition d’antan), qui leur est remis équitablement selon l’ancienneté et le grade de chacun. 

Sur ce, l’Armée est donc créée, formée et commandée par des hommes eux- mêmes formés en officiers c’est-à-dire des hommes initiés pour être chefs. L’Armée républicaine est une institution qui veille à la défense et à la sécurité des autres institutions qui composent l’Etat c’est-à-dire la population, le territoire et le gouvernement. C’est d’abord la population qui peuple un territoire dirigé par un gouvernement. L’Armée est donc l’Armée du peuple. 

Les officiers sont donc soumis à la loi pour servir le peuple. Quoique l’Etat soit une continuité, le gouvernement change au grès de la gestion de la cité mais la mission de l’Armée ne change pas tout comme le peuple ou le territoire qui demeure le même. De là, la longue maxime « l’on peut tromper tout le peuple une partie de temps, l’on peut tromper une partie du peuple tout le temps, mais l’on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps ». 

Au vu de ce qui précède, l’Armée est donc l’émanation du peuple qui paie son impôt en vue de s’assurer sa sécurité grâce à ceux qui s’y engagent sur la base du sacrifice pour le peuple. Pour paraphraser le syllogisme l’Armée est donc « la défense et la sécurité du peuple par le peuple pour le peuple ». 

Venons en donc en Afrique. En occident, (Eh oui ! c’est l’Occident qui forment encore et toujours après « 60 ans d’indépendance » nos officiers et sous-officiers !) ; je disais donc, en Occident nombre des formateurs (instructeurs) des officiers des Armées en Afrique répètent allègrement « Il n’y a pas d’armées en Afrique… ». Voici le débat. 

Alors, s’il n’ya pas d’Armée en Afrique, qu’avons-nous donc en lieu et place de ce corps noble du métier des armes ? Qui sont donc ceux de nous (parents, frères, fils et filles) qui meurent « tombés sur le champ d’honneur » ? 

L’Armée du roi lui vouait une parfaite adoration et protection jusqu’au déclin du règne ou la chute du royaume. Les Armées en Afrique vénèrent les Présidents africains qui les ont créées, les forment et les commandent comme Chef Suprême. Les officiers africains obéissent non pas à la légalité pour protéger leurs peuples (parents, frères, fils et filles) contre des violations graves des droits des citoyens et de l’Homme, violations ordonnées par le Chef Suprême. Mais au su et au vu de tous, en mépris jusqu’à la Loi constitutionnelle qui a dévolu à l’Armée le rôle régalien de défense et de sécurité des institutions, ces officiers commandent des massacres et des génocides en Afrique en vue de garder leur emploi vis-à-vis d’un « président à vie ».

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Au vu de cette pratique qui offense la définition ou l’existence même d’une Armée, les observateurs et stratèges sont unanimes que les corps constitués dans les différents pays en Afrique sont des « Milices » à la solde du locataire du palais présidentiel. « Il n ya pas d’Armée en Afrique, il n y a que des MILICES ». En effet, nous ne pouvons parler d’Armée en Afrique sans faire allusion au président de la république qui tient plus son pouvoir de la puissance de « son armée » qu’à celle des urnes. Les présidents en Afrique ne sont pas le fruit des élections dans une concurrence parfaite des débats politiques contradictoires. Ces présidents sont plutôt l’émanation d’une volonté ou d’une puissance, mieux, d’un empire colonial. 

Nous voici aux faits. L’Armée républicaine est l’Armée du peuple et non celle d’un homme, puisse –t-il être roi ! Alors qui sont donc ceux qui créent, forment et commandent les armées en Afrique ou simplement notre sujet « que font les officiers dans les armées en Afrique » ? 

Les Etats africains sont nés de la volonté des empires coloniaux décadents en transition vers un nouveau système de domination. Les leaders dits « élites » des « Soleils des indépendances » d’Ahmadou Kourouma, mieux de « l’Afrique noire est mal partie » de René Dumont sont issus du giron colonial de l’Empire. Ces leaders, qui nous sont bombardés, ont tous systématiquement été couvés dans la seule optique de conserver et drainer les richesses encore scandaleuses jusqu’à nos jours du Continent noir vers l’Empire colonial. Rebaptisé « Parrain » ou Conseiller donc partenaire technique spécial, « Coopérant bilatéral » ou Expert, et surtout en Mission d’Assistance « militaire, administrative, institutionnelle,… et toutes sortes d’ONG dont les missions curieusement, s’éternisent comme par miracle dans un parfait enchainement à donner du vertige à tout sens humain normal. 

A ce propos, le 16 octobre 2018 sur la route Bobo-Dioulasso – Ouagadougou, je voyageais avec pour voisin un jeune adolescent en classe de seconde C. La causerie allant bon train Job, un jeune musulman, me dit qu’il voudrait intégrer l’Armée « pour chercher du travail » ! Je fus hors de moi et ne le fis pas savoir. Je lui proposais de faire un cycle d’ingénieur et de créer son entreprise pour vivre riche sans être esclave. Nous intégrons l’Armée pour deux raisons : la PASSION du métier des armes et le SACRIFICE pour la nation. L’Armée est un métier noble. On n’entre pas dans l’Armée « pour chercher du travail » quoique le corps demeure un pourvoyeur d’emplois, il ne recrute que ceux qui savent pourquoi ils s’engagent : SERVIR la nation par sacrifice. Y entrer pour de l’argent c’est choisir de vivre l’enfer déjà sur terre. 

Pour cause, comme ce gamin, nombre d’officiers africains intègrent l’Armée pour chercher du travail, gagner leur pitance. Pitoyable ! Que peut attendre l’Afrique d’un Homme qui s’engage dans l’Armée pour une solde, le reliquat de ce qu’il a mangé et bu, le reste de son savon ? Il ne s’est pas engagé pour défendre un peuple, une nation, un idéal mais bien pour la solde ! L’officier africain est donc un ouvrier au service de son employeur. Il a tout d’un esclave et rien d’un libérateur, d’un défenseur des divers peuples d’Afrique dont il ne se sent pas responsable. Il est irresponsable de tout ce qui peut advenir à ces peuples même jusqu’aux siens c’est-à-dire sa femme, ses enfants, ses frères et parents. Du coup, « Allons enfants de la Patrie » chanté par lui dans l’Armée française dit tout et rien à la fois : tout par que la Patrie, ici, c’est la France dont il est l’employé. Cela ne lui dit rien parce que l’Afrique n’est pas sa Patrie ! Il ne peut être responsable de ce qui ne le regarde pas. 

Que font les officiers africains pour l’Afrique ? Rien justement. Ils sont là pour leur ventre oubliant souvent leur propre famille et alliés. Ce sont toujours et encore des « TIRAILLEURS », des « SOUS-HOMMES » au service du Maître. Pour preuve, après 60ans les Armées en Afrique sont formées et commandées directement ou indirectement par l’Empire colonial. Toutes les opérations des plus petites jusqu’aux transnationales sont sous contrôles effectifs 24heures sur 24 par les généreux Conseillers militaires de l’Empire colonial ! 

Nos troupes sont transportées et ravitaillées par la France et les Etats-Unis en toutes circonstances à l’intérieur du Continent. Les forces et faiblesses de « nos forces armées » sont entre les mains de l’Empire colonial. Récemment encore des pays africains avaient une ligne dans le budget de défense de la France. Est-ce un corps de l’Armée française ou d’une Armée africaine ? 

C’est l’Empire qui nous trace les plans des opérations, nous offre gracieusement nos postes, secteurs ou angles de vue ou de tirs… Oh ! là là ! Comme vous le constatez. Il n’y a aucune limite à la soumission à l’Empire colonial. Les officiers dans les Armées africaines sont des « SOUS TRAITANTS » d’une filiale de l’Armée française. Et les présidents des valets de l’empire. Ainsi, ni les présidents, ni les officiers à leurs ordres n’ont de compte à rendre aux peuples d’Afrique. 

Alors pour qui meurent-ils ? Pour la France évidemment. C’est elle l’Empire colonial désormais épaulé par les Etats-Unis. La France est le pays qui a donné le meilleur exemple de liberté et de souveraineté en refusant le Plan Marshal proposé par les Etats Unis d’Amérique à la France, après la 2ème Guerre mondiale ; mais que fait-elle encore en Afrique 60ans après les « soleils des indépendances » sur le Continent ? 

« A quand l’Afrique ? » l’avant dernier livre de son Eminence, le professeur Joseph KI ZERBO a été rejeté dix huit fois par les maisons d’éditions françaises avant d’être publié au Canada ! Les Administrateurs, les Educateurs, les Officiers africains le savent-ils ? L’ont-ils seulement lu ? 

Comme « Allah n’est pas obligé », l’Afrique est-elle obligée d’admettre toutes ces atrocités fomentées par l’Empire colonial sur son sol ? « Ils viennent jusque dans nos bras égorgés nos fils et nos compagnes… » pour ainsi dire et encore reprendre la Marseillaise de la France Libre. 

Et comme le dit « Les Noirs ne lisent pas », un article-lettre lu par Dee Lee sur une radio de New York, les Noirs sont trop occupés par l’IGNORANCE, l’AVIDITE, et l’EGOÏSME, alors nombre d’Africains officiers, administrateurs, éducateurs ne savent toujours pas que l’Afrique demeure sous l’Empire colonial qui s’est simplement transmué avec l’évolution des connaissances. 

Il n’y a pas d’Armée en Afrique se lit aussi il n’y a pas d’Ecole en Afrique, il n’y a pas de Justice en Afrique, pour ainsi dire il n’y a pas d’Afrique en Afrique ! Ah ! Encore la question de l’existence ou de l’identité ! « Connais-toi, toi-même » ! Qui es-tu Officier africain ? Qu’as-tu fait pour l’Afrique ? ou bien es-tu en train d’attendre que l’Afrique fasse quelque chose pour toi ? 

Que font ces officiers africains lorsque l’Empire colonial décrète et nous parle de terrorisme en Afrique ? Moi, je pose la question de savoir qui sont les terroristes en Afrique ? Que la France nous dise qui a posé les bombes à l’Ecole de Police, au Commissariat central et au Marché central de Ndjaména au TCHAD ? L’Afrique est infestée des antennes et de satellites qui passent en revue 24h sur 24 tout mouvement et même les pierres inertes jusque dans les profondeurs des sous-sol.

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Si les officiers sont des ouvriers tirailleurs employés par les valets- présidents, serait-il difficile à l’Empire colonial d’offrir quelques billets de banque aux potentiels candidats aux emplois de la mort ? 

Si par temps de terrorisme, la seule offre d’emploi reste l’Armée qui donne des miettes de soldes, je doute que les stratèges de l’Empire colonial n’aient pas pensé à acheter des chairs à explosif ? Donnez-moi une seule raison pour qu’ils ne puissent pas le faire ; d’autant que le faire leur donne mille et une raisons de pérenniser leur position sur ce Continent. L’Afrique est doublement le berceau de l’humanité et l’avenir de l’humanité aux richesses encore scandaleuses malgré 400ans d’exploitation arabo-musulmane et 600ans d’exploitation occidentale. 

Les stratèges de l’Empire sont en train d’accélérer par les nouvelles technologies l’exploitation de ces richesses qui ressemblent à un champ d’arachide entre les mains des singes. Oui ! Les troubles partout sur le Continent permettent aux multinationales occidentales et orientales de soustraire toutes les ressources africaines avant que les Africains ne se réveillent. 

Les officiers africains ne peuvent-ils pas eux-mêmes mener des contre- renseignements pour savoir ce qu’il y a derrière cette fausse vague de terrorisme du Tchad au Burkina-Faso, emportant dans la malle le Bénin. Sous quels angles ces pays sont-ils islamistes ? Je connais les composantes de la société tchadienne et je vis en Afrique de l’Ouest depuis plus de 18ans où je partage avec des manœuvres, ouvriers, techniciens, ingénieurs, des Chefs d’entreprises. Je suis observateur de la société depuis mes huit ans ! Poète et homme spirituel, je m’intéresse à la vie des enfants dans la rue pour les réinsérer dans le tissu social partout où je passe de Ouagadougou à Dakar, De Cotonou à Abidjan. Non ! Je ne suis pas si dupe que ça ! Quelle que soit la sophistication des mouvements des prétendus terroristes, ils ne peuvent pas, à ce point, échapper à toutes ces populations animistes et foncièrement syncrétiques. 

Officiers africains, « pardonnez » (en ivoirien), menez vos propres enquêtes. Faîtes du renseignement. Servez-vous des liens africains traditionnels. Je vous en prie, mettez fin à ce faux terrorisme sans armes à feux ni bombes. Si vous le voulez vous pouvez sans interface ou intermédiaire entre vous et votre population. Soyez francs avec vos peuples et ils vous aideront à faire taire ces illusions dont la seule visée est de fragiliser l’Afrique pour la maintenir sous perfusion.


Tchad : quand l’ignorance est une bénédiction

« L’ignorance est une bénédiction, mais pour que la bénédiction soit complète l’ignorance doit être si profonde, qu’elle ne se soupçonne pas soi-même» Écrivait Edgar Allan  l’une des principales figures du romantisme américain.

Si je devrais en quelque mot présenter l’état de conscience et le niveau d’intelligence de notre jeunesse, la citation d’Edgar y représente parfaitement.

Et pourtant, le milieu intellectuel tchadien regorge de gros talents enfouis, souterrains, repliés voire répulsifs à une société « culturellement » dépravée de ses mœurs, détournée de son identité ancestral, réprimer, ignorer voire  marginaliser par la médiocrité, passionnée par le matériel et totalement coupée du spirituel.

Cette situation entretenue avec les temps par une classe politique sans scrupule et une société détournée de ses valeurs morales a contraints nos génies à se replier sur eux-mêmes, à entretenir leur passion en solo ou en cercle restreint et hermétique et au pire des cas à émigrer très loin dans l’espoir de trouver des espaces fertiles à ce savoir débordant, assoiffé d’éclosion et d’interaction pour croitre, pour continuer vers le meilleur.

Cette particularité proprement tchadienne qui tue le génie et la créativité, qui soustraite le pays de la marche du monde, qui étrangle nos motivations, qui conduit nos artistes à se sentir enclaver dans leur pays, nos intellectuels et esprit de valeur d’emprunter le chemin de l’exile ou se ronger en silence, nos étudiants à l’étranger de ne plus vouloir retourner, nos professionnels de santé à voyager ailleurs pour sentir des égards sincères, impulsifs, admirateurs et reconnaissants des atouts.

C’est le prix qu’il faut payer pour éviter la risée des autres, conduisant à s’enfermer sur soi pour protéger ses innovations, ses découvertes et ses exploits, son potentiel, à ne les extérioriser que partiellement et temporairement à des prochains inoffensifs, ouverts, chez lesquels on ressent une partie de nous, pour partager ensemble ce qu’on a de commun, pour s’assurer d’être dans les repères sociaux ainsi que pour se libérer momentanément du fardeau intellectuel.

Dans cette richesse culturelle, l’élite intellectuel tchadien contraint à l’exil montre régulièrement à travers des intellectuels de haute gamme du monde entier, qu’il est omniprésent, qu’on se trompe à son endroit, en le diabolisant, le harcelant sans cesse et le dénigrant au profil des illettrés et semi-analphabète improductifs, incapables de se hisser à la vie mondaine, pour prouver ses dons et ses facultés de faire mieux.

Ces hommes et femmes intellectuels et intègres en même temps font des miracles partout ailleurs dans le monde et qui aussi font valoir leur mérite durement acquis quand ils ne sont pas les bienvenues dans leur propre pays, dans leur famille, auquel ils ne trouvent pas leur place.

Avec un régime politique obscurantiste et une société qui refuse malgré la richesse considérable et la force d’attraction des œuvres des ses intellectuels, à s’épanouir et d’éclore au grand bonheur de milliers des jeunes nostalgiques et en quête des champs intellectuels. Ils errent derrières les «voleurs de chameaux» et des querelles de clocher perdant  leur génie et l’essentiel de leur potentiel à servir des intérêts de particulier médiocres et malhonnêtes.

Ce que nos jeunes doivent comprendre est que si le diplôme est la reconnaissance de la connaissance, donc c’est un aveu de totale ignorance !


Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Activiste politique, Analyste indépendant


Le français: vecteur de pauvreté en Afrique?

Dans les 54 pays qui composent le continent africain, les pays francophones sont les lauréats en matière de sous développement et champion de la mal gouvernance. S’il y a bien un facteur commun entre ses pays horriblement pauvres, c’est qu’ils ont eu la malchance d’être colonisés par la France et la Belgique. Aujourd’hui et sans aucune honte, ceux-ci se postulent en donneurs de leçon en matière de démocratie et de justice aux Africains, oubliant leur propre histoire. Les ouvrages en ce sens ne manquent pas mais les critiques faites en français n’ont pas la même dimension que celle faite en d’autres langues. J’écris ce texte après un constat fait dans le milieu francophone, moi y compris.

Lors d’un voyage en 2014 au Cameroun, j’ai découvert un peuple complémentent soumis pour un « maître » qui n’a même plus besoin d’être présent pour les contrôler. La soumission est devenue un état d’esprit, une culture que le Camerounais cherche à noyer dans l’alcool. Même constat au Tchad et dans tous les ex-colonies françaises.

Le paradoxe est que plus on est « éduqué », plus on est soumis. Le modèle de l’école française et de la langue française sont les moyens le plus direct et rigide de domination et d’appropriation de l’esprit africain. La langue de Molière est un outil de contrôle de l’esprit par excellence, malgré son caractère peu scientifique. Je vois souvent des jeunes afro-francophones fassent l’éloge plus qu’elle même.

La langue français a été imposé après les années des indépendances comme une langue officielle en Afrique de l’Ouest et en Afrique Central.
Il faut reconnaitre qu’à l’époque, elle avait permis aux africains d’avoir accès aux savoirs conventionnel après que celle-ci a démoli l’éducation pré-colonial qui existait, accès principalement sur la religion, les savoirs traditionnels et les valeurs africaines.

Au cours d’un voyage de formation à Dakar en 2015, là, j’ai découvert un pays meurtri. Des étudiants et des enseignants incultes qui ressemblent aux zombies.  Au delà des questions politiques, économiques et stratégiques. Depuis plus de 200 ans d’éducation francophone, le sénégalais cherche à être plus français que le français lui-même. Véhiculer par la langue, ce pays était le premier victime d’esclavage du temps moderne (Commerce triangulaire) et force est de constater qu’il en est toujours ainsi.

Cette remarque, je l’ai faite aussi chez les étudiants tchadiens au Sénégal. Ils sont nombreux ces «francophones exclusifs» qui se vantent d’avoir des diplômes élevés les uns les autres allant parfois à se déclarer même intellectuels parce qu’ils ont écris un livre ou parlant impeccablement la langue de Molière.  De ce faites, des esprits programmés à la servitude intellectuelle et morale d’un ordre de pensée des temps ancien.

L’apprentissage d’une langue dans le temps est une sorte de reprogrammation de l’esprit, de façon à penser et d’observer le monde extérieur d’un angle. Lorsqu’on se limite à une seule, on ne peut percevoir le monde autrement que ce que l’on pense.  On ne comprend que ce que cette langue veut nous faire comprendre et on ne voit que ce qu’elle veut nous faire voire.
Il me plaît, à ce propos, de citer ces lignes de l’historien et juriste tunisien arabophone Ibn Khaldoun:

«Les vaincus veulent toujours imiter le vainqueur dans ses traits distinctifs, dans son vêtement, sa profession et toutes ses conditions d’existence et coutumes. La raison en est que l’âme voit toujours la perfection dans l’individu qui occupe le rang supérieur et auquel elle est subordonnée.

Elle le considère comme parfait, soit parce que le respect qu’elle éprouve (pour lui) lui fait impression, soit parce qu’elle suppose faussement que sa propre subordination n’est pas une suite habituelle de la défaite, mais résulte de la perfection du vainqueur. Si cette fausse supposition se fixe dans l’âme, elle devient une croyance ferme.

L’âme, alors, adopte toutes les manières du vainqueur et s’assimile à lui. Cela, c’est l’imitation(…) Cette attraction va si loin qu’une nation dominée par une autre nation poussera très avant l’assimilation et l’imitation.» Il avait écrit cela en 1377.

La langue est une institution pelliculaire. Elle mène jusqu’au cœur des gens. Lorsqu’un individu parle plusieurs langues,  se libère de ses chaines et se retrouve capable de voir et en déduire de lui-même.
Vous comprendriez ainsi donc qu’il est difficile de faire raisonner les francophones exclusifs. Les valeurs sont crées et transportées à travers le langage. Qui diffère d’une langue à une autre.

Toutes les valeurs de la société ont des relais de langage pour les connecter afin de fonctionner correctement dans la société. La culture africaine n’a rien de similaire à la culture française ainsi, les afro-francophones ne s’épanouissent pas dans la langue française.

Les sanctions de l’occident envers des pays comme l’Iran ou le Soudan provenait d’une part du refus de l’envahissement culturelle et idéologique par le biais linguistique occidentale au détriment de leur propres valeurs culturelles et éducatives. En Afrique, les liens privilégies entre certains ethnies soumis à impérialisme français ou belge et d’autre l’ayant combattu font l’objet d’une stratégie politique minutieusement scruté pour bien garder  les intérêts colonialistes.

Parfaitement bilingue (arabe – français) avec deux autres langues supplémentaires en actives (perse et l’anglais), le complexe et la limite de l’enseignement en français est bien plus profonde. L’un des problèmes majeurs de l’éducation, d’intégration et des inégalités en France proviennent de la langue française elle-même qui véhicule une compréhension contraire aux valeurs qu’elle veut incarné. Celle-ci est devenu obsolète et incompatible avec l’évolution du temps par le rattachement historique et identitaire de la France.
Aujourd’hui, l’état de pensée de la jeunesse afro-francophone donne de tournis. Les analphabètes et illettré sont parfois même plus raisonnable et mieux éclairer que les universitaires.

Malheureusement, on continue à enseigner dans nos écoles les ouvrages des écrivains africains comme Senghor, Cheikh Anta Diop, Ahmadou Kourouma, Hampâté Bâ, etc… Certes, ces personnalités ont marqué leur temps même si encore certains de leur contenu est à revoir.  Cependant considéré comme un Bible, on participe à la cristallisation de l’esprit de la jeunesse et ainsi les soustraires de l’évolution de la marche du monde. Si les afro-francophoniste sont à la recherche d’une fierté africaine, ils ne font ainsi qu’étouffer le génie et la créativité africaine. Et telle est le but.

Les ouvrages et mentalité du siècle précédent ne sont pas compatibles aux besoins de nos jours. La langue française ne produit que des chômeurs et des intellectuels mentalement handicapés.

Il a fallu un génocide pour que le Rwanda se libère de cette emprise et  décide de voir ailleurs. Le salut de la jeunesse des pays afro-francophones viendra lorsque celle-ci pensera autrement que de ce que l’on l’appris.

C’est en ce moment que commencera le changement pour aller en avant.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Blogueur; Activiste

 


La psychologie du dictateur tchadien Idriss Deby

L’observation des comportements du dictateur africain nous amène à faire un exercice psychologique c’est-à-dire essayer de se mettre dans sa tête afin de déceler ce qui l’empêche à agir normalement comme on attendrait de lui. Les dictateurs africains viennent généralement des couches pauvres de la population, peu éduqués et le plus souvent militaires de bas rang.

À la différence des grands hommes qui militent pour un idéal et qui voient leur accession au pouvoir comme l’aboutissement des années de lutte et qui désormais ont la chance de réaliser leurs desseins et ambitions pour leurs peuples, les dictateurs africains accèdent au pouvoir grâce aux forces étrangères colonialistes.

C’est ici qu’il faut dénoncer l’intelligence cynique de ces forces qui généralement portent leurs choix sur des hommes faibles de caractère, cupides, facilement manipulables manquant d’idéal et d’affection pour leurs peuples et qui le plus souvent appartiennent à des ethnies minoritaires. L’objectif poursuivi par les forces colonialistes est à tout prix d’avoir à la tête des anciennes colonies des hommes pouvant préserver leurs intérêts, qu’importent les conséquences pour les populations autochtones.

Comme un cadeau donné à un enfant qui le tient jalousement pour que les autres enfants ne le lui arrachent, le dictateur africain n’est plus prêt à lâcher le pouvoir. Vu son rang et son niveau, il n’a jamais auparavant songé d’accéder à la présidence de son pays. Ceci est un facteur psychologique important. Il est donc très reconnaissant à ceux qui lui ont rendu possible l’accès au pouvoir. Le complexe d’infériorité aidant, il prend le colon pour un dieu et pour lequel il se met très volontiers au service au point même d’exterminer son peuple s’il le faut. Il semble percevoir le pouvoir comme une bénédiction divine tout d’abord sur sa personne, sa famille voire sur son ethnie. Il se convainc donc y être pour servir à part ses maîtres étrangers, principalement les hommes et femmes de son ethnie. Lui qui ne valait rien devient tout d’un coup le premier homme important du pays. Lui qui n’avait aucune considération particulière même dans son pays se fait dérouler le tapis rouge dans les grandes capitales des pays des Blancs qui l’appellent Monsieur le Président. Quel honneur de s’entourer d’hommes blancs comme conseillers qui semblent lui accorder de l’importance ! pense-t-il.

Il ne se croit donc plus être au même rang que ses concitoyens qui dorénavant doivent être contraints de gré ou de force à l’adorer comme un Dieu. Parfois sa docilité même surprend ses maîtres étrangers qui par leur observation sont encore plus convaincus de l’infériorité des hommes dits de race noire. Lui qui n’avait jamais eu dans ses mains une centaine de milliers de FCFA peut maintenant avoir à son actif des milliards pour lesquels les comptes bancaires sont ouverts partout en Europe, principalement en Suisse mais aussi en Asie et en Amérique.

Désormais c’est tout l’argent même du pays qui parfois est sur son compte privé. Les recettes du pays au lieu d’être versées dans les caisses de l’État vont d’abord se faire compter dans sa maison de résidence. On utilise le pronom personnel : mon, ma ou mes au lieu de notre ou nos quand il s’agit des ressources nationales, tel mon pétrole comme un président d’Afrique centrale aime, toute honte bue, à parler. Complètement dépassé par la fonction qu’il n’est pas en mesure d’exercer, il démissionne à s’y investir. Plutôt, ce sont les vices de toute sorte qui prennent le dessus sur sa conscience, comme la cour à des femmes d’autrui, l’administration des gifles à des ministres, les ordres détestables de tout genre dont on peut ici épargner le récit pour ne pas choquer les lecteurs nouveaux au thème. En plus, il vit dans l’obsession de perdre son pouvoir qu’il sait bien démériter. Encouragé par les faux conseils que lui donnent les hommes du sérail et appuyé par ses hommes dans l’armée, il cherche à éliminer tous ceux-là qu’il croit lui constituer un danger potentiel.

D’aucuns affirment que la préoccupation principale et journalière de certains Présidents est de répertorier les citoyens qu’il doit abattre soupçonnés du fait de leur intelligence ou volonté de contestation de faire un coup d’Etat. C’est ainsi qu’une pluie d’assassinats tombe souvent sur le pays. Les têtes pensantes y compris les professeurs, les éminents intellectuels, les avocats, les journalistes mais aussi les grands entrepreneurs et même les officiers de l’armée sont surveillés de près et assassinés au gré des soupçons souvent non fondés. Ceux parmi eux qui craignent pour leur vie se trouvent obligés de s’exiler à la grande satisfaction des dictateurs, laissant le champ libre à des hommes incompétents, corrompus et désireux de s’enrichir rapidement et qui ont mis à sac nos pays.

Souffrant d’un complexe d’infériorité intellectuelle, il se fait délivrer par les universités des diplômes souvent achetés ou comme objets de flatterie oubliant que détenir des diplômes sans la qualification requise ne peut jamais combler la fierté qu’on a quand on les mérite vraiment. Sachant régner sur un peuple qui ne les a pas choisis, les dictateurs africains s’appuient sur des services secrets corrompus, mal formés mal éduqués, arrogants et impolis comprenant parfois même des alcooliques en leur sein, qui au lieu d’offrir leurs services pour la protection du pays retournent justement ceux-ci contre les citoyens paisibles. C’est ici qu’il y a lieu de dénoncer le rôle cynique des soi-disant fils de président de la République dont seulement l’évocation de leur nom crée la panique au sein de la population.

Généralement militaires de formation, ces fils du président souvent à la tête des milices armées indisciplinées, mal habillées, sales et manipulées pour des considérations ethniques. Avec une étonnante capacité de nuisance et de destruction de vies humaines, ceux-ci se convainquent d’être dans l’avenir les successeurs de leurs pères et considèrent toute opposition à ceux-ci comme une attaque personnelle contre eux.

Il faudrait aussi signaler qu’il n’est pas rare que le dictateur africain, par pure ignorance et manque de clarté d’esprit, et surtout du fait qu’il recherche de tout ce que peut l’aider à se maintenir au pouvoir aussi longtemps que possible, entre dans les loges de la Franc-maçonnerie occidentale avec des buts et pratiques complètement étrangers à notre culture. Par cette adhésion le dictateur africain confirme sa disposition à être un disciple de la loge au lieu d’être l’avocat des intérêts de son peuple. Tous ces comportements ne rentrent malheureusement que dans la logique des forces colonialistes et impérialistes soucieuses de préserver leurs intérêts. Il s’agit notamment d’assurer l’approvisionnement en matières premières dont le continent africain regorge en abondance mais aussi préserver les anciennes colonies comme marchés pour la surproduction des biens et produits de la métropole. Pour que ces objectifs vitaux soient réalisés, il faut à tout prix à la tête des anciennes colonies des hommes complexés, peu clairvoyants, dociles et manipulables. Sans qu’ils ne s’en rendent comptent, leur fonction est d’empêcher l’industrialisation de leurs pays pour pérenniser la domination coloniale. En les choisissant des ethnies minoritaires, les forces colonialistes entendent créer et exacerber les antagonismes nationaux dans le but cynique de déstabiliser les pays.

C’est pourquoi elles voient de mauvais oeil les revendications des populations africaines pour l’instauration de la démocratie, la vraie démocratie. Convaincus que les Africains sont des sous-hommes, donc des esclaves qui n’ont pas le droit de décider de leur propre sort, les dirigeants des pays occidentaux notamment les Français parlent cyniquement de la démocratie comme d’un luxe pour les Africains. Et pour joindre l’acte à la parole, les dirigeants français, poussés par leurs milieux d’affaires, continuent de soutenir les dictateurs sanguinaires tel un Bongo au Gabon qui sans honte demeure au pouvoir depuis plus de 38 ans. Ce qui apparaît à un non Africain anormal, absurde voire stupide est fêté en Afrique comme une sagesse ou une doyenneté. Pire, avec l’élection frauduleuse de Faure à la présidence du Togo, ils venaient d’inaugurer le règne des fils des présidents qui, selon leur logique, doivent prolonger la dictature dans les États francophones d’Afrique sous des formes dissimulées d’une démocratie de façade, malgré les contestations de plus en plus fortes des populations africaines soutenues par la diaspora.

Ainsi les Constitutions sont réécrites par des membres du parlement issus des élections législatives généralement frauduleuses et aménagées à ce qu’elles permettent à des potentats de se porter candidats et donc de se faire réélire par l’intimidation, le crime et la force des armes. Il sied de rappeler que les Occidentaux réclament la démocratie dans les anciennes républiques de l’Union soviétique. Par exemple, il y a quelques mois, les ambassadeurs plénipotentiaires des pays occidentaux notamment la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont pris part à des démonstrations en Biélorussie pour y protester contre les fraudes électorales. Au Togo, au Tchad, au Congo Brazza, au Gabon, au Cameroun etc. ; ils maintiennent un silence de cimetière face aux fraudes électorales et aux crimes de ces dictateurs souvent détestés par leurs peuples. Au Zimbabwe où leurs frères de race se sont vus déposséder des hectares de terres par la politique de redistribution des terres, les Occidentaux ont tous dénoncé la dictature de Robert Mugabe en condamnant les élections présidentielles zimbabwéennes comme non transparentes. Ils ont même imposé des sanctions contre le régime de Harare. Ailleurs où les dictateurs sont à leur service, ils font comme si rien de grave ne s’est passé même si ces dictateurs ont commis des massacres contre leurs citoyens.

Pour l’observateur perspicace, il est clair que les forces colonialistes et impérialistes, notamment françaises, ne sauraient voir de gaîté de coeur l’enracinement de la démocratie en Afrique. C’est ici qu’il faut signaler que seule la lutte sera payante pour mettre fin à ce système inhumain qui prive les Africains de leur liberté depuis des siècles. Aucun peuple ne saurait accepter les souffrances que notre race endure depuis des siècles. Au Tchad, les forces colonialistes françaises soutiennent militairement le président Deby face à une rébellion armée et contre la volonté populaire.

En Côte d’Ivoire, elles dépensent volontiers des millions d’euros pour leurs contingents militaires et ne manquent d’espoir pour l’accession au pouvoir en Côte d’Ivoire des hommes qui seront à leur service. Ces préfets nègres sont loin d’appréhender la psychologie de leurs maîtres étrangers. Ils n’arrivent non plus encore à saisir les grands enjeux de ce monde et confondent la direction de leurs pays tout juste avec une position de jouissance de délices. Se faire appeler Chef d’État, ressembler à d’autres chefs d’État (tel un Faure du Togo dont l’idole est selon ses propres affirmations, le jeune roi du Maroc), se faire dérouler le tapis rouge en visitant d’autres pays étrangers, recevoir des honneurs, se faire aduler par les  » madu madu  » de toute sorte, donner des ordres, s’enrichir, avoir la facilité d’approcher de jolies femmes, jouer l’homme important, bref jouir des délices du pouvoir et tout ceci pour une durée indéterminée. Parce que cela ne semble possible avec la vraie démocratie et le choix du peuple, il faut utiliser la force des armes et les fraudes électorales pour se maintenir au pouvoir. Et les garanties abondent de l’extérieur. Voilà ce sont ces amuse-galeries qu’on appelle malheureusement chez nous en Afrique particulièrement celle dite francophone des chefs d’Etat.

Par Kofi Asike (Vienne)
Congo-liberty.com
2011


Tchad: l’intronisation d’un dictateur incendiaire

De plus en plus des pays dans le monde organisent des élections au suffrage universel pour élire leur président. En Afrique c’est un peu compliqué. La relation entre les gouvernants et les gouvernés est rythmé de tension et des guerres. Mais on y organise quand-même des élections. Cette initiative est sensé encourager la démocratie que chacun à sa propre conception.

Au Tchad par exemple, depuis plus d’un demi siècle, c’est-à-dire depuis son indépendance en 1960, aucun président ne s’est fait élire. Mais ils parviennent quand-même à s’accrocher au pouvoir plus ou moins longtemps. Propulser du jour au surlendemain par un coup d’État, les tchadiens ont eu le cauchemar de vivre l’expérience d’un président affreusement inculte et politiquement abject.

Le dernier espoir d’une véritable transition démocratique au Tchad est officiellement volé en éclat par l’investiture ce 8 août d’Idriss Deby. Une investiture à la quelle ont pris part les «royalistes» de l’Élysée représenté par  Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Tout cela par le concours des opposants qui ce sont joyeusement pris part au jeux. Comme disait leur chef de file: le contrat est rempli.

Investi pour un cinquième mandat devant un parterre des dictateurs africains comme Oumer El-Bechir ou l’Ougandais Yoweri Museveni.  Il est à noter l’absence des deux présidents, le sénégalais Macky Sall et l’ivoirien Alassane Ouattara qui sans l’aide d’un Deby seront de l’autre coté de l’Atlantique selon le PR de l’UA.  Presque tous les pays limitrophe du Tchad sont présent à l’exception du «suisse-camerounais» Paul Biya. L’homme fort égyptien Abdel Fattah el-Sisi annoncé en tambour et trompette avait lui compris le jeux. L’Égypte n’a pas d’argent pour aider le Tchad. Finalement, Caire est représenté par une simple délégation.

D’autres grand figure respectueux du continent comme le Nigérian Buhari, le Béninois Talon ou encore le Rwandais Kagamé vont se demander de ce qu’ils peuvent bien faire là. Bien qu’ils auront de quoi se moquer dans leur avion au retour, ils vont quand même constater d’eux-mêmes la médiocrité d’Idriss Deby et avoir de quoi se glorifier pour leur effort.

Anyway, les intimidations de la société civile, le contrôle des médias par le pouvoir, la censure d’internet, le truquage des votes, la privatisation et l’appropriation de l’opposition, le régime autoritaire ne manquent pas  d’inventivité pour s’assurer des résultats électoraux pour assener sa légitimité.

Tout observateur avisé de la scène politique tchadienne en conclura que l’échec de l’élection du 10 Avril 2016 conduira inéluctablement à une guerre. Une guerre qui emportera Deby et son régime vue les crises socio-économiques délicates que traverses le pays. Quant à cette investiture au delà de son caractère folklorique est l’annonce de la fin d’un régime.  Une fin que ni le Tchad, ni les Tchadiens ne seront épargnés.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste politique


Afrique : Hissein Habré reconnu coupable d’esclavage sexuel forcé

Ce lundi 30 mai 2016, les chambres africaines extraordinaires établies au sein du système judiciaire sénégalais ont donné le verdict du procès historique de l’ancien dictateur du Tchad, Hissène Habré, poursuivi pour crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre.

La Chambre reconnaît qu’Hissène Habré est coupable d’avoir ordonné des crimes contre l’humanité. Selon le juge, l’ex-président tchadien participait parfois lui-même aux interrogatoires ou aux tortures, infligeant lui-même les sévices ou donnant des directives dans ce sens. Il est considéré coupable de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, de viols et de situation d’esclavage sexuel dans un camp militaire au nord du Tchad.

L’ancien chef d’Etat tchadien a été reconnu coupable d’esclavage sexuel forcé, d’homicide volontaire, de pratiques massives et systématiques d’exécutions sommaires, d’enlèvements de personnes suivi de leur disparition et de crimes autonomes de torture pendant tout le temps de son régime, c’est à dire de 1982 à 1990.

Sur un des points les plus sensibles du procès, le tribunal s’est dit convaincu par le témoignage de Khadija Hassan Zidane, cette femme avait affirmé pendant le procès avoir été violée par Hissène Habré lui même. Le Président du tribunal, Gberdao Gustave Kam a fait état de «rapports sexuels non consentis à trois reprises et un rapport buccal non consenti». Selon le verdict, «Hissène Habré a joué un rôle central de chef d’orchestre dans la répression».

« Hissène Habré, la Chambre vous condamne à la peine d’emprisonnement à perpétuité », a déclaré le président Kam. Une décision accueillie par des cris de joie des parties civiles ou militants des droits de l’Homme, et par les pleurs des partisans de l’accusé.

Une délégation de la Cour pénale Internationale – CPI-, le juge espagnol Baltasar Garzon, l’ambassadeur des Etats-Unis à Dakar et d’autres personnalités ont assisté au tribunal à Dakar pour le verdict.

Ce procès est le premier au monde dans lequel un ancien chef d’Etat est traduit devant une juridiction d’un autre pays pour violations présumées des droits de l’Homme. Une commission d’enquête tchadienne estime le bilan de la répression sous le régime d’Hissène Habré à quelque 40.000 morts. Il est accusé de milliers d’assassinats politiques et de l’usage systématique de la torture.

Le procès Habré a débuté le 20 juillet 2015. C’est la première fois que les tribunaux d’un État jugent l’ancien dirigeant d’un autre État pour des supposées violations des droits humains.
Après une longue campagne menée par les victimes, les Chambres ont inculpé Habré en juillet 2013 de crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre et l’ont placé en détention provisoire.

Après une instruction de 19 mois, les juges d’instruction des Chambres africaines extraordinaires ont statué qu’il y avait suffisamment de preuves et ont renvoyé Habré en jugement le 13 février 2015 après 25 ans d’exil doré à Dakar.

Ce procès est un message ferme contre le club des dictateurs africains qui se permettent toutes les violations de droit humains sur leur peuple. Contre tout attente, Habré est innocenté pour les accusation de massacre commis au Sud durant son règne dont un certain Idriss Deby est le commanditaire. L’accusé a 15 jours pour faire appel.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique


Idriss Deby: un intrus malveillant au G7

Les frasques du président tchadien n’en finissent pas. Pendant que certains se demandent ce qui pourrait bien cacher son Kaptani, l’habile traditionnel tchadien, Idriss Deby semble totalement rompre avec le costume et le treillis militaire. A coté des chefs d’Etat des pays de G7 auquel il n’a rien en commun, incapable de se hisser à la vie mondaine tel un berger, l’Afrique est incontestablement malade d’elle-même.

Invité en tant que Président en exercice de l’Union Africaine au 42e édition du forum du G7 au Japon; y figure parmi les invités entre autres Banki-moon, Secrétaire général de l’ONU, Christine Lagarde, Directrice de la FMI, Jim Yong Kim, Président de la Banque mondial, José Angel Gurria, Secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) et autres chef d’État de l’Asie du sud-est.

Comme une mouche dans la soupe, les tchadiens se demandent ce dont pourrait bien faire un certain Deby à un tel endroit, se rappelant encore avec son coupe-ongle à Abuja. Contre toute attente et contrairement au sommet sécuritaire du Nigeria, il y a quelque semaine, on découvre cette fois-ci un président à bout de souffle. Ses jambes pouvaient à peine tenir son corps. Sa maladie est un secret de polichinelle  malgré les rumeurs qui se tournent au tour. Mais celle-là ne l’empêche pas à conduire le Tchad tout droit au mur. Bien dommage.

En quête de légitimité internationale depuis le holdup électoral d’Avril 2016, Deby peine à trouver une reconnaissance gracieuse et généreuse dans sa posture «hypocrite» dans la lutte contre le terrorisme. C’est durant un mois que des agents du ministère des affaires étrangères du Tchad et le cabinet présidentiel y travaillent pour ce sommet.

Il est question pour le président tchadien de profiter lors de ce rencontre à rappeler au Secrétaire général de l’ONU le dossier concernant l’engagement du Tchad au Mali. Rappelons que le Tchad réclame 320 millions de dollars des Nations-unis dans la guerre que les FATIM, Force tchadienne d’intervention au Mali, ont mené contre les djihadistes d’AQMI pour libérer le nord Mali tomber aux mains des islamistes en 2012.

Selon l’évaluation faite par le ministère tchadien des Finances et du Budget, le Tchad a décaissé plus de 400 millions de dollar. Les autorités tchadiennes se disent depuis lors prêtent à saisir qui de droit, à savoir les bailleurs de fonds, pour que la somme leurs soit remboursée. L’ONU de son coté réponde que l’intervention de FATIM n’est pas sous sa résolution mais s’engage à payé les dépenses en carburant au titre de soutien. En réalité c’était le prix à payer pour ne pas se faire éjecter par les socialistes de François Hollande fraichement installé à l’Élysée.

Il est aussi une occasion de demander une faveur auprès de Lagarde à la FMI pour un prêt à fin de pouvoir payer les salaires des fonctionnaires à l’approche du fin de mois de Ramadan. Selon les indiscrétions du palais rose, le lobby parisien ne répond plus aux requêtes incessantes en matière de finance auprès des institutions internationale. Les caisses de l’Etat sont littéralement vide. Tout les grands secteurs de revenue du pays sont en rouge sauf la téléphonie mobile. Il y a plus de liquidité dans les banques alors Idriss Deby n’a qu’autre choix que de se tourner vers l’extérieur dans un contexte économique compliqué.

Dans la foulé, son état de santé déplorable comme un dealer sicilien interpelle plus d’un. Son ventre grossit de plus en plus comme s’il était atteint de la maladie de kwashiorkor. L’imposant ainsi une tenue vestimentaire pour cacher sa  grosses de ventre. Peut-être que son cauchemar se réalise. Lui qui en 2006 répondait aux critiques acerbes des opposants qu’ils ne leur restent que de dire un jour Deby enceinte. Ils auraient peut-être raison.

Face au mystère bien gardé qui entoure son état de santé, chacun va dans sa spéculation. Certains voient une atteinte, d’autres un moyen plus sur de se libérer de l’oppression d’un dictateur qui n’a fait que trop duré. Poursuivant son objectif, il serait au Émirat Arabie-Unis pour de quoi éviter la foudre des fonctionnaires du secteur public.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste politique


Tunisie: l’impossible reconversion d’Ennahda

Le parti islamiste tunisien Ennahda, l’ancien parti au pouvoir, tient son 10e congrès à Radès, près de Tunis, du 20 au 22 mai 2016. Le mouvement a dirigé le pays après la révolution qui a provoqué la chute de Ben Ali entre octobre 2011 et janvier 2014. Lors de ce congrès, il pourrait ainsi réviser sa doctrine et ne plus se définir comme un mouvement religieux. Une reconversion risquée et dangereuse.

Symbole de la révolution des peuples arabes qui a précipité la chute les régimes dictatoriaux et corrompus au Maghreb et au Moyen-orient, la Tunisie est le seul pays dans la région à avoir réussi à éviter l’anarchie libyenne, le désastre syrien ou encore l’impasse égyptienne.
Dans tous les pays où le vent de la révolution a soufflé, celui-ci a servi aux mouvements et groupes islamistes plus ou moins radicaux. Très vite, le printemps arabe s’est transformé en un véritable cauchemar.

Les acteurs de la révolution se sont retrouvés dans une lutte perpétuelle contre les islamistes propulsés au pouvoir. Comme une épée de Damoclès, la gouvernance tumultueuse des islamistes en Tunisie est rythmée d’assassinats des leaders politiques de l’opposition, de corruption et de tentative de « saoudisation » de la société tunisienne. Après une expérience chaotique, le parti islamiste Ennahda perd le pouvoir lors d’un scrutin électoral face à un bloc issu des partis d’oppositions libéraux et de la société civile. Mais elle est contre toute vraisemblance un exemple de démocratie par rapport aux d’autres pays tels que la Libye, l’Égypte, le Yémen, le Bahreïni ou le Liban.

Du religieux au civil : pas vraiment

Fondé sur une doctrine de l’islam omeyyades, elle est l’expression du rejet du colonialisme occidental dans la région. Une forme de guerre idéologique et confessionnelle moderne. Qu’elle soit pacifique ou djihadiste, l’objectif est le même : gouverner selon leurs interprétations de l’islam.

En toute logique, les délégués du parti devraient lors ce congrès restreindre l’activité du parti sur la seule action politique. Ainsi, ses activités de prédication religieuse seront prises en charge par un réseau associatif extérieur au parti, mais idéologiquement proche. Les discours politiques seront de nature plus laïcs. Selon les textes, Ennahda pourra dès lors se définir comme un parti « civil », mais dans les faits, ce n’est que la continuité plus belle de l’islam politique.

Inspiré par la Taquiya chiite, les islamistes sunnites développent dans les années 90 une stratégie similaire pour faire face aux mouvements libéraux et leurs alliés occidentaux.
Critiqués sur leur posture religieuse ostentatoire et l’exclusion voire l’oppression des minorités religieuses, ceux-ci se trouvent contraints de se convertir à un modèle beaucoup plus ouvert et civique.

Les islamistes au Soudan étaient les premiers à se lancer dans une telle reconversion pour essayer de répondre aux critiques, notamment des populations du sud majoritairement chrétiennes et athées, et faire face aux groupes armés séparatistes du sud.  L’aile civique des islamistes est alors appelé le Congrès National, beaucoup plus ouvert, qui prend en compte la diversité socio-religieuse du Soudan.
Le parti islamo-conservateur turk -AKP- s’est lancé dans la même logique en 2002 pour contrer les critiques des libéraux laïcs et s’ouvrir plus à l’imposante chrétienté en Turquie.

Chez les islamistes, gouverner par la charia, ce n’est pas simplement une question de statut juridique et constitutionnel. Leur lutte s’inscrit dans une volonté divine, la foi. Elle peut prendre des formes différentes selon les exigence du moment et du lieu, avec des moyens diversifiés. Renoncer à cette doctrine c’est renoncer à l’islam, à la parole de Dieu et à soi.

Chez les islamistes comme en politique, tous les coups sont permis.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, passionné des études islamique


Me Pierre Haïk: Conseil-avocat du diable

La justice est universelle et même les diables s’en servent. Eux qui sont les sources de malheur et tant de cruauté pour la société. Comment une personne qui gouverne par une injustice inacceptable, qui tue et à famine son peuple et qui favorise l’impunité totale peut-t-il se caché sous la toge du droit?

Aussi paradoxale et controversé que cela puisse paraitre, il y à, ceux du droit, des avocats, qui n’aménagent aucun effort pour nous maintenir dans un cycle infernal de la souffrance. Si la justice veut que chacun soi défendu, certains en tenu noir, pour peu qu’ils puissent empocher vont jusqu’à endosser le rôle au lieu de défendre . N-à-t-on pas vu des magistrats et des avocats corrompus? Si le métier d’avocat exigeait un sens morale, nombreux sont ceux qui seront derrière les barreaux ou se convertir en seigneur de guerre. Après sa tentative désespérer de m’extrader vers le Tchad, voila une autre aussi désastreuse que la précédente. Et pourtant,  je ne fais qu’écrire.

Me Pierre Haïk est un avocat à la cour de Parie et conseil du dictateur tchadien Idriss Deby. Il demande dans un courriel qui m’a été jointe de supprimer un article qu’il estime  illicite. Retiré de cette plateforme mais disponible sur «Qui succédera le dictateur tchadien Idriss Deby s’il succombe à la maladie?», selon l’avocat, cet article «contient de propos au contenue manifestement illicite,…., diffamatoire et injurieux a l’encontre de son (mon) client» à savoir le president dictateur Idriss Deby Itno.

Pour Me pierre, l’article renferme «des imputations dénuées de tout fondement […] former de manière direct ou allusive, de nature porter atteinte à son honneur.» La messe est dite mais en plus, il me reproche d’avoir traité son client de «dictateur».

Cela s’appelle dans le jargon ecclésiastique «advocatus diaboli», avocat du diable. Celui-ci est sensé selon le droit défendre des accusés ou parfois des supposés coupables ou des causes qu’ils sont très difficile de défendre tellement la culpabilité est certaine, l’atrocité des crimes choquante et/ou la cause amorale.
Et pourtant, tout le monde doit pouvoir être défendu, même ce satané diable et dictateur, responsable de tant d’infâmes vilenies.

Mais laissons le diable dans son palais et penchons sur son avocat, son défenseur. En effet, il est aussi controversé et paradoxale que son client.

Me Pierre, est l`avocat et conseil de Michel Roussin, un haut retraité de la DGSE (Service extérieur de l’espionnage français ), responsable Afrique de Bolloré, et le patron du MEDEF-International. C’est-à-dire le lobby puissant d’Idriss Deby en France. Deby étant l’élève chéri du service secret français, il est tout à fait naturel de mettre à son service l’un des meilleurs avocat de France. Pas pour lui défendre ses crimes, tortures, trafiques et faux-monnayage, mais contre les écrits d’un simple blogueur.

Brillant pénaliste, Haïk a fait ses armes en défendant les trafiquants de stupéfiants et la pègre avant de devenir un fin connaisseur des rouages de la Françafrique peut-on lire dans les colonnes d’un journal français.
Il est aussi l’avocat de Nicolas Sarkozy l’ancien president français et de l’ex president ivoirien  Laurent Gbagbo. C’est curieux, non!

Me Pierre Haïk s’était rendu à l’Elysée en 2009 pour recevoir la légion d’honneur. Vive les valeurs françaises de la république et de la démocratie.

Visiblement, il y a des défenseurs des droits de l’homme et des défenseurs contre les droits de l’homme. Mais contrairement au client, je ne souffre pas d’une phobie de justice, ni d’un déni de droit.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique


Interview: l’impact de la guerre contre Boko Haram sur la population locale

Après le Nigeria et le Cameroun, le Niger subit à son tour les attaques de Boko Haram sur son territoire. Les insurgés contrôlent depuis novembre 2013 un chapelet de villages côté Nigeria sur une bande frontalière de 350 kilomètres. Les jihadistes ont mené des incursions tactiques, des exactions, et des opérations de recrutement avant de passer à un mode réellement offensif en février : tirs d’obus, tentatives d’action de sabotage, incursions au sol et attentats suicides.

Invités :
Françoise Wallemacq: Journaliste

Georges Berghezan: Chargé de recherche au Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité – GRIP

Présenté par : Fabienne VANDE MEERSSCHE – Radio Télévision Belge Francophone-rtbf

 

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