Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Du panarabisme aux portes de l’Enfer

Fuyant les violences dans leur pays, des milliers de Syriens tentent désespérément d’entrer en Europe au péril de leur vie. Plus de 300.000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis janvier 2015 et plus de 2.500 personnes sont mortes en mer.

Le dernier drame date du 28 août 2015. Au moins 76 cadavres ont été récupérés et 198 personnes sauvées au large de la Libye après le naufrage d’une embarcation qui transportait environ 300 migrants essentiellement des Syriens. Une tragédie humaine sous les regards silencieux et indifférents du monde.

Persécutés et réprimés dans leur pays, ces migrants qui risquent leur vie à la recherche d’une terre d’accueil sont victimes des mafias qui les dépouillent du peu qui leur reste, s’ils ne rallient pas des organisations terroristes. Parmi eux principalement des Irakiens, des Syriens, des Soudanais.

L’Europe, violemment critiquée par son inertie à venir en aide aux masses de migrants, fait face à une crise qui menace les traités européens notamment le traité de Lisbonne et le traité de Bruxelles, fondement de l’Union européenne. En plus de la prise en charge extrêmement coûteuse des réfugiés, s’ajoute l’épineuse question de l’intégration dans la société occidentale.

Ironie de l’histoire, après plus d’un demi-siècle de pensées et discours anti-occidentaux, les Arabes se tournent vers ce même Occident considéré longtemps comme diabolique et satanique.

Un grand nombre des peuples arabes ou arabisés sont partisans du panarabisme dans sa figure idéologique et culturelle même si nombre d’entre eux désapprouvent ses figures politiques pour se rallier à la défense de l’identité arabe, et du destin partagé.
Beaucoup de moyens ont été investis pour réaliser ce mythe historique des Omeyyades au nom du nationalisme arabe.

Selon la notion panarabiste, la nation arabe est porteuse d’une «mission éternelle et divine.» Ils insistent sur la dimension culturelle arabe commune, un fait de civilisation que représente l’islam. Ce qui est totalement faux.

En Afrique et partout ailleurs dans le monde, l’arabe dans sa forme identitaire et culturelle est assimilée à l’islam. Et cela, de par le discours des élites. Si le premier prend en relief un peuple spécifique, le second se veut être une religion pour l’ensemble de l’humanité. En islam, être arabe ne veut pas dire grand-chose du reste des peuples. Mais depuis les temps des Omeyyades jusqu’à nos jours, l’islam servait d’argument et de raison pour des ambitions impérialistes, de conquête et de domination culturelle et identitaire dont il est innocent.

Actuellement, 22 États i forment la Ligue arabe. Si certains sont affreusement pauvres et arabisés tels que le Soudan, la Somalie ou la Mauritanie, d’autres sont bien assez riches pour éviter aux migrants syriens et irakiens un triste sort dans la Méditerranée. Si ce n’est pas au nom de l’islam qu’il le soit au nom de la nation arabe, le panarabisme.

L’Europe ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais plutôt toute la richesse du monde. C’est ce que veulent nous faire comprendre les politiques européens. Et pourtant, leur responsabilité dans ces conflits est un secret de Polichinelle.
En revanche, où sont l’harmonie et la solidarité tant prônées dans le monde arabo-musulman ? Ils sont prêts à s’unir pour se faire la guerre les uns les autres (Yémen, Irak, Libye, Syrie, Koweït). Et quand il s’agit de faire face aux conséquences, c’est chacun pour soi. Est-ce cela le panarabisme et l’islam que l’on veut imposer au monde et qu’on se prétend porteur d’une « mission éternelle et divine » ?

Tous les conflits et les guerres qui se déroulent actuellement sont des frustrations sociales résultant de mensonges, d’injustices et de l’hypocrisie du système.
Révéler ces défis nous amène à repenser les fondements de nos économies, la structure de nos États, la relecture de l’histoire et à redéfinir le droit international. Ce qui risque de ne pas être facile moins encore sans le sacrifice qu’il en faut.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Passionné des Études islamiques, activiste politique


Tchad: une monnaie pour un État en délinquance

« Nous avons la possibilité de frapper notre monnaie comme nous voulons. Le Franc CFA aujourd’hui c’est du papier. En deux ans, ça devient du chiffon, on peut même pas l’utiliser » avait martelé le president tchadien Idriss Deby lors d’une conférence de presse à l’occasion du 55ème anniversaire d’indépendance du Tchad le 11 août 2015.

Les sorties hasardeuses et scandaleuses du president tchadien ces derniers mois nous rappellent les aveux de Ben Ali, de Moubarack ou encre de Gaddafi à l’aube de leur chute. Ce sont des discours aux abois, les signes avant-coureurs d’un fin de règne.

Arrivé au pouvoir par les armes en décembre 1990, Idriss Deby a su faire face à tous les tentatives visant le renverser du pouvoir (rébellion, tentative de coup d’État, tentative d’empoissonnement, etc.) Mais ce que Deby et les ténors de son régime ne comprennent pas, c’est que la menace n’est forcement pas que de l’extérieur. Elle peut provenir du soi-même.

Tous ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la politique au Tchad et aux événements intérieurs savent que la chute de ce régime tant attendu ne tardera pas à se produire. Il est temps que la classe politique tchadienne pense plutôt à l’après Deby que de commenter les mensonges et les discours controversés d’un president en manque de repère.

La grande réalisation de Deby depuis presque 25 ans au pouvoir, c’est d’avoir rendu le Tchad un État voyou. Et le contraire aurait été un miracle. L’État est devenu incapable de remplir ses fonctions régaliennes les plus basiques.
Deby et son régime ont réduit le Tchad à un État en déliquescence, un État défaillant incapable de se soutenir lui-même (paiement des fonctionnaires, sécurité, etc…) et de se développer par lui-même sans être dépendant d’une quelconque aide internationale.

La privatisation de l’offre de biens publics par la famille et proche du president sans véritable contrôle étatique effectif, a transformé l’État Tchadien d’un fournisseur de biens publics à un prédateur de ces biens, versant le peu de biens public qu’est en mesure de fournir le gouvernement, à la base soutenant le régime, pris au reste des citoyens renforçant ainsi sa perte de légitimité.

Les logiques de prédation et de népotisme ont tellement affaibli le pays dans son ensemble qu’il est incapable et impossible de survivre avec le régime et à la chute du régime, comme le prouve l’effondrement si rapide et de si longue durée que subit la Somalie depuis la fuite de Mohammed Siaad ou la Libye après la chute de Gaddafi à titre d’exemple.

Le défi des politiques tchadiens serait d’empêcher l’effondrement de l’Etat. Deby a travaillé à rester au pouvoir plus qu’à renforcer les institutions de son pays. Pire, les institutions de l’Etat Tchadien sont réduites en la seul personne unique du president prédateur, assassin et corrompu, assis sur les logiques tribales.
L’Etat n’est plus capable d’assurer ses fonctions les plus basiques de sécurité et de développement et n’a plus le contrôle effectif sur son territoire et ses frontières, il ne pourra plus reproduire les conditions de sa propre existence. Cet État est voué au désordre et à l’anarchie.

Dans un État démocratique, la preuve la plus fondamentale de sa durabilité et de sa stabilité est sa capacité à permettre une alternance du pouvoir autour d’élections libres, et de respecter les droits de la minorité. Cependant au Tchad d’Idriss Deby ceci ne relève que de la science fiction et d’un humour du mauvais goût . Ce dont ne laisse choix qu’a une transition violente risquant d’aggraver de plus la fragilité du tissu social.
En résumé, au Tchad, la notion d’autorité légitime et de sécurité se détermine par la « loi de la jungle ». La notion de citoyen n’est plus pertinente, le pays n’est plus qu’une aire géographique délimitée par le droit international avec à l’intérieur des habitants soumis aux warlords (« Seigneur de Guerre »). Et cela depuis un quart de siècle.

Deby a beau inviter ses homologues africains de la zone franc à se doter de leur propre monnaie. D’abord qu’il n’a qu’à commencer par lui-même, nous et lui savons tous qu’il n’a ni le courage, ni les capacités, ni les ressources humaines et financières pour mettre sa menace en exécution.

Car sur le plan technique et économique le Tchad n’a aucune institution le permettant d’accéder à un tel luxe à part « l’institution Idriss Deby». Et si jamais par la folie de grandeur le president tchadien s’en-tête, la valeur de la monnaie tchadienne sera si bas de mal gouvernance, corruption et gabegie que les tchadiens finiront d’utiliser la monnaie des pays voisins. Le cas de la Zimbabwe et du Soudan sont édifiant.

Selon le rapport de l’organisation The Fund for Peace basé à Washington aux États-unies qui publie annuellement « The Failed States Index»,  les États en déliquescence, le Tchad occupe la 6ème place dans la catégorie des «États en danger de défaillance». Cette classification basant sur une séries d’indicateurs socio-économiques et politiques n’est pas exhaustive. Nous sommes à l’aube d’un  «État en situation critique de défaillance» qui nécessite une préparation aux défis qui nous guettent lorsque le régime atteindra son «point mort».

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, Maîtrise en sciences économiques
Article inspiré du mémoire de master (Analyse Critique de la notion d’Etat-Failli) à l’université de Bordeaux du camarade Sébastien KEREBEL  


Le Sultan Idris Deby  sort-il le Joker ou se tire une bale sur le pieds?

La copie que Idriss Deby nous a servie à l’occasion du 55é anniversaire de » l’indépendance » de notre pays est trop salée. Nous avions eut l’habitude de nous modeler avec les sorties impromptues du Sultan, mais cette fois ils nous lâche des couleuvres abominables dans nos assiettes.

Pour la première fois, il reconnait officiellement en face de tous, qu’il n’a jamais été élu par le peuple Tchadiens. Il nous dit j’y suis je reste. C’est ce que tous les Tchadiens le savent; même ceux qui pour des raisons diverses, ont toujours tenu à l’accompagner pour lui servir de justificatif de légitimité absolument nocive.

Y’aura t- il des tchadiens qui vont encore nous parler de processus électorale? de CENI, d’un organe de dialogue et consorts? Non; en l’absence de dignité et du respect aux autres, ayons la décence de conserver un minimum d’harmonie avec notre conscience.

Avec sa sortie dramatique et perfide, Deby exprime une perversité crue, avec une arrogance insolente face au peuple tchadien.

C’est en faite une réponse du berger à la bergère. Profondément choqué et ébranlé par le forum militant TROP C’EST TROP, il a laissé parler son subconscient.

Cette dérive impériale ne peut s’expliquer que par le dédain que Deby exprime vis à vis des tchadiens. Autrement dit, rien ne justifie un tel défi à un peuple entier.

En tout cas ni pour Idris Deby lui même, ni pour ceux qui militent pour se débarrasser d’une gangrène qui n’a que trop durée, rien ne sera ou se fera comme par le passé.

Capable de n’importe quoi pour pérenniser son pouvoir, Deby fait de Boko Haram l’épicentre de son action politique. On est en droit de se douter de tout ce holà fait autour de cette sinistre organisation avec laquelle il a sans doute des accointances multiples.

Toute la tribulations qui a couté chère aux Tchadiens en vie humaine, en définitif ne sont provoquées que pour justifier une reprise en main du peu de parcelle de liberté détenue encore par les quelques rares sociétaires de notre pays.

Deby se trompe largement. Boko Haram aujourd’hui n’est plus le petit groupe monté pour quelques actions frauduleuses. Dés le moment où, celui ci a fait allégeance à l’Etat Islamique, il entre de plein pieds dans cette théorie aveugle de l’Islamisme dénommée « ADMINISTRATION DE LA BARBARIE »ادارة التوحش . L’arrestation de Alassiri à l’Aéroport de Bayreuth au moment où il s’envolait pour le Nigeria n’est qu’une preuve supplémentaire.

Dans ce cas, les sorties en découpoir de notre dictateur couteront très chère à notre pays. Deby n’a certainement pas lu l’administration de la barbarie. Il s’agit d’une étude scientifique, historique, politique, sociale, économique et religieuse de chaque zone de leur intervention. Nous nous trouvons complètement encerclés et son ami El-Bechir serait le premier à le vendre. Les Libyens qui se canardent entre eux s’entendent tous dès qu’il s’agit du Tchad de Deby. Ces deux fronts se retourneront tôt ou tard contre le Tchad.

C’est pourquoi mis à par la lutte que nous menons pour nous débarrasser de la dictature, il faut sérieusement se pencher sur les solutions à envisager face à ce monstre. D’ailleurs une bonne alternance est l’une de porte de sortie.

Deby étant un soldat, il ne comprend que le langage des armes. Il est temps qu’il comprennent que les armes ne tuent pas les idées.

D’autre part il s’en prend à ces mentors français à travers une déclaration péremptoire et incongrues. Deby est incapable de comprendre que les attitudes politiques changent en fonction d’intérêts et que les contrats ne sont pas immuables. Les puissances gèrent en même temps, des contrats contradictoires avec des parties aux intérêts contradictoires; comme elles peuvent sceller une alliance de fortune. Notre Deby est certainement pris au piège quelque part. Haaa.

Si non, il ne fallait pas attendre vingt cinq ans de pouvoir pour comprendre que le CFA est une monnaie de singe.

Aussi il est claire qu’il veut en faire un moyen de chantage; Le Tchad est souverain n’est ce pas? A t il besoin de lancer un appel à l’Afrique lorsqu’on sait la limite et la faillite de UA? Non que Deby ne prennent pas les Tchadiens pour des guignols.

Lorsque le colonel de frégate Didier Ratshiraka avait claqué la porte sur Mr le premier ministre Français Mesmer en 1973, le lendemain le Madagascar a quitté la zone Francs. Ils n’ont pas attendu une décision Africaine. Lorsque le président Modibo Kaita du Mali avait quitté la zone francs il n’a pas demandé une position Africaine. lorsque le président Moctar Ould Dada de Mauritanie a créé son ouguiya il n’a pas attendu une décision Africaine. Il s’agit des décision souveraines d’un pays.

Que Deby ne nous amuse pas avec un marchandage à ciel découvert. S’il est sérieux il n’a pas a épiloguer sur la question.

Lorsque Kadhafi appelait à une monnaie Africaine commune, il avait déjà lui sa propre monnaie. Que Deby prenne sa décision et par la suite il demandera aux Africains de le suivre son exemple; autrement dit c’est de bla-bla-bla.

Aboulanwar Mahamat Djarma


Tchad: un nouveau gouvernement des  »nordistes »

La vérité rougit les yeux mais ne les cassent pas. C’est avec une énorme stupéfaction et une honte embarrassante que j’ai appris hier la composition de la nouvelle équipes du gouvernement de Kalzeubet. Que dis-je du sultan du clan Zakhawa et Président du Tchad Idriss Deby. Vers où va t-on?

Après avoir imposer sa culture ethnique en une véritable politique d’Etat, c’est alors le Tchad tout entier qui se «nordialise» et les populations du sud cessent d’aller à l’école. Lorsqu’on dirige un pays qui est aussi fragile que le Tchad, on doit faire attention et prendre toutes les dispositions en mesurant les conséquences des décisions étatiques. Il faut prendre en considération l’histoire, la géographie et tous les aspects culturels nécessaire afin d’éviter de réveiller les démons qui ne sont pas morts mais somnolent simplement.

Bien que c’est parfois dure, il faut exposer les choses de manières claires quitte à se faire des ennemis. Lorsqu’on est convaincus de ce que l’on défend et ce que l’on croit, il n’y a pas lieu de faire la politique de l’autruche. se taire pour satisfaire l’égo des autres. Sur les 28 membres du nouveau gouvernement, six (6) sont ressortissants du sud du pays et les vingt-deux (22) autres sont tous issus du nord.

Au Tchad, on reconnait facilement de quel région on est. Et l’écart entre le Nord-musulman et le Sud-chrétien ou animiste est vertigineux. De peur de blesser des gens ou de me faire passer pour un régionaliste, je ne peux en revanche pas me cacher ou me taire.

C’est depuis des années que le peuple tchadien subit des injustices d’une petite minorité d’individu qui croient avoir du droit sur les autres. Ça fait déjà plus de 30 ans que le sudiste tchadien est victime d’une politique ségrégationniste et discriminatoire d’une part par le régime Deby et d’autre part du reste de la société.

L’injustice crée de la frustration et lorsque les frustrations s’accumulent après tant d’injustice, il est possible que même un prophète finisse par devenir un rebelle. L’histoire nous a montré que les frustrations se terminent plus souvent en haine. Après avoir déposséder le Sud du Tchad de toutes ses richesses que Deby et son système investissent systématiquement à Amdjarass son bourgade lorsqu’elles ne sont pas détourner aux profils de certains individus véreux; Après avoir pris l’argent du pétrole de Doba pour faire 25km de rues bitumées à Abéché alors que la ville pétrolière n’a même pas 100 mètres de rue bitumées. On rejoue la géopolitique. Il y a de quoi se poser des questions.

Même dans la capitale Tchadienne, y règne une injustice dans le partage et la gestion des biens et des richesses communs. L’injustice est criarde lorsqu’on voit les investissements que l’Etat fait. Les rues, avenues et autres des quartiers nord sont bien aménagés et bitumés contrairement au quartiers Sud où il manque complètement d’infrastructures. Et pourtant, ce gouvernement de Deby, bien qu’ayant à sa tête un Premier Ministre issu du Sud comme veut la tradition, est une insulte au population du sud.C’est encore une façon de montrer au monde que le Tchad est à majorité musulman car l’on ne peut pas parler du nord sans parler de l’Islam.

Je n’appelle pas à la haine ni au régionalisme mais j’appelle à la justice et à l’égalité entre des citoyens. J’appelle au partage équitable des richesses publique de peur de créer des frustrations et des rancœurs. C’est pas parce qu’on est du nord qu’on doit favoriser que sa région et l’inverse n’ont plus.

A forcer de tirer et d’humilier les populations du sud, un jour la question de la division du pays prendra le dessus car mieux vaudrais être séparé dans le respect que d’être unis dans l’humiliation.

Ibangolo Maina
Activiste politique et de droit de l’homme


Après avoir  »moraliser » son gouvernement, Deby s’en débarrasse

Une nouvelle semaine et un nouveau gouvernement. Le Tchad vient de procéder à un nouveau remaniement ministériel annoncé ce dimanche 7 aout. Le quatrième en deux ans depuis la nomination du Premier ministre Kalzeubet Pahimi Deubet en novembre 2013.

Le pays est en passe d’être un champion mondial. La politique du president tchadien Idriss Deby doit inspirer autant ses homologues que les académiques en science-po. Des milliers de ministres ont transité dans les gouvernements pendant ces 24 dernières  années. Parmi eux, il y a ceux qui n’ont fait que quelques semaines, le temps de vie d’une fleur. Un passage éclair qui devrait figurer dans le Guinness des records.

Attendu depuis le mois de juin 2015, Idriss Deby crée la surprise. Il supprime purement et simplement et sans aucune honte, le ministère de l’assainissement et de la bonne gouvernance connu sous le nom du ministère de contrôle d’État. Un ministère qu’il avait lui même crée. Deby renonce-t-il ainsi publiquement au combat qui lui est cher, la lutte contre la corruption et la gabegie financière? Ou doit-on comprendre de cela une victoire comme d’habitude?

Néanmoins, a part s’être acharner contre des petits voleurs, Idriss Deby et sa famille dont les revenus publiques sont considérés comme un butin de guerre ont été soigneusement et scrupuleusement exemptés de tout poursuite ou de contrôle par cette soi-disant ministère de moralisation.

Conséquence, la situation économique du pays est en alerte rouge. La chute des cours du pétrole à affecté considérablement les revenus de l’État. Tandis que plusieurs ministres, ex-ministre, députés et secrétaires généraux réhabilités ou toujours en fonction sont accusés de détournement de fond public. Les fonctionnaires de l’État dénoncent fréquemment les retards des salaires, tandis que les étudiants en gréve réclament plus de six(6) mois d’arriéré de bourse.

Supprimez un tel ministère dans une telle situation économique, à l’approche des échéances électorales présidentielles et face à une impasse politique, n’augure rien de bon pour la bonne gestion du trésor public d’une part et à l’avenir des élections libres et transparentes d’autres part.

Le Tchadien lambda ne croit plus à ce jeux de chaise et Deby non plus d’ailleurs. Pourtant il doit satisfaire une catégorie de personne et placé ses affidés pour éviter toute contestation ethnique ou dans sa propre famille. Tout cela pour un seul but: demeurer indéfiniment au pouvoir. Mais quel pouvoir?

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, mondoblogueur


A la rencontre des derviches du Soudan

Vous avez sûrement vu des reportages, des vidéos, des articles et même des livres qui pressentent l’islam n’importe comment. On apprend que les lois de l’islam  »la charia » c’est de couper la main au voleur, la lapidation de la femme et de l’homme adultères, l’inégalité absolue entre l’homme et la femme. Que l’islam est une religion incompatible avec la démocratie, qui interdit la musique, la danse, et l’art en général. Que l’homme doit porter un djalabia, surtout le vendredi et la femme une burqa. Le musulman ne supporte pas des critiques sur sa foi, qu’il rejette tout ce qui n’est pas conforme à son fanatisme religieux, un orgueilleux. C’est souvent un terroriste qui n’attend que sa première occasion pour commettre un attentat tuant des personnes et qui espère par la suite entrer au Paradis. Il préfère la mort à la vie. C’est quelqu’un avec un esprit étriqué qui croit que la terre ne tourne pas autour du soleil. Le but recherché par la propagation de cette image de l’islam par les médias, est de se faire de l’audience même s’il s’agit pour cela de déformer ou de caricaturer.
D’autres encore vous diront que c’est une religion de paix, de justice de culture et tous les tralalas.

Après avoir eu l’opportunité d’étudier au fil des années plusieurs formes de l’islam, je partage avec vous ces magnifiques moments auprès de ceux que j’appelle les  »derviches du Soudan ».
Un derviche est une personne suivant la voie d’une discipline volontaire du corps et de l’esprit cherchant à tendre vers une perfection par le soufisme (la « Tarîqa », la manière). Ce sont des combattants de Dieu qui n’ont ni kalachnikov, ni violence moins encore de discours haineux. Ils ne cherchent ni à convertir, ni à persuader de l’état dans lequel ils sont.

L’islam fit son entrée au Soudan d’abord par l’ouest grâce à des marchands venus du Mali et du Tchad. C’est un islam soufi qui caractérise aujourd’hui la société soudanaise. Dans les années 1930 après la fondation de l’organisation de Frères musulmans (FM) par l’égyptien Hassan Al-bana, le Soudan, alors sous colonisation anglo-égyptienne, a rapidement adhéré aux idées des FM inspirées du salafisme. En ce temps, ces idées étaient une véritable révolution contre le colonialisme. La charia prônée par le président soudanais Nimery dans les années 1980 sous conseil du patriarche islamiste Hassan Al-tourabi a conduit le Soudan dans un gouffre infernal de népotisme, de corruption et d’injustice par ses théories de l’islam politique. De passage, il y a une très grande différence entre l’islam politique et la politique de l’islam. Son opposition fondamentale et violente à la laïcité et à la démocratie changea alors l’histoire du Soudan. La venue des Frères musulmans au pouvoir par un coup d’État au Soudan avec une version revue par Tourabi, installa Oumar El-Bechir au pouvoir, prôna l’arabisation du Soudan et déclencha la « frère-islamisation » des Soudanais. Ce qui a eu pour conséquence la sécession du Sud-Soudan, la guerre au Darfour et dans le Nil bleu.

Les soufis traditionnellement loin du pouvoir contrairement aux salafistes, recherchent l’intériorisation, l’amour de Dieu, la contemplation et la sagesse.

On dénombre une trentaine de  »Tariqa » au Soudan. On les trouve à Oumdourman la ville jumelle de Khartoum. Chaque groupe ou Tariqa à un guide qui a la fonction d’un sage. Les disciples se comptent en milliers. Le soir du vendredi, les disciples se regroupent et prient Dieu au rythme des chansons, des danses, des musiques et des poèmes.
Nous irons à la découvert des  » Al-Moukachafiaya » qui peut se traduire par  «lever le voile» L’histoire du soufisme est largement méconnue tant par les musulmans eux-mêmes que par leurs détracteurs. Bien souvent, les gens à l’esprit étroit disent que danser est sacrilège. Ils pensent que Dieu nous a donné la musique – pas seulement la musique que nous faisons avec notre voix et nos instruments, mais la musique qui sous-tend toute forme de vie – et qu’il nous a ensuite interdit de l’écouter. Ne voient-ils pas que toute la nature chante ? Tout dans cet univers bouge en rythme – les battements du cœur ou les ailes des oiseaux, le vent les nuits d’orage, le forgeron à son enclume ou ce qu’entend dans le ventre de la mère d’un bébé à naître -, tout participe, passionnément, spontanément, à une mélodie magnifique. La danse des derviches tourneurs est un maillon dans cette chaîne perpétuelle. Telle la goutte d’eau qui porte en elle tout l’océan, notre danse reflète et voile à la fois les secrets du cosmos.

 

IMG_2600 IMG_2602 IMG_2611 IMG_2613 IMG_2616 IMG_2594 IMG_2602Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Mondoblogueur, Passionné des études islamiques

https://www.youtube.com/watch?v=uAe0_P4cKi4


Tchad : des étudiants arrêtés et interdiction de manifester

Nadjo-Kaina-UNETAu Tchad, le président de l’Union nationale des étudiants tchadiens (UNET), Nadjo Kaina est aux arrêts.Il a été interpellé dans la soirée du 12 août ainsi que ses collègues du syndicat des étudiants alors qu’ils étaient en réunion à Ndjamena. Au menu de cette rencontre: la situation de l’organisation après les pressions gouvernementales et le non-paiement des bourses.

Cela fait déjà plus de six mois que les étudiants tchadiens n’ont pas reçu leur bourse. Pour réfléchir à cette question et à la suite à donner à leurs revendications les responsables syndicaux s’étaient donné rendez-vous au restaurant-bar  » Le Caravelle  » dans le quartier de Chagoua à Ndjamena. Alors qu’ils étaient en pleine discussion, la police a fait irruption. Une descente musclée sur ordre du ministre de l’Enseignement supérieur Mackaye Taisso et Abderehim Bireme, ministre la Sécurité publique. Selon les ministres, les étudiants voulaient une faire une révolution populaire contre le régime.

Le lendemain, jeudi 13 août, les secrétaires généraux des sections ont été libérés. Le président de l’UNET quant à lui a été présenté le vendredi 14 août à la justice et après audition il a été transféré à la maison d’arrêt d’Amsinéné pour trouble a l’ordre public.

Dans un communiqué de presse envoyé à la rédaction, le parti d’opposition en exil Actus/prpe indique que : « Le régime du dictateur général président Déby, allergique à tout esprit indépendant   […] voudrait imposer un leader estudiantin, non élu démocratiquement et qui serait à sa dévotion. »

Le 9 mars une manifestation des étudiants et élèves à Ndjamena a été violemment réprimée. Trois étudiants ont été tués par la police et plusieurs cas de viols de filles ont été signalés. Une vidéo de 2 minutes et 12 secondes publiée sur la page Facebook de Jeunes Tchad montrant des policiers tchadiens de la GMIP (Groupe mobile d’intervention de la police) en train de torturer et d’humilier des élèves a créé l’émoi sur les réseaux sociaux.

Cette vidéo (ci-dessous) montrant des élèves sur les genoux avant de se rouler dans le sable, sous les injonctions des policiers, les battant à chaque rotation, avec des fouets et des bâtons. On entend clairement les humiliations infligées aux  élèves, « Ouvrez les oreilles ». Les jeunes prisonniers tirent sur leurs lobes d’oreilles frénétiquement. « Répétez, je ne manifesterai plus », leur lancent-ils. L’enquête ouverte par les autorités tchadiennes n’a donné aucune suite.

A la maison d’arrêt, le président de l’Union nationale des étudiants tchadiens (UNET), Nadjo Kaina risque sa vie.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Mondoblogueur, Activiste politique


Les mensonges et controverses du président Déby

A l’occasion des célébrations du 55e anniversaire de l’indépendance du Tchad le 11 août, le président tchadien Idriss Déby s’est félicité de la « décapitation » du mouvement islamiste et a déconseillé au gouvernement nigérian de répondre à la demande de négociation qui lui avait été adressée.

Le président Idriss Deby est beaucoup plus préoccupé de la sécurité de ses voisins que de celle de ses compatriotes. Depuis le 15 juin, plusieurs attentats terroristes ont secoué la capitale tchadienne faisant des dizaines de morts et centaines de blessés. Devant cette situation de crise, le président s’est retiré à Amdjarass, son village natal et cela dans toute indifférence de la peur qui règne à Ndjamena. Aucune déclaration n’a été faite. Aucun message de soutien aux familles des victimes. Pendant que les Tchadiens sombrent dans la terreur, le chef de l’Etat s’offre des vacances tranquilles.

Le soir du mardi 11 août, Idriss Deby rassure ses voisins camerounais et nigérians. Il déclare que Boko Haram est « décapité », ajoutant que le défi était maintenant d’« éviter les actions terroristes » dans la région du lac Tchad. Ce n’est pas la première fois que Déby fait des annonces qui par la suite sont révélées fausses. Voici quelques exemples :

Je sais, mais je ne sais pas

Le mercredi 4 mars, avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou, en visite à Ndjamena, Déby affirmait savoir où se trouvait Abubakar Shekau, le chef du groupe islamiste.  «Abubakar Shekau doit se rendre. Nous savons où il est. S’il ne se livre pas, il subira le même sort que ses compatriotes » avait-il ainsi menacé.

Deux mois plus tard, le 11 mai en visite dans la capitale nigériane Abuja, pour une réunion de travail avec le président sortant, Goodluck Jonathan, dans une conférence de presse face à la demande des autorités nigérianes, Idriss Débya affirmait : « Je ne peux pas vous dire aujourd’hui que je sais où Shekau se cache? Et même si je savais, je ne vous le dirais pas ».

Négociation avec Boko Haram

Sur les ondes de RFI, le chef de la diplomatie tchadienne Moussa Faki annonçait en grande pompe des pourparlers entre les autorités nigérianes et la secte islamiste Boko Haram à Ndjamena. Une annonce que la secte islamiste a démentie formellement dans une vidéo publiée le 31 octobre 2014.

La libération des filles de Chibok

Le 18 octobre 2014, Moussa Faki, ministre des Affaires étrangères du Tchad annonce dans le cadre du dialogue à Ndjamena que «Boko Haram s’est engagé à libérer […] les jeunes filles enlevées à Chibok ». Malheureusement, ce n’était que du pur mensonge démenti par la secte islamiste elle-même. Les filles enlevées de Chibok sont toujours portées disparues.

La mort d’Abou Zeid et de Mokhtar Belmokhtar

S’il y avait le prix Nobel du mensonge, c’est au président tchadien Idriss Déby qu’il serait décerné Début 2013, le Tchad déploie une force militaire au Nord-Mali pour combattre les islamistes. Deux chefs islamistes appartenant à Aqmi, Al-Qaïda au Maghreb islamique, sont supposés morts, en tout cas pour le président tchadien. Il réaffirme, lundi 4 mars 2013, que les deux chefs islamistes Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar avaient été tués  » lors d’affrontements le 22 février et le 2 mars 2013″ dans le nord du Mali. Malgré les doutes français, Idriss Déby Itno persiste et signe.

Déby détient même la preuve de ses déclarations et le fait savoir : « C’est par respect des principes de l’islam que les dépouilles de ces deux terroristes n’ont pu être exposées. C’est sur cette base que je peux répondre au ministre français de la Défense (Jean-Yves Le Drian, ndlr) qui souhaiterait avoir des preuves ».

Mokhtar Belmokhtar a été « ressuscité » et déclaré vivant en Libye contrairement à Abou Zeid tué par le bombardement de l’armée française au Nord-Mali.

Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Mondoblogueur, activiste politique.


La mort à ceux qui ne prêtent aucune importance à la vie

173875479_0Après las attentats terroristes qui ont visé le Tchad pour son engagement contre Boko Haram au Nigeria, les députés tchadiens ont modifié le 30 juillet 2015 un projet de loi antiterroriste qui leur était soumis par le gouvernement. Ils ont rétabli la peine de mort abolie il y a environ six mois.

Proposer la mort à ceux qui ne prêtent aucune importance à la vie. C’est la solution  »intelligente » du Parlement tchadien pour lutter contre le terrorisme. Pourtant, Il y a moins d’un an, la peine de mort était abolie dans ce pays. Les associations de droit de l’homme se félicitaient de cette initiative et voyaient une évolution majeure vers le respect des droits fondamentaux. Mais depuis quand le pouvoir tchadien se soucie des lois juridiques et de la Constitution ?

Les personnes disposées à commettre des actes de violence à grande échelle pour terroriser la population savent qu’elles prennent de grands risques. Elles se soucient fort peu, voire pas du tout, de leur propre sécurité. Exécuter ces personnes revient souvent à faire de la publicité pour les groupes auxquels elles appartiennent, et à en faire des martyrs qui serviront à rallier davantage de partisans.

Face à ces fanatiques et aux terroristes, la peine de mort est inefficace et dangereuse, car non seulement le message ne les effraie  pas, mais il les stimule. Ils ne redoutent pas la mort, mais plutôt ils lui donnent un sens sacrificiel. Un des leurs condamnés à mort devient un martyre au service de leur propagande.

Ils aiment la mort autant que les députes tchadiens aiment la vie alors que le peuple tchadien est prise au piège. Encore une fois.

Si le texte de loi doit entrer en vigueur, on doit avant tout commencer à l’appliquer à ceux qui l’on voté. Ils siègent à l’assemblée sans rien y faire. A moins qu’il ne soit question en réalité de cibler d’autres catégories que les terroristes.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, analyste indépendant


Bloguer, la passion la plus dure lorsqu’on est tchadien

MONDOBLOG
Le journalisme est le métier le plus difficile en Afrique disait un humoriste. Quand on est pas traqué par le pouvoir, on est lynché par le public. Vous êtes nombreux à m’avoir envoyer de message à mon Email ou sur facebook. Surtout depuis la publication des images du procès d’Hissein Habré sur ma page facebook jugé «humiliante» par ses supporteurs. Entre soutiens, menaces et interpellations dont je me suis habitué depuis six-ans d’intense activité et publication sur le net, par respects aux fidèles lecteurs et par profonde sincérité, j’espère par ce billet apporter quelque réponse.

Durant mon expérience de blogueur et activiste sur les réseaux sociaux, tchadiens notamment, j’ai été qualifié de tous les noms d’oiseaux et j’en ai appris beaucoup de chose. Une expérience pleine de courage, d’inquiétude, de savoir, de passion, de rencontre, d’amour aussi et un besoin de liberté de pensée et de partage d’idée qui sera un jour immortalisé dans un livre.

L’attitude des certains intervenants sur ma page facebook est désolante. Et je suis profondément désolé à mes 13 000 abonné(e)s qui me suivent.
Ceux qui étaient choqués par les commentaires et qui comprenaient pas pour quoi autant de haines entre ces jeunes, je recadre un article en ce sens que j’ai écris en 2013.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faudrait de prime d’abord rappeler le sens de certains mots. Le «clanisme»  communément employé pour designer un régime autoritaire, c’est un système social d’organisation fondé sur le clan, sur une tribu constituée d’un regroupement de famille.
Cependant, on n’y remarque toujours deux camps qui s’affrontent s’agissant de l’affaire Habré. les partisans du régime d’Idriss Deby  et les partisans de l’ancien régime d’Hissen Habré. (Soit dit en passant que les deux se détestent à mort). Et malheureusement, ils n’ont trouvé de champs que ma page à se battre. Ce qu’ils ignorent ou refusent de reconnaitre, c’est qu’ils ont plus de chose en commun qu’ils ne le pensent.

S’agissant des partisans de Deby, le maintien de celui-ci au pouvoir doit sa gloire au soutien inconditionnel et indéfectible de son groupe ethnique les Zakhawa et surtout une franche partie de ceux du Soudan au Darfour dont le clanisme est érigé la réglé sacrée absolue à n’ait jamais franchir; hérité de son prédécesseur. Les premiers heurs du règnes du régime dont beaucoup semblent oublier étaient très sanglantes, des assassinats, des violes, des voles et massacres jours et nuits, sans distinction orchestré la plus part par la garde présidentielle clanique notamment au Logone et Moyen Chari et tout récemment dans le Dar-Tama pour ne cité que quelque exemple.

Si quelques uns de ce clan se sont rebellés après avoir consolider le régime et infliger pendant des années aux tchadiens toute sorte de calvaire s’érigent scrupuleusement sans honte en libérateur, ce n’est nul par patriotisme moins encore pour le respect des valeurs humaines, mais uniquement d’ordre familiale et ethnique, comme s’il n’y a qu’eux au Tchad. Chasser le tyran pour mieux garder la tyrannie.

Comme tout régime clanique, il y a d’autre prêt à tout à fin de satisfaire leurs désir matérialiste offrant leur service au tyran et sa famille mais qui ne seront jamais égale. Les serviteurs volontaires et zélés du régime ne manquent pas de se faire constamment humilier. Une servitude volontaire qui donne une certaine légitimité au système et une illusion d’équilibre de gestion et de partage. Là est « le secret et le ressort de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie » disait La Boétie . Les partisans de Deby en premier lieu les Zakhawa ne font jamais objet de sanction contrairement à leurs complices d’autres communautés.

Quant aux partisans de Habré, c’est un autre phénomène. Dans une illusion que le pouvoir leur revient de droit sacré. Si tribaliste, d’esprit étriqué et encarcanné par la rude du désert, la culture est toute sauf exemplaire. Leurs compatriotes du sud les appels les Nordistes – les Gouranes dont est issu Hissein Habré le prédécesseur de Deby et maitre des crimes et massacres. Au niveau de clanisme, le régime de Deby ne fait pas exception à celui de Habré. Et si on remarque que les principaux partisans de Habré sont issue de son ethnie, c’est parce qu’ils sont bien évidement à l’écarte de «l’holocauste» dont ils ont activement contribué.

Si les partisans de Deby homonymes des partisans de Habré ne font jamais objet de sanction, ces derniers, par défaut de pouvoir, n’aiment jamais être objet de critique, ni de Habré, ni de ce qui à un lien avec eux. Alors que leur bilan de huit-ans de règne absolu est un véritable désastre. On ne peut critiquer ce passer douloureux et cette culture brute sans être traiter de tribaliste, de ségrégationniste, et tout les noms d’oiseaux, ou sans que votre sécurité ou celle de vos proches ne soit mise en danger.

Et pourtant, Il ne viendrait à l’esprit de personne de considérer que si on critique un cadre sudiste (ressortissant du Sud), du centre, de l’est ou de l’ouest, qu’on est anti-sudiste, etc. Ainsi ils contribuent à véhiculer et pérenniser l’image de tout l’ethnie et non seulement d’un système de gestion d’un quelconque régime. Ces réactions participent également d’une idiotie utilitaire qui apporte de l’eau au moulin à ceux engloutie par l’injustice, submerger dans la haine et aveuglé par la vengeance.

Beaucoup pense à tort de moi être un opposant de Deby, un titre que j’ai jamais porté à cœur. Il y a parmi ces opposants des analphabètes-illettrés et des brillants académiques, des traitres-criminels et des savants-honnêtes. On y trouve de tous les espaces dans le même moulin d’opposition pour l’opposition. Pas besoin d’être opposant pour dénoncer les dérives d’un pouvoir cynique. C’est un devoir spirituel et humain. Un droit civique. Je suis un Étudiant, un blogueur, un activiste, avec la passion du savoir, qui exprime ses idées sans tabous, ni complexes, qui n’aime surtout pas la censure lorsqu’il s’agit des idées. Je pense qu’au temps du numérique, chaque étudiant doit tenir son propre blog, c’est ainsi qu’on découvre le monde en découvrant soi-même. De passage je salue le réseau Mondoblog, la plateforme des blogueurs francophones de RFI pour cette expérience inédite.

Donc, est-il encore possible de parler ou critiquer certains comportements adoptés par certaines personnes appartenant à certaines communautés ethniques ou religieuses sans se faire traiter de ségrégationniste, divisionniste etc… ? Si on peut critiquer les gros, pourquoi devrait-on épargner les nains ? Si on peut dénoncer les dérives du régime, pourquoi ne pourrait-on pas en faire autant de ceux d’opposants? Si on peut critiquer un inconnu, et pourquoi pas un parent, un ami ou un proche ? Si on peut critiquer les femmes, et pourquoi pas les hommes ? Si on se moque des sudistes, pourquoi pas des nordistes ? Existe-il des personnes supérieurs à d’autres ? Comment peut-on instauré l’égalité et la justice par le communautarisme? Peut-on critiqué certaines personnes et éviter de critiquer d’autres ? Et au nom de quoi peut-on le faire avec ceux-ci, mais pas avec ceux-là ?

Je réaffirme encore, je suis un fervent défenseur de la liberté d’expression et un farouche partisan de la démocratie dont elle est l’émanation; et je suis pour que cette démocratie écrase tous et celles qui oseraient se dresser contre elle. Quand on critique les autres, ça passe, et parfois même vous rigolez, mais quand c’est votre tour, vous pleurnichez, et sais-je encore? Personne ne vaut pas mieux que les autres, personne n’est intouchable. Si je dois rien dire pour vous nuire, je vais rien taire pour vous plaire.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste, Mondoblogueur et analyste indépendant