Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Tchad: Après le massacre des élèves par la police, le directeur de la police est promu  »général de corps d’armée »

Quatre jours après la fermeture des écoles et des universités de N’Djamena par le gouvernement à la suite des violences qui on entrainé de tension entre les élèves, les étudiants et les enseignants d’un côté et les autorités nationales de l’autre, la tension reste encore vive.

Le 9 mars, le gouvernement tchadien a annoncé la fermeture des établissements scolaires et universitaires de N’Djaména pour une durée indéterminée à compter du 10 mars.

Le ministre tchadien de l’Administration du territoire et de la Sécurité publique, Abdérahim Birémé Hamid, justifiait cette décision par les perturbations qui ont mis pendant toute une semaine les élèves et les étudiants de la capitale « en danger permanent ».

La veille, des manifestations de lycéens avaient tourné au drame avec un étudiant tué dans la confusion à la Faculté de Droit de l’Université de N’Djaména, et l’arrestation de 200 personnes.

Mais la fermeture des établissements scolaires, du primaire au supérieur n’a pas fait retomber le climat électrique qui règne dans les milieux des enseignants et des étudiants.

Le Syndicat des enseignants et chercheurs du supérieur (SYNECS), très remonté contre la violation des enceintes de l’Université et la molestation de plusieurs enseignants-chercheurs dans leurs bureaux par les forces de l’ordre, a décidé d’observer une grève illimitée à compter de la date de la fermeture des établissements.

Le Syndicat des enseignants du Tchad (SET, dans le secteur de l’ éducation primaire et secondaire), menace de son côté d’aller en grève si le gouvernement ne donne pas suite à un certain nombre de revendications: la libération des élèves et étudiants incarcérés, la suspension momentanée de l’arrêté exigeant le port des casques,le retrait des forces de l’ordre des locaux et proximité des établissements scolaires et le départ du ministre de l’ Administration du territoire et de la Sécurité publique.

Depuis plusieurs jours, les élèves exigent, à travers des SMS et sur les réseaux sociaux, que « des têtes tombent ». Parmi leurs cibles, il y a également le directeur général de la Police nationale, Erda Tahir.

Ce dernier, général de division, a été élevé au rang et appellation de « général de corps d’armée », selon un décret présidentiel publié vendredi à la suite d’une vidéo publier sur le net montrant des policiers entraines de torturer des élèves.

Cette promotion de l’ancien chef de la garde présidentielle irrite davantage l’opinion nationale, déjà choquée par les propos du ministre de l’Administration du territoire de la Sécurité publique qui, sur les antennes de la radio publique, avait salué les forces de sécurité comme « des agents biens formés et dévoués dans leur service ».

Selon M. Birémé Hamid, c’est grâce à ce dévouement qu’il y a eu « seulement un mort » dans les violences contre le port obligatoire du casque.

Au cours d’une réunion, tenue vendredi dans ses bureaux, le Premier ministre tchadien Kalzeubé Payimi Deubet est resté intransigeant. Aux membres de son gouvernement, les représentants des syndicats, des commerçants, des élèves et les maires des communes, il a réaffirmé que le port du casque est obligatoire et les dérapages seront sanctionnés conformément à la loi.

Xinhua – Jeunes Tchad


Tchad : une vidéo montre des policiers qui torturent des élèves

Une vidéo de 2 minutes et 12 secondes publiée sur la page Facebook de Jeunes Tchad montrant des policiers tchadiens en train de torturer et d’humilier des élèves crée l’émoi sur les réseaux sociaux.

La vidéo publiée le 13 mars 2015 a été jusqu’ici visionnée plus de 34 370 fois et partagée par plus de 1 621 internautes.

Très vite dans la soirée d’hier, le ministre de l’Intérieur tchadien a saisi le procureur de la République et le directeur de la police judiciaire pour enquêter sur cette vidéo. D’autre part, le syndicat des enseignants appelle à la démission du ministre de la Sécurité publique et demande la libération des élèves arrêtés.

Sur Facebook, les internautes révoltés affichent leur soutien aux élèves. Certains se demandent quelle est la différence entre l’attitude des ces policiers et des terroristes de Boko Haram?

Cette vidéo disponible sur ma chaîne Youtube montre des élèves sur les genoux avant de se rouler dans le sable, sous les injonctions des policiers. Une dizaine des policiers du GMIP (Groupe mobile d’intervention de la police)  les battent à chaque rotation, avec des fouets et des bâtons. On entend clairement les humiliations infligées aux  élèves, « Ouvrez les oreilles », crie par exemple un policier. Les jeunes prisonniers tirent sur leurs lobes d’oreilles frénétiquement. « Répétez, je ne manifesterai plus », leur lancent-ils.
L’un des plus jeunes fond en larmes. Si certains des policiers semblent dire à leurs comparses d’arrêter, le manège reprend pourtant de plus belle. Ramper, rouler, toujours sous les coups de fouet.

A l’origine de ces arrestations; une manifestation des élèves et étudiants dans la capitale tchadienne contre le port de casque. Cette contestation est aussi le résultat d’un ras-le-bol général face aux injustices sociales et inégalités dans la société.

Des élèves affirment qu’il y a des cas de lycéennes arrêtées et violées par la police avant d’être libérées.

La répression des forces de l’ordre tchadiennes a coûté la vie à trois personnes, dont un étudiant.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique


VIDÉO- Scène surréaliste des policiers qui torturent des élèves au Tchad

A la suite d’une manifestation pacifique des élèves et étudiants à N’djamena contre le port de casque, la police a violemment réprimée les élèves faisant état de 3 morts lundi 09 mars 2015.

Dans cette vidéo de torture, plus complète. Durée: 2 mn:12 s. On entend et voit clairement les policiers torturés à coup de chicotes et exiger aux étudiants de s’enduire le visage et la tête de terre.

 

 


Urgent: chassé par Abuja, ils décident de rentrer au Tchad

A 18h heur de N’Djamena, une première colonne de l’armée tchadienne envoyer au Nigeria dans la guerre contre Boko Haram est rentrée dans la capitale tchadienne.

Une partie des troupes tchadiennes auraient décidé de rentrer au bercail avec tout leur l’armement après qu’Abuja leur a demandé de quitter le territoire Nigérian selon un haut officié de l’armée tchadienne.

A l’heur ou nous mettons cet article, le chef d’Etat major de la présidence tchadienne à la tête d’une délégation se trouve actuellement à la rencontre des militaires très remonté qui disent ne pas comprendre ce qui se passe.

Suite à la demande d’Abuja, il s’agit des soldats qui ont libéré la ville carrefour de Dikwa il y a bientôt dix jours. Ils s’étaient déjà repliés sur Gambaru vendredi, mais ils ont traversé la frontière et se trouvent désormais au Cameroun.

Contactés par RFI, certains soldats tchadiens font part de leur frustration. Mais le carrefour stratégique de Dikwa au Nigeria n’a pas été abandonné pour autant: l’armée nigériane a pris le relais et y a installé des hommes.

Il semble qu’il y a un problème de confiance semble t-il entre les soldats des deux pays, les tchadiens estiment que leurs homologues nigérians sont peu réactifs, notamment lorsqu’il s’agit de prendre le relais et d’occuper des localités reprises à Boko Haram par les soldats tchadiens selon RFI.

La rédaction


Le Tchad: une île dans un océan de sang ?

Sur les six (6) pays qui entourent le Tchad, tous sont dans un état de guerre pour lesquelles le président tchadien Idriss Deby est en aval ou en amont directement impliqué.

D’abord, à l’Est, au Darfour soudanais, le feu allumé il y a douze (12) ans par la garde présidentielle de Mr Deby continue toujours à bruler. Les centaines de milliers de personnes tués, refugiés et déplacés n’émeuvent aucun des deux présidents complices soudanais et tchadien, moins encore la communauté internationale préoccupée par sa propre survie.

La bataille stratégique et féroce qui se livre en ce temps entre l’Occident et la Russie, motivée par une situation particulièrement difficile et incertaine que traverse leurs économies, a laissée les mains libres aux dictateurs de deux pays, de se livrer à l’incendie des villages entiers, aux assassinats et violes crapuleux, aux massacres injustifiés des femmes des vieux et des élèves, bref une véritable politique de la terre brulée.

En suite, au Nord, on retrouve la Libye avec son cortège de terreur et du terrorisme. Toutes les parties confondues au conflit libyen s’entendent autour de leurs rares points de convergence, entre-autre, contre le président tchadien Idriss Deby. Celui-ci étant considéré comme le principal fournisseur des mercenaires à son ami Mouammar Kadhafi. Récemment encore sur la demande de la France Afrique, il se trouvait déjà à la frontière de la Libye prés à lancer ses troupes contres certaines positions libyennes si ce n’était pas l’intervention énergétique de l’Algérie et de quelques pays arabes.

Au Nord-ouest, le Niger, ce pays qui donne l’impression d’être stable sans problème, couvent plusieurs cellules dormantes, certainement négligées par les différents tenants du pouvoir. Mais depuis la chute brutale du Kadhafi qui faisait des soulèvements en solos des Toubous et parfois des Touaregs un moyen de pression sur les autorités nigériennes, maintenant, c’est au tour d’Idriss Deby de jouer l’apprenti sorcier.

Mais au-delà de cette question récurrente d’une insurrection armée ou d’une rébellion, le Niger risque de se découvrir un visage jusqu’à-là très peu connu. Il s’agit du Salafistes-wahhabite discrètement distillé et entretenu par l’Université islamique crée par l’Organisation de la conférence islamique (OCI) au cours du sommet de Lahore au Pakistan en 1973.

En effet cette université dont son installation au Niger est souhaitée et obtenue par le feu président Hamann Diori est financée par l’OCI. Elle reçoit des professeurs don les C.V. ne sont pas forcement vérifiés par de l’autorité de l’enseignement nigérien.

Il est évident que cette université qui accueille des étudiants de plusieurs nationalités, les plus vulnérables sont ceux qui après leurs formation, transmettent le message religieux en langues locales. Ainsi, tous les germes de l’extrémisme passent sans frémissement compte tenu du faite que ceux qui reçoivent le message n’ont aucune base de comparaison leur permettant de choisir le bon des mauvais grains. Le Nigeria pays voisin souffre du même contexte linguistique.

Parlant d’université, celle appelée I.friqiya (International University of africa) installée à Khartoum au Soudan, contribue substantiellement à fournir d’éléments non moins hérétiques.

Par ailleurs, le phénomène Boko Haram n’est pas seulement un problème Nigérian. Le Tchad est plus ou moins épargné du faite de la langue arabe largement pratiquée dans ce pays, et aussi du fait des pratiques soufis antidotes du salafisme qui sont érigées dans les mœurs et coutumes de la tradition et la culture des majorités des tchadiens.

Au Niger, AREVA, le pétrole en perspectif, Boko Haram, Deby et le diapositif Barkhane ; chacun de ces entités est propice pour que le Niger s’installe à son tour durablement dans le sang.

Puis, à l’Ouest, en 1968, le Nigeria a connu une tentative de sécession de l’Etat de Biafra au sud-est Nigérian. Une tentative qui a fait des centaines de milliers de victimes. Déjà à cette époque, la France soutenait les sécessionnistes. Ses avions qui décollaient du Tchad, fournissaient à la rébellion du Gl. Biafrais OjuKu un soutien accru.

Pour du pétrole, la position géostratégique et ou tout autre calcule néocolonial, fait que la France garde toujours à l’œil de cyclone le géant Nigérian.

Il faut aussi noter que le Nigéria pays anglophone est placé au cœur de dispositif du pré-carré de la francafrique. Ce pays divise l’Afrique centrale de l’Afrique Occidentale. En d’autre terme la zone CEEAC et la zone CEDEAO. Toutes deux zones monétaires françaises.

La nébuleuse secte islamiste Boko Haram est assise sur des fondements divers que la conjoncture qui favorise leurs jonctions et dont chacun tire les ficelles. Hier feu Mahamat Youssouf et aujourd’hui Aboubakar Shekau, tous deux sont moins que des pions on leur faisant croire qu’ils jouent un rôle.

Le Nigeria était déjà une cible de la mouvance wahhabite depuis les années soixante. Les Saoudiens y veuillent jalousement. Ils se sont montrés très généreux avec le défunt Sheikh Aboubakar Goumi. Le décès de celui-ci laissa un grand vide. L’instauration de la Charia en 2000 dans le Zanfara State, suivi de plusieurs Etats du Nord et du Nord Est, à soulever un enthousiasme en Arabie qui a vite déchanté. Puisque ces annonces pompeuses de l’instauration de la Charia ne furent que des boules de neige. Elles ne sont suivies d’aucun effet en réalité. Ce qui ne devait pas rester sans conséquences.

Les américains qui ont vu échouer leur projet d’installer l’Africom au Nord du Nigeria du fait de l’intransigeance justement des militants Salafistes qui ont même obligé le président Georges W. Bush de s’abstenir à venir à Kano et à Maiduguri comme prévu lors de sa visite officielle au Nigeria, il s’est arrêté juste à la capitale Abuja. Et certainement pour la même raison, le président Obama a choisi plutôt de visiter le Ghana et pas le Nigeria, première puissance économique en Afrique.

En effet, les villes du Nord affichaient ostentatoirement leurs soutiens à tous les ennemis des Etas-unis. Les effigies de Ben Laden, de Saddam Hussein et de Kadhafi sont légions dans les maisons comme sur les par-brises des véhicules. Avec la volonté affichée de l’Amérique à effectuer une entrée en force dans le continent africain, il n’y a pas mieux que le Nigéria.
Mais la fierté des magnats Nigérians peut constituer un handicap devant la recherche d’un pétrole moins chère pour remédier au coup trop élevé de celui des monarchies du golf. Un Nigeria plus affaibli répondrait mieux aux sollicitations. Il peut aussi avoir d’autres raisons plus obscures.

Idriss Deby connu pour son insatiabilité s’est vite accroché sur Ali Sheriff, un richissime Nigérian qui fut à l’époque gouverneur de l’Etat de Bornou voisin du Tchad. Le rapport de celui-ci avec BH ne fait aucun mystère. Les deux hommes durent utiliser les dirigeants de la secte pour des différentes sales besognes sans scrupules et en contre partie ils leur facilitaient l’acquisition d’armes et des munitions. Trafique dans lequel beaucoup des proches de Deby se sont impliqués.

Beaucoup de circonstances et d’événement ont confirmé l’implication directe du président Deby dans des opérations louches au profit de BH.

Et si Deby intervient militairement contre BH, ses complices d’hier, il suffit d’analyser la configuration politique, économique, financière et stratégique de l’ensemble de la donne telle qu’elle est, pour s’en convaincre de l’opportunité inouïe qui ne pourra pas échapper à un chasseur d’occasion comme Deby.

Et puis encore, au Sud-ouest, le Cameroun. Ce pays apparemment sans beaucoup de problème subi depuis un moment des assauts sanguinaires qui lui sont imposés par un voisin insaisissable, impénitent qui sème le désordre dans toute la région.

Le Cameroun ne peut pas faire exception. Le voici aux pieds de guerre sur ses frontières Centrafricaine, Nigériane et pourquoi pas Tchadienne puisque les connivences entre Deby et l’opposant nordiste Camerounais Mohammad Allawan n’étaient qu’en sommeille si elles ne sont pas déjà debout. C’est à se demander qui opère au Nord-ouest du Cameroun ? BH ou toute autre chose?

En fin, au Sud, la R.C.A. Ce pays voisin du Tchad est désormais un laboratoire d’expérimentation à ciel ouvert pour Idriss Deby. Evidemment au service de la Françafrique.

De toutes les interventions de l’armée tchadienne, celle qui devait punir l’indiscipliné François Bozizé est sortie des microgrenue d’opérettes que Deby avait l’habitude de mener dans ce pays. Certainement les couvertures indispensables à l’enfouissement de l’ère Bozizé sont largement déroulées. La situation dramatique née de cette agression honteuse et crapuleuse n’a pas fini de donner de suite. Ses conséquences produiront d’effets désastreux certainement inattendus par le lige irréfléchi et moins encore par ses commanditaires.

Bref, cet océan de sang qui entoure le Tchad fait du pays une ile de désolation d’incertitudes, et surtout de deuil et de drame avec les expéditions qui créent chaque jours des îlots des familles privées de leurs unique soutien parce qu’un certain Deby voudrait que ce soit ainsi pour le grand plaisir de ses parrains.

Le Tchad pays enclavé, devait plutôt faire de sorte que tous ses voisins vivent en paix afin d’assurer son propre approvisionnement. Malheureusement la mégalomanie empruntée de son Idole Kadhafi, l’immaturité chronique, et l’ambition immodérée ont fait de Deby un monstre indomptable qui produit pour son peuple, son pays et ses voisins des malheurs et d’autres conséquences don nul ne saurait envisager.

Aboulanwar Mahamat Djarma Khatre
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Mahamat Djarma Khatir (1943), homme politique tchadien également appelé Sheikh Aboulanwar, ancien maire de Fort-Lamy et membre du front de libération nationale du Tchad, s’est engagé par la suite dans la rébellion armée tchadienne dans le but de renverser Idriss Déby. Il a également été enseignant, écrivain et poète.


Tchad: Un Etat informel, régime clanique

Il a fallut 3 années de préparation et d’action pour les Burkinabés avant de faire tomber le dinosaure… combien de temps faut-il pour les Tchadiens? Au vu des derniers événements et rebondissements populaires il y a des interrogations qui s’imposent très naturellement.

Premièrement: Faut-il un soulèvement populaire au Tchad en ce moment avec la montée de l’islamisme dans le monde et surtout dans la sous region?

Deuxiemment: La société civile et les partis politiques Tchadiens sont-ils organisés pour contenir la population?

Troisièmement: Y a t-il une armée capable de défendre nos frontières en cas d’attaque extérieure?

Quatrièmement: Ne risque t-on pas un génocide ethnique, conséquence des 25 années de gouvernance clanique du système qui vacille en ce moment?

Cinquièmement: Les félins et démons des différents groupes rebelles que nous avions connu ne leur offre t-on pas une occasion pour repartir à la conquête du palais Rose?

Sixièmement: Si une guerre civile éclate au Tchad, aurons nous le soutien et l’aide des pays Africains pour résoudre la crise?

Il est donc utile que les différents acteurs politiques et civils réfléchissent à ces questions avant d’encourager et de mener des actions dont on ne sera pas capables de contenir. Il est urgent de faire partir Déby et système mais pas sans réfléchir aux conséquence.

Maina Ibangolo
Activiste politique


Les militaires tchadiens: héros au Nigeria, terroriste au Tchad

Pendant que les médias internationaux, RFI, France24, CNN, Aljazeera et autres chaines chantent la gloire et le succès de l’armée tchadienne dans leur offensives contre les positions des éléments de la nébuleuse secte islamiste Boko Haram au Nigeria, cette même armée, massacre, tue et réprime violemment des paisibles élèves et étudiants au Tchad. Pendant que les militaires sont acclamés comme des héros au Nigeria, ils sont les veritable terroriste au Tchad. Et quelle formidable idée de combattre des terroristes par des terroristes !

Dans la journée d’hier, lundi 09 mars 2015, trois élèves et étudiants ont été abattu à bout portant lors d’une manifestation pacifique par les éléments de la gendarmerie.
A la suite d’un arrêté du ministre de l’intérieur rendant le port obligatoire de casque pour les motocyclistes, des policiers et des gendarmes ont pris position, frottant les mains, dans les principales artères de la capitale N’Djamena, pour contrôler l’application de cette décision du ministère de l’Intérieur.

Aux risques de se faire arrêter, de voir réquisitionner sa moto et payer de pot-de-vain au policier véreux pour se faire libéré, cette décision à provoquer un tollé de mécontentent générale pour la plus part des personnes ayant de l’engin à deux roues. Certains, pensent que c’est une façon de racoler de l’argent à la population déjà asphyxié par l’inflation, la cherté de la vie, l’injustice et la conjoncture galopante.
Les personnes visées par cette décision sont notamment les enseignants, les lycéens, les collégiens, les étudiants, les fonctionnaires moyens, surtout les jeunes et les commerçants. En d’autre terme, tout le monde.

La moto étant le moyen le plus adapté sur des routes à peine praticable et sous une chaleur torride, la moto est relativement à la limite du salaire d’un cadre moyen, cette décision qui était interdite il y à quelque mois pour menace à la sécurité nationale, craignant un attentat des éléments de Boko Haram, vise l’ensemble des tchadiens.

Selon des informations émanant des fonctionnaires du ministère de l’intérieur, alors que l’arrêté est encours d’étude, des commerçants ont fait de la spéculation en retirant les casques motos sur le marché, autres ont commandé et stocké pour ensuite le revendre au prix très élevé après l’annonce fait dans les zondes de la radio nationale . De 8 000 Fcfa, les prix ont flambé à 25 000 fcfa ou parfois plus. Pour certains, il y à sans doute que des commerçants ont été avisé tôt par la prise de cette décision.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase

Selon des étudiants joins par la rédaction, derrière cette décision c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Pour eux, il y a pas de quoi de se soucier de la sécurité des gens mais les gens en ont marre des politiques désavantageuses du gouvernement et des inégalités très visible dans la société. Ils cherchent de quoi exprimer leur désarroi. Les étudiants déclarent trois jours de grèves comptant de ce lundi, tandis que le gouvernement suspend les cours écoles et universités de la capitale jusqu’a nouvel ordre. Alors le gouvernement va-t-il reculé sur ses décisions face à ce bras de fer ou continuera-t-il mordicus dans sa politique au risque d’attiser un soulèvement populaire? Jusqu’à ou les étudiants, élèves et la population iront-ils cette fois-ci dans cette démonstration de force? Ou bien vont-ils se résigner et se soumettre à la volonté du gouvernement comme ça toujours été le cas depuis un quart de siècle? Et qu’en est-il de l’honneur de la mémoire de nos frères, amis ou compatriotes assassinés? ? Le temps nous dira.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, analyse indépendant

 


A qui sert l’Union Africaine?

C’est la question que les africains doivent désormais se poser. A quoi et à qui sert l’Union africaine? Cette organisation soi-disant panafricaine que les présidents africains y tiennent tant, surement pour quelque chose, pour une raison et pas l’importe la quelle.
Née du cendre de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) après que celle-ci a accompli brillamment son échec et franchi le seuil d’incompétence, l’Union Africaine (UA) est venue comme le messie délivré en fin les nègres africains de leur état de servitude, de la pauvreté et leur offrir un petit peu plus de liberté. A la limite, c’est ce que l’on avait espéré, en fin presque.
Treize ans plu-tard, depuis sa création en 2002, cette institution plutôt «dictatoraine» réunit chaque année des chef d’Etats africains pour faire élire un président souvent inconnu aux restes des africains, sauf de ceux victimes de sa répression et ses folies meurtriers: ses concitoyens. Doté d’un Parlement dit panafricain, organe consultatif, un Conseil de paix et de sécurité (CPS), un Conseil économique, social et culturel, une Cour de justice et une Cour des droits de l’homme et des peuples, elle incarne l’incompétence, la médiocrité, la honte et l’échec absolu de tous les institutions internationales suivit évidement de sa sœur jumelle la Ligue arabe.

Les institutions de l’UA n’ont en rien modifié du quotidien des citoyens des 54 pays qui la compose. Elles ne profitent qu’à une poignée de bureaucrates qui sont par ailleurs très accrochées à ces «dinosaures africains» et leurs discours vaniteux que de réalisations tangibles. A Quoi sert le Parlement en revanche? A quoi servent tous ces fonctionnaires de l’UA à Addis Abeba? A quoi servent les députés panafricains qui siègent deux fois par an en Afrique du Sud et bénéficient d’émoluments enviés?  A quoi sert, la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples qui siège à Banjul, capitale de la Gambie dirigée par l’autocrate meurtrier Yahyia Jammeh depuis 1994 et dont le pays est loin d’être un exemple à suivre en matière du respect de droit de l’Homme?

Une institution panafricaine qui réunit chaque année un certain Oumar El-Bechir, président du Soudan qui par force des ses injustices et sa politique ségrégationniste a fini par diviser son pays. Cela pourrait être sa vision du panafricanisme, donc un bon début vers les États Unies d’Afrique. En avant, en Avant…
Ou encore un certain Robert Mogabé, dictateur notoire dont sa population sombre de plus en plus dans le gouffre de la pauvreté et la gabegie du regime, avec une économie en chute libre. Sans oublier le tchadien Idriss Deby, assassin invétéré, habitué de la chirurgie esthétique dont le visage fait toujours peur à sa dulcinée du Chari Hinda. Il y aussi le Pharaon autocrate qui se prend pour le philosophe du siècle, etc.

Lorsque tous ces beaux mondes se regroupent dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, ils nous offrent un spectacle inédit digne d’un zoo tanzanien. Tout les espèces de la savanes, de forets, du déserts et de lacs africains se regroupent et se donnent à fond pour animer la galerie.
Et lorsqu’ils se réunissent pour résoudre une crise en Afrique, c’est justement pour en créer d’autres.

De la somalie au conflits des grands lacs, du Mali à la RCA, de la Libye au Nigeria, sans oublier les conflits interethniques et les maux qui gangrènent les différentes pays, les résultats sont de plus en plus désastreux et cauchemardesques. Devant le camera, ils sont franches: Hakuna matata.

A la dernière nouvelle, le CPS de l’UA, présidé par le chef de l’Etat guinéen, envisage la mise sur pied d’une force de près de 10 000 hommes pour faire face aux groupes djihadistes. Cette force à pour mandat d’empêcher l’expansion des activités de Boko Haram sans entrer dans le territoire nigérian fief des terroristes. Alors je me demande, cette force est-elle censée lutter contre les combattants de Boko Haram armées de Kalachnikov et des chars par télépathie ou seulement et probablement des paroles pour impressionner les journalistes?
Elle sera basée à N’Djamena au Tchad qui abrite déjà le dispositif militaire de la France Barkhane dont le mandat est aussi la lutte contre le terrorisme au Sahel.

L’Union Africaine, ne profite qu’au club des «dinosaures africains» malgré cela, elle n’a pas pu empêcher la chute en disgrâce d’un certain Blaise Comparé ou encore Muammar Gaddafi bien même qu’elle aurait voulue autrement.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique


Afrique: l’Etat république à l’épreuve

Nous nous se rappelons encore des tristes événements des ressortissants tchadiens en Centrafrique lorsque Deby a voulu jouer le héros.
Des milliers des tchadiens ont été déporter dans leur pays d’origine, fuyant la guerre ou chasser par la population locale.
En RCA comme en Libye et pas très longtemps au Soudan, les tchadiens sont considérés persona-non-grata par les populations voisines.
La cause, était les interventions irréfléchies et tout azimutes des troupes tchadiennes mercenaires en Libye, partie prise au Soudan, indiscipline caractérisé en RCA. Mais de toutes ces interventions, aucune n’a eu aussi un tel poids sur la population tchadienne que celle aujourd’hui au Nigeria.

Étant le pays le plus peuplé d’Afrique, l’insurrection des combattants de Boko Haram attribuée à tort d’islamisme, est beaucoup plus animée par la corruption endémique, l’injustice sociale, la pauvreté et une éducation désastreuse, qu’un choix et mode de vie idéologique.
Si les revendications des insurgés de Boko Haram sont similaires aux islamistes, au fond, elles ne sont pas forcement à la mesure où ces revendications proviennent d’un ras-le-bol générale d’une partie de la population abandonnée à sa triste sort.

Contrairement au discours des gouvernements, reprit en boucle par les médias, derrière [Allahou Akbar] en Afrique, il y a un réel besoin de bâtir une société idéale, de justice et d’égalité. Ainsi le slogan islamiste ici se postule comme un moyen et champs de revendication politique et sociale sous la couverture du djihad. Il n’est pas un objectif en soi. Ce dernier, entre dans une politique de regroupement influencée des sociétés musulmanes par  »les luttes des libérations » post-printemps arabe des groupes islamistes dans les sociétés arabo-musulmanes.

Les islamologues conviendront donc que, l’émergence des groupes djihadistes et/ou des islamistes en Afrique et notamment dans la partie subsaharienne est largement différente des idéologies de l’islam fanatique prônées au Moyen Orient et dont l’histoire remonte aux premiers temps de l’islam.
Cette expression des revendications se fait principalement par la violence, comme la lutte armée des rebellions qui est une partie intégrante de l’activité politique en Afrique,  mais les buts et les causes qui incitent au djihad sont divers, variable et complexe.
Elles dépendent surtout de la dimension culturelle et sociale de l’individu. Par exemple: lorsque le jeune français converti à l’islam décide de faire le djihad, il est animé par une quête de soi, à la cherche d’une identité ou le rejet d’une société matérialiste et consommatrice dépourvu de toute spiritualité.
Pour le subsaharien, c’est l’expression d’un sentiment de révolte anti-régime et anti-occident, le fruit de la pauvreté et des injustices ou le produit des échecs, éducatives, culturels et économiques des États.  Par ailleurs pour l’arabe, c’est l’envie de retourner à l’age d’or de la civilisation arabo-musulmane du moyen age.

L’interprétation et l’application de la Charia que clame tous les mouvements djihadistes, cette loi islamique n’est pas universelle. Elle dépend des vécus, des civilisations et des temps. Celle mentionnée et prônée par le salafisme saoudien s’inscrit principalement dans la civilisation arabe, la culture bédouine et la soumission absolu au pouvoir royal.

Donc, il conviendrait ici de noté qu’après l’échec de la lutte armée de faire valoir et promouvoir un programme de reforme globale au citoyen lambda, la culture politique en Afrique voit émerger une nouvelle forme de revendication à caractère sociale se traduisant par l’islamisme ou djihadisme.
Ainsi on peut parler de l’islamisme saoudien (fascisme), de l’islamisme nigérian (socialisme), de l’islamisme taliban (fanatisme), … qui sont des concepts aussi divergents les uns des autres. Le traitement infligé a ces groupes militaires religieux, ne saurait être le même que ceux du Moyen Orient, car chacun va de son interprétation et de son adoption selon sa culture et son environnement sur ce qui est de la Charia.

Il serait une erreur grotesque de penser à résoudre ce phenomene nouveau en Afrique subsaharien par la force. La violence n’engendre que le double. D’autre foyer de ces genres de conflit verront le jour en Afrique du fait des politiques discriminatoires et l’inégalité de partage des ressources même dans les pays minorité musulman. Nous observons des mutations dans les sociétés musulmanes en Afrique pour des raisons différentes que celle qui s’opère en Occident ou dans les pays arabes. Ignoré ces réalités parvient à mettre de l’huile sur le feu dans un problème déjà complexe et délicat.

Le Tchad accueil plus de 20 000 réfugies nigérians ayant fui les combats. S’ajoutant à ceux du Darfour soudanais, de la Libye et de la Centrafrique. Tandis que Boko Haram pèse sur la scène politique au Nigeria notamment le scrutin électoral qui fragilisera sans doute la cohésion nationale quel qu’en soi les résultats. Alors que le Tchad fait face à d’énorme poids sécuritaire et économique à l’approche des élections dont le pays traverse une asphyxie politique et une classe politique qui sombre dans des querelles de clocher.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, passionnée des études islamiques.


Tchad: le MPS, encore 5ans de règne de plus?

Depuis un certain temps les opposants tchadiens, qu’ils soient en exil ou au Tchad, sont déboussolés par le soutien de Paris aux actions et initiatives du président tchadien Idriss Deby. Les blogueurs et activistes hostiles au régime mafieux de N’Djamena sont pantois, voir résignés. En les observants, Idriss Deby a réussi une fois encore à bannir tout espoir d’une alternance politique au sommet de l’État.

Il y a quelque temps, les opposants au régime du Mouvement patriotique du salut espéraient, par la venue des socialistes à l’Élysée, une pression pour déloger un régime longtemps considéré comme le protégé de la France.
Très vite, cet espoir va voler en éclat. Car par la force des choses, l’indésirable Deby devient un allié incontournable de Paris dans la guerre contre les djihadistes dans les montages des Ifoghas au Mali.

Si l’héroïsme et l’exploit des tchadiens au Mali, salué par la communauté internationale, et le soutien de la France, a permis de réhabilité un dictateur notoire, cela ne fut heureusement que de courte durée.

Dans le bourbier centrafricain, le tchadien en se prenant faiseur de rois s’est heurté à une forte résistance de la part du peuple de Centrafrique. Les accusations proférées à l’encontre des troupes tchadiennes, à propos de leur rôles macabres et complices dans le chaos  centrafricain, a très vite entaché la réputation des soldats tchadiens.

Ce n’est un secret pour personne : Si aujourd’hui Deby demeure encore au pouvoir c’est grâce notamment à son armée. Une armée qu’il l’utilise comme bon lui semble, au détriment de son groupe tribal, les Zaghawas, dont je reviendrais dans la seconde partie de cet article.
Après le renvoi des troupes tchadiennes de la Centrafrique, une série d’événements sociaux frappent l’ensemble du territoire: pénuries de carburant, grèves des enseignants, manifestations monstrueuses et simultanées inspirées des événements au Burkina-Faso qui ont conduit  à la chute du régime de Blaise-Comparé, etc.

Certains politiques parmi les moins scrupuleux n’ont pas raté l’occasion. Une pluie de communiqués des mouvements politiques en exil s’abattent sur la toile. Certains enfouis dans la poubelle de l’histoire de la guerre du Darfour soudanais, réduits au silence, voyaient l’occasion de se faire une place. D’autres encore attendent la moindre opportunité pour rediriger en leur faveur toute action citoyenne.

Par peur ou par manque de stratégie, les partis politiques au Tchad, bien qu’elles regroupent parfois des intellectuels et des cadres, n’ont réussis jusqu’à-la qu’à faire valoir leur sens de l’humour de mauvais goût et prouver au peuple et à l’histoire leur lâcheté chronique.
La dimension géostratégique à laquelle le président tchadien peine à s’imposer dans la région à largement dépasser  le niveau de débat des opposants au régime du MPS, embourbés dans leurs refrains des années 90. Au passage, il y à de quoi applaudir la performance humoristique d’un certain Mahamat Nour Abdelkarim  dans une interview vidéo passée presque inaperçue, accordée à un blog.

Si aujourd’hui la classe politique tchadienne est incapable de faire valoir un projet et un programme politique en dehors des salles de conférence et au delà du tract, cela est dû notamment à une absence de stratégie à moyen et long terme. Ce manque d’une vision qui s’inscrit dans le temps long remet en cause non seulement l’engagement, mais aussi et surtout l’honnêteté des acteurs politiques dans une société dépravée dans ses mœurs, détournée de ses valeurs culturelles et ancestrales, étriquée par un choc identitaire.

Il serait naïf de penser à une alternance sans une lecture approfondie des événements dans la région et prendre en compte la dimension ethnique des liens socio-politiques qui sont les véritables piliers du régime.

La situation politique à l’intérieur du Tchad n’est pas sans liens avec les événements au Soudan, principalement au Darfour. Le groupe tribal de Deby repartie entre le Tchad et le Soudan est dans une posture de survie. Une impasse à moyen et long terme. Décrié par la société soudanaise en général et les tribus au Darfour en particulier, ils sont de plus en plus nombreux à émigrer vers le Tchad dans le seul but de piller et de profiter de l’occasion.

Avec l’intervention du Tchad au Nigeria, si Deby réussit à décrocher un nouveau mandant de 5 ans, cela deviendrait sans nul doute les pires années que les tchadiens n’aient jamais connus.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste indépendant, activiste politique