Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Ibni: un film contre l’oubli

Lors de la septième commémoration de la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, une vidéo compilé  d’interventions de responsables de mouvements socio-démocrates qui réclament la vérité. Venus des pays d’Afrique en passant par l’Asie, l’Amérique, l’Amérique latine et l’Europe, Ces personnes indignés par la disparition du Pr Ibni, ont décidé de s’exprimer pour exiger la lumière sur le sort de celui dont le martyr est devenu l’emblème des assassinats politiques au Tchad.


Les tchadiens ont mordu l’hameçon !

Depuis l’intervention du Tchad au Mali, le pays s’est imposé sur la scène internationale. C’est du moins ce que l’on peut dire. Généralement, les pays du tiers-monde ont du mal à faire parler d’eux. A part qu’ils occupent les derniers des classements en matières des développement et des valeurs démocratiques ou les premiers en matières des tous les maux qui gangrènent cette planète: pauvreté, injustice, corruption, épidémie, etc. Il est très rare que l’on parle de bien sur le Tchad. Surtout à l’échelle l’internationale.

Cependant, son intervention au Mali à fait le tour du monde. N’djamena était devenu le Washington de l’Afrique. Il a même volé la vedette aux États-unies dans la guerre contre le terrorisme. Ce que les américains et les membres de l’OTAN n’ont pas pu faire depuis plus de 20 ans en Afghanistan et aujourd’hui en Irak, le Tchad a réalisé en seulement quelque mois au Mali et maintenant peut-être au Nigeria.

Mais derrière cette puissance de façade, les autorités tchadiennes largement acclamées par des soi-disant académiques, universitaires et intellectuels tchadiens derrières des slogans creux et des discours déshonorables, nous prouvent une fois encore de plus que les intelligences ne fonctionnent plus dans ce pays. Que ceux qui se glorifient de leurs parcours et de leurs diplômes, ne sont en revanche que des diplômés avec des attestations d’ignorance.
Du Mali, les militaires tchadiens au service d’Idriss Deby se retrouvent les premiers et presque les seuls au front au Nigeria contre Boko Haram. Comment un pays peut prétendre au statut de puissance régionale lorsqu’il ne possède aucun moyen lui permettant de jouer ce rôle?

L’implication du Tchad dans la crise du Mali a constitué certes un changement majeur vers une rhétorique officielle beaucoup plus volontariste dans le sens de l’affirmation d’un certain leadership et surtout pour consolider le pouvoir de Deby notamment. Fraîchement élu, le Président Hollande avait d’abord considéré le Tchad comme l’un des pays que le déficit en termes de démocratie et de droits de l’Homme ne prédisposait pas à un approfondissement des relations avec la France. Le revirement de l’Hexagone sur le dossier malien, où Paris a requis la contribution du Tchad, a été perçu par N’Djamena comme un acte de légitimation que sa diplomatie a intelligemment utilisé à son avantage.

Mais pourtant, le Tchad apparaît en bien mauvaise position pour ce qui est des ressources matérielles et idéationnelles et peut difficilement revendiquer un statut de leadership dans cette catégorie en Afrique centrale. Malgré la manne pétrolière, le Tchad reste l’un des pays les plus pauvres de la région incapable d’organiser un simple sommet de l’UA. Son PIB (12,88 milliards de dollars en 2012), est inférieur à celui des pays les plus importants de la sous-région (Angola, Cameroun, Congo-Brazzaville, Gabon et Guinée équatoriale), et son IDH (0,340) est aussi bien plus modeste que la majorité de ses pairs. En matière économique, le pays reste dépendant des taxes sur les compagnies de la téléphonie mobile et de l’exploitation du pétrole.

La fragilité structurelle est encore plus explicite dans la catégorie des ressources idéationnelles. La politique du regime au pouvoir n’est pas habile d’exporter des valeurs démocratiques et humanistes dans son environnement, a part celle de la honte et de la médiocrité.

Donc, N’Djamena a savamment déployé un réseau et des moyens diplomatiques pour se positionner comme interlocuteur incontournable en Afrique centrale. Après avoir obtenu la nomination d’un Tchadien au poste de Secrétaire général de la CEEAC, le hasard du calendrier a voulu que N’Djamena occupe la présidence de l’organisation au moment où la crise Centrafricaine battait son plein. Pour couronner le tout, le Tchad s’est fait élire en 2014 au Conseil de sécurité des Nations unies mais aussi au Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Seulement, cet usage de la diplomatie ne semble pas aller au-delà de l’ambition personnelle de M. Deby: Rester au pouvoir, rester… rester…

Si le Tchad joue le rôle du gendarme de l’Afrique, le statut de puissance régionale du Tchad ne l’est pas forcement, parce que la seule capacité de projection militaire ne suffit pas à accéder au statut de puissance régionale légitime et responsable. Récemment encore, le Tchad était considéré – au même titre que la RCA –comme l’enfant malade d’Afrique centrale. Même si le pays a su se stabiliser au point d’imposer sa tutelle à la RCA au cours des dix dernières années, cette stabilité ne repose pas sur des fondements suffisamment solides pour faire du pays un modèle que d’autres pays voudraient suivre.

Alors, même si le Tchad ou plutôt Deby se veut être coûte que coûte un acteur incontournable dans la région de l’Afrique centrale, son statut de leader n’est pas avéré dans la mesure où il ne repose en grande partie que sur sa capacité de projection militaire et le volontarisme personnel de M. Déby tiraillé à la fois entre une certaine volonté de puissance et les contradictions internes d’une société rongé par l’injustice et en proie à de nombreuses fragilités structurelles.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, analyste indépendant


Deby, à la croisée des chemins

Dans quelle aventure se lance le Tchad? Le rapprochement entre d’une part l’Arabie saoudite, les Émirats arabes Unies et d’autre part le Qatar, la Turquie et  les frères musulman en Égypte depuis la mort du roi Abdallah est une bonne-mauvaise nouvelle. Son successeur Salmane ben Abdelaziz al-Saoud au trône en Arabie Saoudite, qui dans le contexte politique saoudien serait un traditionaliste, mais moins lié aux religieux ultraconservateurs (courant Salafiste wahhabite) mais plutôt au courant du salafisme des frères musulmans. On peut dire ainsi que les politico-religieux islamistes se sont de nouveau réconcilier sans doute au besoin de la cause pour faire face à la monté de l’Etat islamique, qui représente une menace sérieuse aux régimes islamistes et aux monarchies dans la région.

Si ce rapprochement peut en fin apporter un semblant de stabilité et renouer les liens entres les éternels frères-ennemis arabo-musulmans au Moyen Orient, cela causerait de sérieux problème dans d’autre continent. Malheureusement, force est de constater que la guerre entre les islamistes, ne profite pas seulement à l’occident (le pétrole) mais aussi à l’Afrique (elle affaiblie la force de frappe des djihadistes).

Car si les troupes internationales ont parvenu à chasser les djihadistes du nord Mali, c’est certainement à cause des différences majeurs dans la conception de l’islam politique au sein de leurs sponsor. L’Arabie saoudite et les émirats arabes unies reprochent depuis longtemps au Qatar son tropisme envers la version évoluée de Youssef al-Qardaoui le concept de la confrérie des frères musulmans du théologien fondateur Hassan Al-banna. Une version qui remet en cause le système monarchique selon des termes islamiques contrairement à la version wahhabite du théologien Mahamat ben Abdelwahhab, qui lui aussi évolua la version d’Ibni Tayymia. Une version que les pouvoirs monarchiques reprochaient au Qatar l’obsession à vouloir absolument les installer au pouvoir dans le monde arabe. Et pourtant l’idéologie des frères musulmans ainsi que du wahhabisme s’inspirent d’une même source, le courant salafisme. Une version améliorée de l’école hanbalite.

Si les islamistes notamment les soudanais ( intermédiaires islamistes en Afrique) n’ont encore pas réagit à l’activisme d’Idriss Deby dans le continent contre leurs «frères» notamment au Mali et aujourd’hui au Nigeria, c’est pour une bonne cause qui est en partie résolue.

De nombreux Etats voient d’un mauvais œil l’activisme du Tchad à commencer par le Qatar, qui n’a pas manquer à faire savoir à l’époque. Les menaces proférés de reprise d’une rébellion par Timan  Erdimi en 2013 alors qu’il était en exile à Doha, ne tardera pas à être concrétiser et le régime soudanais, allié du Qatar ne sera pas innocent non plus.

Depuis la mort du guide libyen, le Tchad de Deby s’est employé à occuper les zones d’influence laissées en friche dans l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) par des États aux capacités bien plus importantes (Angola et Cameroun). Il l’a fait en projetant une certaine puissance militaire en RCA et aussi au Mali dans le cadre de l’opération Serval et des Nations unies et aujourd’hui au Nigeria contre Boko Haram. Aucun autre État de l’espace CEEAC – hormis l’Angola – ne dispose d’une puissance de feu égale à celle de l’armée tchadienne ni de troupes aussi aguerries au combat. Mais cela suffit-il à faire du Tchad une puissance régionale dans un espace où, il est vrai, les rivaux n’abondent pas ? De quels atouts dispose le Tchad pour prétendre à un rôle structurant et intégrateur en Afrique centrale ?

Au Mali, Deby a balayer d’un revers de main ce que les régimes islamistes au Moyen orient ont mis des années pour voir émerger des régimes islamistes dans les sociétés majoritairement musulmane en Afrique.

Étant donné que le but principal de Deby dans tous ces interventions militaires au Mali, en RCA et au Nigeria sont pour préserver son pouvoir et s’imposer envers ses alliés occidentaux comme un pôle de stabilité sur lequel il est plus que jamais nécessaire de s’appuyer, dans une zone rendue in-sécuritaire. Une question existentielle s’impose: Comment Deby peut gérer une rébellion si elle recommence ses hostilités?

Pour les djihadistes, le combat contre Deby et ses troupes est un pactole, un visa qui leur garantira une place au prêt de dieu dans le Paradis après leur mort. Qui sera au secours des tchadiens si les djihadistes de la Libye, du Nigeria, du Darfour et du Mali décident de foncer vers le Tchad?
Les ambitions régionale de M. Deby doivent être mise en revue. Alors pas de quoi se comporter en Chavez du continent. Surtout que quand-on est un président à courte de liquidité, de sagesse et d’intelligence.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique

 

 

 


Par défaut d’une intervention en Libye, on se contente du Nigeria

De Paris à Londres, d’Alger à Riyad, de Brazzaville à Yaoundé, d’Abuja à Khartoum, si le rôle que joue le Tchad ou plutôt Deby en Afrique est soutenu et encouragé par certains, il n’est en revanche pas du gout des beaucoup d’autres.

D’appels à une intervention en Libye, le président tchadien se retrouve en plein guerre au Nigeria face à Boko Haram.
Que se t-il vraiment passé ? Pourquoi ce virement  brusque et soudain? Quels  sont les dessous de l’intervention tchadienne au Nigeria? Quelles seront les conséquences socio-politico-economiques à moyen et longtemps terme? Quelles sont les retombés sur le processus démocratique au Tchad? Quel avenir pour le régime de MPS ? Pourquoi ce silence des islamistes envers le Tchad? Que préparent-ils? Quel Tchad après Deby dans tous ses interventions extérieur? Et les tchadiens dans tout cela? Et si une nouvelle rébellion tchadienne recommençaient ses hostilités au Nord, à l’Est, ou au Sud? Et pourquoi pas à l’Ouest?

De Paris à Londres, d’Alger à Riyad, de Brazzaville à Yaoundé, d’Abuja à Khartoum, si le rôle que joue le Tchad ou plutôt Deby en Afrique est soutenu et encouragé par certains, il n’est en revanche pas du gout des beaucoup d’autres.
Il y a encore peu de temps, le président tchadien appelait à une intervention militaire en Libye, aujourd’hui, il se retrouve presque seul au front face  à Boko Haram et pourtant, ce même président est accusé d’avoir entretenu en armes, munitions et carburant la secte islamiste nigériane.

En dépit de la couverture accorder par la presse française et malienne propulsant Idriss Deby comme un panafricaniste de la dernière heur,  grâce à son rôle de sauveur au Mali, en Centrafrique et maintenant dans la guerre contre Boko Haram, la communauté des présidents africains en générale à part la [France] voient dans la politique de va-en-guerre du président tchadien, comme une entrave à leur souveraineté et un risque potentiel de déstabilisation de leur régime.

En effet, Deby est intervenu au Cameroun malgré lui. L’idée étant venu de Paris après l’échec du mini-sommet sur la paix en Afrique suite à l’enlèvement des filles de Chibok. L’intensité d’agression des éléments de Boko Haram au Cameroun avait obligé le Cameroun d’accepter cet offre sous-couvert des raisons économiques et sécuritaires. Mais cependant, Yaoundé est réticente quant-aux vrais intentions ou mission de son voisin qui ne s’arrête pas à juste assistance militaire.

Après la mise en garde de l’Algérie de la pensée interventionniste militaire de Deby en Libye, Paris notamment la DGSE lui offre un second plan tout fait. De quoi briguer un nouveau mandat en 2016. Selon des confidents, Deby perturber par les élections prochaines et le risque d’un soulèvement populaire contre son régime suite à la dégradation de condition de vie de la population, l’injustice sociale et l’insécurité, il parvient par cette guerre contre Boko Haram, à se redorer une image comme au temps de son intervention au Mali. Ainsi le président tchadien vient de réussir sa négociation d’un dernier mandat selon les termes.

Mais si Paris ou plutôt le rôle dont joue Deby dans la région va lui permettre de briguer un nouveau mandat grâce à des les élections truquées comme d’habitude et une reconnaissance internationale pour se légitimer, rien ne garanti en revanche la survie de son régime. Car, au delà  de la propagande médiatique et la reconnaissance de la communauté internationale des élections dont les résultats sont connus d’avance, les autorités fédérales nigérianes ainsi que l’opposition nigérianes sont furieux de l’intervention tchadienne prématurée dans un conflit purement interne, qui risque de se transformer en une guerre civile et ré-ouvrir les plaies de la guerre de Biafra.

Boko Haram est considéré comme une branche de l’Etat Islamique avec des moyens et des connexions partout dans le monde. L’intervention tchadienne au Mali, puis maintenant contre les islamistes de Boko Haram, détruit des années de travail colossale des mouvements, gouvernement ou confréries des islamistes politiques ou djihadistes et qui n’ira surement pas inaperçu et sans réponse. Les nouvelles provenant de la Libye ne sont guère rassurante pour le régime. Sans oublier le Darfour soudanais qui risque de voir naitre une branche d’Al-Qaïda ou de l’Etat islamique.

Certains indiscrétions laissent filtrés des informations soi-disant une exile dorée du président tchadien en Afrique du Sud. Mais selon toute vraisemblance, l’âme qui habite ce corps est démuni de toute sagesse politique.

Le Tchad n’est pas une puissance régionale, en mesure de convertir sa stratégie de projection régionale de la puissance militaire, en une logique de résolution des conflits. Ses interventions ne sont juste que pour satisfaire l’ambition de l’institution unique en la personne de Deby.

Le réveil sera troublant et tout ne fait que commencer.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste politique


Et si devrait-on soutenir Boko Haram?

La secte islamiste Boko Haram qui ne cesse de défrayer la chronique et faire la Une de l’actualité africaine, n’est en revanche pas si différente de ceux qui aujourd’hui se précipitent et prennent l’avant pour se redorer une image à l’internationale à tout prix.

En marge du sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba en Éthiopie ce weekend, les chef d’Etats membre se sont fait le luxe de s’engager une fois encore de plus (depuis l’événement du Mali) dans la [prestigieuse] lutte contre le terrorisme.
Si les politiques occidentales ont depuis l’événement du 11 septembre 2001 su utiliser la terreur comme moyen de pression ou de contrôle d’une opinion sceptique, défavorable ou incrédule, il s’avère qu’en Afrique, la donne est tout à fait autre.

Comment des armées (milice), majoritairement conçues pour préserver et protéger des régimes politiques illégitimes contre leurs peuples, peuvent-elles défendre ces peuples contre l’agression d’une secte qui se prévaut de la même moralité que les régimes en place? Crie un opposant tchadien en exile.

Comment des Etats où la corruption d’Etat, la gabegie et l’obscurantisme prospère depuis de longues années, des Etats qui ont régulièrement et impunément tué des centaines, voire des milliers de leurs propres concitoyens, des Etats qui ont abandonné des pans entiers de leurs territoires aux pillards et injustices peuvent-ils avoir la confiance des populations quand ils s’engagent dans la lutte contre le terrorisme? Se demande un immigré en Europe?

Lorsque les moyens exceptionnels des armées d’une république sont mis au service de la sécurité exclusive du régime et du Chef de l’Etat, comment croire que ces forces exceptionnellement consacrées à la répression des oppositions civiles soient en mesure de faire face à une adversité proprement militaire? S’interroge un prisonnier politique tchadien.

N’est-ce pas, à titre d’exemple, ce qui explique que l’armée tchadienne, que les populations camerounaises ne connaissent pas, soit applaudie et accueillie chaleureusement  par des Camerounais alors que l’armée camerounaise est regardée avec tiédeur et méfiance par les mêmes? On peut faire l’hypothèse que dans certaines parties du Tchad, des militaires camerounais seraient, de même, mieux accueillis que des militaires tchadiens. Comme on peut aussi faire l’hypothèse que des militaires tchadiens seront mieux accueillis au nord-est du Nigéria que des militaires nigérians. Et ainsi de suite. S’interpelle une victime.

Comment des chefs d’Etats africains se font applaudis par l’ONU dans la guerre contre le terrorisme religieux et condamne l’activisme des islamistes terroristes? Se pose un djihadiste.

L’obscurantisme politique ne saurait vaincre l’obscurantisme religieux. On va de Charybde en Scylla.  Quelle différence entre le terrorisme d’Etat et le terrorisme religieux?

Si l’ignorance ancré et l’inculture aggravé des tchadiens; leur font suivre aveuglement la politique à vue d’un président en manque d’exclusivité et de repère est loin d’avoir définitivement rassemblé tous les Tchadiens autour des actions militaires de Déby notamment  entre le Nord et le Sud.

La lutte contre le terrorisme requiert pourtant un Etat bien intégré, une intimité morale entre les forces de défense et les populations civiles, des services de renseignement modernes et efficaces dédiés à la sécurité de l’Etat et non à la répression des opposants politiques légitimes, des moyens matériels et financiers appropriés, un cadre législatif et judiciaire exempt de toute manipulation politicienne.

Le nègre ne comprend pas. Et quand il aurait réalisé, c’est trop tard…

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, Analyste indépendant


Vidéo de La conférence nationale souveraine du Tchad

La Conférence nationale souveraine (CNS) est une rencontre, qui a eu lieu en 1993 au Tchad dans la capitale N’Djamena, et avait réuni les délégués représentant toutes les couches de la population et de toutes les régions du Tchad. De ces délégués, on a noté la présence des représentants des partis politiques enregistrés, de la société civile, des politico-militaires, des groupes professionnels et de l’armée.
Un reportage inédit de l’histoire du Tchad

https://youtu.be/iXAx9cSDDuo

Vingt-quatre ans après, les dégâts sont là : un parti unique à peine déguisé, une présidence à vie, une succession dynastique programmée, une armée de milices, un hold-up familial sur les finances de l’Etat, des rébellions à répétition, une cassure Nord-Sud qui est une véritable bombe à retardement, le Darfour à feu et à sang, un fossé jamais vu entre une les très très riches et la masse, un sentiment d’humiliation et de frustration généralisé et, last but not least, une jeunesse aspirant au changement mais qui ne se reconnaît dans aucun des « produits » qui circulent sur le « marché politique ».

La rédaction


S’il y a des «Charlie», c’est bien les djihadistes

Les mausolées de Tombouctou (Mali)
Les mausolées de Tombouctou (Mali)

Comment peut-on prétendre « venger le Prophète » alors qu’on ignore absolument tout de lui: de sa vie, de son humilité, de sa sagesse, de son amour, de son humour, de ses enseignements, etc ?
Comment assassiner des paisibles gens pour avoir « insulté le Prophète » alors que l’on ne cesse de trahir sa mémoire à chaque souffle de respiration?
Comment peut-on se réjouir de tuer et de la mort des personnes pour avoir exprimées leurs idées, au nom d’un prophète et de l’autre coté interdire farouchement de célébrer sa naissance?
Comment peut-on détruire des mosquées et par la suite dire  »Allahou Akbar »? (1)
A moins que l’on se venge pour un autre prophète qui s’appelle aussi Mahomet que celui de l’Islam. Mais en revanche, s’il était un envoyé de Dieu, Dieu n’aura pas lui donner encore le même nom que Mahomet.

Il est dommage de constater que les salafistes-islamistes de toutes les tendances de pensée et des mouvements confondus, se postulent au péril de leur vie et celle des autres, sur une idéologie non seulement paradoxale à ce qu’ils réclament, mais semble inspirer de plus profond des ténèbres cruellement snobés.

Force est de reconnaître que les controverses des islamistes totalitaires qui instrumentalisent la religion, justifiant la violence et l’oppression, pour instaurer la peur et servir les intérêts d’Etats ou de mouvements, utilisent la contrainte physique pour détruire des civilisations et assujettir des peuples.

Si on remonte le temps quelques années en arrières, ce mouvement inspiré de la doctrine du wahhabisme développée au XVIIIe siècle par le théologien Abdel Wahhab, rejette toute forme de spiritualité et des valeurs universelles communément reconnues de l’humanité. Cette doctrine littéraliste et rigoriste a été adoptée et soutenue par Mohammed Ibn- Saoud, l’aïeul de l’actuelle famille régnante en Arabie Saoudite et intime alliée des autorités occidentales. Elle est donc devenue une doctrine officielle mondialisée et un instrument idéologique utilisé pour exercer une influence sur le monde musulman et ailleurs. Elle a été fermement combattue au début par les érudits ainsi que par des éminents intellectuels musulmans. Malheureusement, cette doctrine par la force du pétrodollar ne cesse d’ébranler le monde et faire la honte de l’Islam. Elle sert depuis lors de paravent à des groupes violents et délinquants voir moralement instable.

Des nombreux ouvrages historiques contres leur ligne idéologique et qui renvoient à un travail en son for intérieur, à dépasser soi-même, furent frappés de suspicion avant d’être interdits carrément. La plupart de ceux qui sont disponible sont stigmatisés et traités d’innovateurs, s’ils ne sont pas réédités ou taxés d’hérésie.

Je suis ulcéré quand je vois ces musulmans qui se réjouissent des attentats terroristes et actes criminels au nom de l’Islam, contre ceux dont leur crime était de pensée, de réfléchir, de briser les tabous et vivre en paix.

Il faut être assez faible pour répondre à la plume par les armes, dans une guerre des idées dont la liberté de pensée et le respect sont de rigueur.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Passionné des études islamiques, analyste indépendant

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1- les mosquées et les tombeaux de grands saints de Tombouctou (Mali), les mausolées en Libye, en Irak et en Syrie sont tous été détruit par les djihadistes d’autant que la charia interdit la profanation des tombes et que les visites pieuses dans les cimetières et notamment sur les tombeaux des saints font partie intégrante des actes de dévotion dans l’islam traditionnel.



Charlie Hebdo: le salafisme de la France

CabuComment l’assassinat des 17 personnes en France peut provoquer une telle mobilisation mondiale alors que dans d’autres régions du monde, des centaines voir des milliers des paisibles personnes assassinées ne peuvent provoquer la moindre indignation de cette ampleur ?
Pourquoi les jeunes musulmans en France sont-ils séduits par le djihad et la violence alors qu’ils sont nés et ont grandis dans une société qui se veut de la paix et des droits de l’homme?
Pourquoi les musulmans d’occident et spécifiquement de France en particulier se sentent-ils coupable des attentats et actes terroristes en France?
Pourquoi la France est-elle la cible privilégiée des djihadistes, alors qu’elle n’est pas la seule en Europe au front aux coté des Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme ?
Y-a-t-il vraiment des musulmans modérés ?
Comment l’Occident et les régimes totalitaires utilisent le terrorisme pour assujettir les nations et les peuples ?
Peut-on critiquer l’islam sans être traité d’islamophobe? Et quel Islam?

Dresser une analyse de ces phénomènes, qui serait uniquement axés sur les valeurs démocratiques et républicaines, serait aussi absurde que d’aborder la montée du Front national au travers du christianisme. En Syrie, la révolution démocratique de 2011 a conduit à l’émergence de « l’État Islamique », alors que ce que les 20 millions des syriens réclamaient au péril de leur vie était bien autre chose que plus de mosquées et de la charia.

L’attaque terroriste qui à décimée la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo et secoué la France n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’une politique raisonnée, qui a montrée sa cohérence, sa rigueur et son souffle.

Je suis Charlie, je suis musulman

Au premier temps de l’islam, les arabes étaient farouchement opposés au fait que Mohamed issu d’une famille pauvre, ne peut être l’envoyé de Dieu. Durant toute sa vie, le prophète était blasphémé et insulté. Il était sans cesse sujet de moqueries de la part des arabes, et certaines tribus voisines blasphémées Mohamet à son issu par des récits poétiques et souvent des mises en scène abject. Hassan ibn Thabit était le plus célèbre de tous avant de se convertir à l’islam. Cela dérangeait ses compagnons alors qu’il leur disait de ne pas se remontrer et de leur laisser faire.

Des montagnes pakistanaises au Maroc, de la Turquie au Yémen, l’islam aujourd’hui fait objet d’une transformation majeure et profonde la plus dangereuse depuis l’ère de l’empire Omeyyade, qui changea et instrumentalisa la religion pour le pouvoir.

L’Islam, djihadisme et terrorisme

L’islam est une religion complexe, forte de seize siècles d’évolutions et de réflexions, qui a connue de multiples interprétations. Pourtant, il a souvent été instrumentalisé comme un champ d’expressions revendicatrices.
En France, les jeunes Français issus de l’immigration recherchent une identité qu’une situation socioéconomique souvent difficile rend problématique. Ainsi le djihadisme séduit certains qui pousse jusqu’au bout cette quête identitaire en une révolte contre leur environnement. Dans cette perspective, le djihadisme est avant tout une mouvance politique, qui s’abrite derrière des références religieuses pour légitimer des objectifs de nature révolutionnaire, visant à instaurer une société musulmane homogène. Il fédère des gens qui, soit se sentant exclus, soit estimant que les musulmans, partout dans le monde, sont victimes d’injustices, recourent à la violence afin d’inverser le rapport de force entre victimes et bourreaux.

La force de l’islamisme

L’islamisme est à l’islam ce que le sionisme est au judaïsme : une idéologie de conquête du pouvoir et de l’argent au nom de la religion et  au détriment des peuples.
Cette idéologie émergente dans l’histoire contemporaine de l’islam, à vue ses premières jour par la bénédiction de la France et du Royaume-Unis.
Faisons un petit voyage dans l’histoire. En 1914 commence la Première Guerre mondiale. Elle aura un impact décisif sur le succès du sionisme et du wahhabisme. Les Ottomans entrent en guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche, face à la France, au Royaume-Uni, à l’Italie et à la Russie tsariste. Chacune de ces quatre puissances a des visées territoriales sur l’empire islamique ottoman pour le démanteler et s’en partager la dépouille.

En 1916, les accords Sykes-Picot entre la France et le Royaume-Uni divisent l’empire ottoman en cas de victoire, et accordent au Royaume-Uni les zones qu’il convoite. Ainsi, le Moyen Orient se fait dépecer, créant l’Irak aux anglais, la Syrie et le Liban aux français et l’Arabie saoudite à la dynastie Saoud, salafiste-Wahhabite au titre des arabes.

Dès lors le salafisme, qui se base sur une vision étriquée de l’islam et une interprétation encarcannée qui nourrit un fantasme contraire aux valeurs de l’islam, émerge comme étant la seule référence légitime de la religion d’Allah, et à ce titre ne ménage aucun effort à la suite du premier choc pétrolier de 1974. Choc qui déversa sur l’Arabie saoudite la manne pétrolière dont une partie sera méthodiquement utilisée en faveur de la propagation de la foi wahhabite de par le monde: rééditant les livres et manuscrits de l’islam en accord avec leur convictions, former les imams pour la prêche, construire des universités islamiques, créer des organisations humanitaires, etc.

Ainsi, l’occident, qui au début se réjouit des moudjahidines dans la guerre contre l’union soviétique, se retrouvent très vite en guerre contre une nouvelle génération plus violente et moins contrôlables.

Sortir l’islam de l’islamisme

Le 11 septembre a fait savoir à l’Occident le danger du terrorisme islamiste qui, du Moyen Orient, s’invite dans les sociétés occidentales.
Malheureusement, ce réveil tardif se retrouve au centre des intérêts nationaux, des guerres économiques et du pouvoir.

Face à la Chine communiste, la Russie rigoriste, le salafisme trouve deux horizons de prédilection dans sa rivée expansionniste: l’Afrique païenne et l’Occident démocrate.

De ce fait, une franche partie des musulmans convertis à l’islam depuis près d’un demi-siècle en Afrique et en Occident sont issus d’une idéologie qui glisse vers une uniformisation dévastatrice.

A ce stade, il est impératif pour les musulmans conscients des ces enjeux d’élargir le domaine de  références en puisant dans les corpus philosophique et poétique qui ont été consignés pendant des siècles par le truchement des grandes langues d’islam, surtout l’arabe et le persan. Car nous trouvons à travers les saillies de ces textes les prémices, les annonces, les signes avant-coureurs des leçons libérales qui répondent d’une manière efficiente aux problèmes d’aujourd’hui.
Les salafistes d’Europe, musulmans modéré!

Pour se démarquer de l’extrémisme musulman et ne pas stigmatiser l’ensemble de la communauté musulmane, les politiques et les théologiens ont adoptés un discours voulu être rassurant au centre d’une controverse entre l’islam, la démocratie et la république.
Ainsi donc, dans ce discours habituel maintenant, se trouve le musulman extrémiste et le musulman modéré.

Et pourtant, quand on décolle du mauvais pied, les premières leçons sont très souvent réfractaires. Dans le salafisme il n’existe pas des extrémistes et ni des modérés. Ils sont tous pareils, il y à seulement question d’étapes et de niveau. Telle est la dure réalité qu’on ne veut admettre.

Tout comme, il n’existe ni chiite, ni sunnite dans la religion annoncée de Dieu à Mohamad, les musulmans sont victime d’une grande manipulation sémantique surfant sur une l’ignorance et la confusion d’une part et dans une crise de valeur d’autre part.

Il faut désormais extirper  par une dénonciation courageuse et franche  l’islam politique mise en place par l’ancien occident, et promu par les sunnites et les chiites aux valeurs contraire à l’islam.
Il faut le faire avec la dernière vigueur, réprimer les prêches des imams, les fatwas politisées, les actes terroristes et criminel qui incitent à la haine et à la violence.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Passionné des études islamiques, analyste indépendant


Deby, l’homme de la DGSE comme Habré de la CIA

L’histoire se répète. En visite au Tchad, le ministre de la défense français, Jean-Yves Le Drian, a déclaré ce mercredi 31 décembre, à N’Djamena, qu’il « ne faut pas accepter » le développement d’un « sanctuaire terroriste » en Libye. Encore le même scenario.

Ministre de Defense français Le Drian et Idriss Deby
Ministre de Defense français Le Drian et Idriss Deby

A la fin des années 80, le monde entre dans une nouvelle phase de son histoire politique. La guerre froide prit fin. L’Allemagne est réunifiée. Car à la faveur de la guerre froide, les États africains, qu’ils aient étés du bloc capitaliste ou communiste, adoptèrent des régimes autoritaires méprisant des droits de l’Homme. Avec la chute du mur de Berlin, ces régimes sont contrains de se démocratiser. Et ainsi le vent de la démocratisation souffla sur l’homme fort du Tchad Hissein Habré qui l’emporta au Sénégal.

Habré, l’allié des États-Unis, était un dictateur invétéré, qui dirigea le Tchad d’une main de fer. Il refusa catégoriquement les appels incessantes de la France de se ranger du coté de sa nouvelle politique étrangère. Une politique qui sera marquée plus tard par le célèbre discours de la Baule du président François Mitterrand demandant de démocratiser les régimes de ses anciennes colonies africaines.

La France décide alors d’éjecter précipitamment Habré du pouvoir avec l’aide de la Libye de Kadhafi et du Soudan. La mission est confiée aux services secrets français, la DGSE. Le choix du renseignement français se porte sur Idriss Deby ? Un homme de renseignement et brut.
Mais Deby n’est pas du goût des américains. Toute menace visant Hissein Habré, se traduisant comme une menace à la sécurité nationale des Etats-Unis.

L’indéfectible allié de Washington surnommé par la CIA «le guerrier du désert par excellence» («the quintessential desert warrior») était une pièce maîtresse de l’effort secret de l’administration Reagan pour ébranler l’homme fort de la Libye, Mouammar Kadhafi, devenu une menace de plus en plus importante pour les États-Unis à cause de son soutien au terrorisme international.

De l’autre coté, il était inadmissible pour la France de laisser le Tchad aux américains, qui malgré les échos persistants et de plus en plus alarmants d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées et de conditions inhumaines de détention perpétrées par le régime Habré, la CIA et le bureau Afrique du Département d’Etat américain avaient armé Habré en secret et formé son service de sécurité en échange de l’assurance qu’il pilonnerait sans relâche les troupes libyennes qui occupaient alors le nord du Tchad. Si Habré était renversé, cet effort vieux de près d’une décennie aurait été vain. Se souvient l’ambassadeur des États-Unis à l’époque Richard Bogosian sur Slate.fr.

De ce fait, la France et les Etats-Unis entrèrent dans un rapport de force interposé par leurs services de renseignement. La DGSE soutien Kadhafi qui veut prendre sa revanche sur Habré et demande aux «tourabistes» fraichement installés au pouvoir à Khartoum par l’aide libyen, le recrutement des combattants pour Deby au Darfour soudanais pour le ménager au pouvoir au Tchad d’un coté et la CIA soutenant Habré contre les libyens et les rebelles de Deby de l’autre côté.

Le Tchad contre le pétrole

La première guerre du Golfe va considérablement changer la donne. Les Etats-Unis ne veulent pas multiplier les théâtres d’opération et la France est un membre du conseil de sécurité de l’ONU : un compromis devient indispensable. La France, jusqu’à présent hostile à la guerre du Golfe, s’engage aux côtés des États-Unis dans l’intervention d’une force multinationale à prépondérance américaine.
Washington s’engage de sa part de mettre fin à son opération secrète contre le guide libyen et lâche celui «qu’il méritait d’être sauvé».

La mission de Deby au Tchad

Alors que le Tchad retourne sous l’emprise totale de la France, la mission de Deby était jusqu’à la tenue des élections en 1996. Le temps d’égaliser et de légitimer le pillage et le contrôle de l’économie tchadien.
Soumis à sa volonté et à sa merci, Deby donna le Tchad sur un plateau d’or à la France, l’ancienne impérialiste.

L’objectif de la France derrière la démocratisation de ses anciennes colonies en Afrique était de s’approvisionner en matières premières et en l’énergie après que les américains ait fait main basse sur le pétrole au Moyen Orient. Elle commença par la dévaluation du francs cfa, en organisant des Conférences nationales souveraines et en maintenant ses troupes au cas du besoin.

Si la France a réussi à faire main basse sur l’Afrique Centrale et sur l’Afrique de l’Ouest en réalisant partiellement son plan, elle subira un dur coup de revers en Algérie et plus-tard au Rwanda.

Avide du pouvoir et obsédé par le culte de sa personnalité, Deby qui gouta au plaisir et au charme du pouvoir s’engagea dans une opération de séduction faisant des militaires tchadiens, des milices à la solde de la France.

Depuis lors, les soldats tchadiens sont des mercenaires de la France dans les conflits en Afrique qui visent les intérêts français parfois au delà du cadre sous-régional dont la facture est imputée directement du trésor tchadien. Le cas du Mali, du Zaïre, de la RCA et maintenant en Libye ne sont pas anodin. Si Certaines de ces interventions sont sous le parapluie du conseil de sécurité de l’ONU, d’autres demeures secrètes ou déguisées hors du cadre légale et législatif.

Deby, l’agent de la France est devenu avec le temps encombrant à l’Élysée et des politiques français par son comportement arrogant et sa politique délirante.
Mais pourtant, il demeure l’homme qu’il faut de la Défense française et de la DGSE à toute urgence voulue.

Le retour des américains

L’équilibre sur lequel reposait le monde depuis 50 ans ? et particulièrement en Afrique francophone depuis 25 ans ? est rompue. L’entrée de la Chine en Afrique, les soulèvements populaire au Maghreb, le phénomène du djihad en Afrique, l’émergence d’une jeunesse consciente et l’anarchie contrôlée au Moyen Orient notamment en Irak et en Syrie, autant d’éléments qui obligent la France à revoir sa politique étrangère envers l’Afrique et de s’adapter aux réalités et exigences nouvelles de la marche du monde.

Sa position géostratégique, son armée et sa diversité ethnique et confessionnelle rend au Tchad une importance particulière pour les puissances occidentales et les monarchies du Golfe dans cette guerre du Sahara à plusieurs dimensions et facettes.

La dégradation de la situation socio-économique

Trop occupé par les affaires extérieures qui ne lui concerne pas, et après l’envoi de troupes tchadiennes au Mali, le président tchadien croit qu’en s’affichant sur la scène régionale et internationale, il préservera le pouvoir.
Il oublia alors les mécontentements sociaux, la cherté de la vie, la pression économique, l’insécurité, l’injustice, la dégradation du service de santé, qui à la vitesse où vont les choses provoqueront inévitablement un soulèvement populaire.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste politique