Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Ou va l’éducation nationale au Tchad?

Supprimer le redoublement au Tchad, était-ce vraiment la meilleure réponse à apporter aux écoliers tchadiens ?

Non, je vais pas vous parler encore de l’attentat terroriste qui a eu lieu à N’Djamena. Si vous voulez tout savoir sur ce sujet, vous n’avez que suivre les médias français et leurs analystes. Ces personnes payées très cher pour justement ne pas dire de n’importe quoi.

Pendant que les tchadiens sont préoccupés après l’attentat terroriste qui a frappé la capitale le 15 juin dernier, un ministre se démarque une fois de plus et fait  parler de lui à sa façon. Ce ministre n’a rien à envier à la ministre française Najat Vallaud-Belkacem. Au contraire, elle doit même inspirer ce «génie tchadien» en matière de reforme de l’éducation dont la France souffre tant.

Portrait d’un intellectuel aux apparences trompeuses

Lunette triangulaire, les regardes confiants, plus souvent en costume et cravate, comme un sérieux intellectuel. Mais derrière cette posture d’un académique soigneusement orchestré, se cache un véritable «tonneau vide». L’apparence est trompeuse. Si on doit mesurer ses activités cérébrales, la valeur de son costume vaut plus que sa cervelle et tout ce qu’il y a dedans.

Comment peut-on confier un ministère aussi important comme celui de l’Éducation nationale à un délinquant ? Ce même ministre que je fustigeais à l’époque dans un article sur ce blog, figure parmi les criminels rechercher aux États-Unis. Pire encore, il ne dispose d’aucun bagage intellectuel pour ce poste. Son seul atout ? Être le frère de Hinda Deby, l’épouse du président.

Fini le redoublement au Tchad

Ahmat Khazali Acyl vient de signer un arrêté qui supprime le redoublement de classe à partir de l’année scolaire 2015-2016. Mais ce n’est pas parce qu’on est le petit frère de la première dame et un raté scolaire, que l’on a le droit de bafouer l’avenir de ce pays et de ces élèves. (S’il y a un avenir).

Ainsi à partir de l’année prochaine, le passage en classe supérieure est automatique pour tous les élèves des établissements d’enseignement primaire et collège jusqu’en classe de 3ème. Une décision qui arrive quelques temps après l’approbation par le gouvernement l’admission au Baccalauréat avec une moyenne de 9.25 et même 8.00 au lieu de 10.

La baisse du niveau scolaire au Tchad fait couler beaucoup d’encre et continuera tant que des analphabètes en français autant qu’en arabe continueront de dicter leurs lois. En ce mois du Ramadan, si je devais faire cadeau, j’offrirai un bonnet d’âne au ministre de l’éducation pour la victoire des toto.

Jeunes Tchad


Quelle crédibilité pour l’opposition tchadienne

Lorsqu’on n’écoute les compatriotes et en examinant la situation, on se dit qu´il y a péril en la demeure même si la grande partie consent à dire que tout va bien, tout baigne. Super. On ne peut que souhaiter cela pour son pays.

Lorsqu´on refuse de s´attarder sur les détails mais qu´on observe plutôt la vision d’ensemble et le mode de fonctionnement de ce qui se veut encore une entité tchadienne, on s´égare dans les méandres d´un pouvoir aux abois qui prolonge ses jours car l´opposition en face, lui sert le mandat illimité sur un plateau d´argent. On est dans le pokergame de la politique tchadienne.

Les martelages à consonance diplomatique sont contradictoires des réalités quotidiennes: mauvaise éducation, manque d’eau potable et d’électricité, insécurité, inégalité et injustice sociale, Bazard des biens publics, etc. Alors qu’il y a autant de petites choses qui peuvent rendre la vie agréable mais, ces choses sont encore des luxes pour juste une classe au-dessus des autres « bouts de bois de Dieu ».

Lorsqu’on a plus de 20 ans de carrière politique dans l’opposition, et qu’on n’a pas le courage d’affirmer très fort les besoins de ceux qu´on est sensé représenter, ce que l’on pense en réalité trop bas, lorsqu’on passe l’essentiel de son temps à guetter les occasions pour espéré être convoqué la nuit autour d’une table de whisky à la présidence, comment peut-on se prévaloir de donner des leçons au régime en place?
En se penchant sur la classe politique tchadienne, on se rend compte plus vite qu’aucun du parti au pouvoir et de camp adverse, moins encore la société civile tchadienne ne sont aujourd’hui capable de réaliser le rêve qu’aspire profondément les tchadiens: celui de vivre ensemble comme composante unie d´une nation, au-delà des clivages et des conflits socioculturels.
Pourquoi doit-on choisir entre le cholera ou la peste? Entre l’obsession unique d’un président ou la lâcheté chronique de ses opposants? La classe dirigeante est étiolée. Comment peut-on résoudre une crise lorsque l’on est en parti la source  du problème, et qu’on refuse de le reconnaître?
L’on ne parviendra à focaliser ses combats d´opposant que lorsqu´on peut jouer véritablement la carte d´une réforme et d´une alternance. Il est important de faire la distinction entre les discours fallacieux d’un chef de file de l’opposition et les efforts à long terme permettant de saper la nature d´un pouvoir mafieux et clanique.

S’il est difficile de prouver que M.Kebzabo et ses camarades font la politique du ventre, on est tenté de dire qu’ils ne font pas la politique du cœur non plus.
Comment l’opposition peut gagner des élections face à un régime qui se maintient au pouvoir par les armes et les « pétrocfa »?
Comment l’opposition peut-être sur de parvenir pacifiquement au pouvoir dans un Etat clanique dont l’armée, la sécurité, le renseignement, la police, la gendarmerie, le trésor public et la garde présidentielle sont sous le contrôle d’une seule famille, celui du président?
Face à la théorie de «l’émergence» et de la  «renaissance» du pouvoir, l’opposition sort l’artillerie lourde: «alternance» et «changement». Alors que La grande équation serait qui pourrait discipliner l´armée clanique du Tchad si on arrivait à un changement de pouvoir? C´est bien un autre défi encore trop lourds.

Donc, au lieu d’amuser la galerie, M. Kebzabo peut-il nous dire comment compte-t-il gérer le pays entouré de toutes ces bandes de vipère véreux?
Certains se rappelleront  encore les ralliements spectaculaires en avril 1996, en 2001, 2006, 2011 à la formation du Front Républicain autours d’Idriss Deby. Ces chefs politiques d’opposition au nom desquels ils parlent sont ceux qui, lors du referendum constitutionnel, s’étaient ralliés avec armes, bagages et âme au  »frère » Idriss Deby.
Et pourtant, du Burkina-Faso au Burundi, passant par le Nigeria, l’opposition n’a jamais été aussi dynamique et proche du peuple en étant honnête et sans équivoque aux différentes tentatives du pouvoir.

Alors pourquoi l’opposition tchadienne s’adonne-t-elle à jouer le jeu d’un régime usé, corrompu, autoritaire, face à des citoyens aspirant à la justice, la liberté d’expression et la reconnaissance de leurs droits?
Pour le Tchad, la réalité est complexe, plus complexe en tout cas que ne le dit le chef de fil de l’opposition qui a tendance de privilégier l’aspect régional Sud-ouest de la vie politique citoyenne. Aujourd’hui, il est nécessaire d’élever le niveau du débat concernant le Tchad et proposer des projets et programmes capables de relever les défis: la réforme de l’éducation, la réforme de l’armée, une politique de société, la forme de l’Etat, le redressement de la grande muette et proposer des solutions aux enjeux sécuritaires et géopolitiques que de vociférer aux antennes.
Il y a certes des tchadiens sincèrement engagés dans la vie politique et qui y croient, des élites et nouvelles élites intellectuelles qui se différencient des politiques politiciennes par une position claire, forte et ferme contre les pratiques du pouvoir et refusent d´accorder une légitimité à un pouvoir illégitime.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani et Réndodjo Em-A
Mondoblogueurs


Attentat : les Tchadiens frappés par le terrorisme

Le Tchad vient d’enregistrer son premier attentat terroriste, au coeur de sa capitale N’Djamena, dans la matinée du 15 juin 2015. Les terroristes s’en sont pris à la direction de la Sécurité publique et au commissariat central, ainsi qu’à l’école de police, à travers une série d’attentats kamikazes. Selon les sources officielles, il y aurait 27 morts, dont 4 assaillants, et une centaine de blessés, essentiellement des policiers et des gendarmes.

L’attentat n’est pas encore revendiqué mais les autorités tchadiennes pointent du doigt la secte islamiste Boko Haram. Une accusation partagée par François Hollande.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons que ceux qui ont péri dans cet attentat suicide, ceux qui ont perdu la vie, ne sont autres que des dommages collatéraux dans l’échiquier du pouvoir en place.

Si nous devons mourir, devons-nous nous demander pourquoi et pour qui ? Pourquoi la vie d’une personne, d’un Tchadien, est-elle si insignifiante et ne vaut pas l’intérêt d’une élite véreuse et cruelle ? Maintenant, il est temps qu’on se dise la vérité, aussi déplaisante soit-elle.

D’abord, j’ai été surpris par les réactions des autorités tchadiennes, notamment du service de l’ordre et de la sécurité, dans la gestion de cette crise face à un attentat terroriste. On dirait qu’ils ne servent qu’à torturer les enfants et les étudiants.

L’attentat, qui a eu lieu le matin du 15 juin, nous prouve une fois de plus que les services de police, de renseignement et de sécurité sont consacrés surtout à la répression des opposants et des activistes, plutôt qu’à la sécurité publique et à la préservation des intérêts suprêmes de la Nation.

Lorsque le secrétaire général de la CEEAC, Ahmad Allam-mi, évoque les informations qui circulaient dans la région sur de possibles attaques par Boko Haram, en expliquant qu’ils ne savaient pas exactement où elles allaient avoir lieu. On en déduit automatiquement qu’ils ont été pris par surprise.

En tant que diplomate chevronné, je peux comprendre son ignorance en matière de sécurité, mais de là à dire «  nous avons la preuve qu’ils se préparaient à attaquer N’Djamena, la capitale du Tchad, qui est à la porte du Nigeria, du lac Tchad «  ? On peut féliciter monsieur le diplomate pour cette formidable réflexion, qui a conduit à ce résultat. Grâce à vous et à cette information ultra secrète que vous venez de nous divulguer, on sait maintenant que N’Djamena est la cible de Boko Haram.

Que le Tchad fasse l’objet d’une menace terroriste est un secret de Polichinelle, et il n’aurait pas dû l’être s’il n’y avait pas eu l’intervention irréfléchie d’Idriss Déby au Nigeria. Aujourd’hui, ces jeunes ainsi que tous les autres morts seraient encore parmi nous. Certains seraient encore en train de passer du temps avec leurs enfants, leurs épouses et leurs familles. Et pourtant nombreux sont ceux qui ont mis en garde contre les conséquences d’une telle intervention.

Selon toute vraisemblance, Monsieur Allam-mi et le président qu’il représente a peut-être oublié à quel service il appartient ? Des Nigérians, des Camerounais, des Nigériens, des Tchadiens, d’un clan ou bien de la France?
En réalité, les autorités tchadiennes ne disposaient d’aucune information, pas plus que des suppositions fondées sur des inquiétudes. Il n’y a pas eu un travail d’enquête ni d’information crédible. La preuve est que l’attentat a visé le cœur même du service de renseignement et de la police.
C’est un acte de défiance qui en dit long sur la capacité de nos forces de l’ordre et de sécurité à amorcer, à contourner ou à éviter tout acte terroriste.

Vient ensuite le président français François Hollande. Lui, il n’a visiblement pas appris les  »fausses » informations que N’Djamena lui a chuchoté aux oreilles. Depuis Alger, où il était en visite, il accuse Boko Haram d’être «le responsable» derrière cet acte terroriste. Mais, si chacun va de son analyse et de sa prédiction, ne faudrait-il pas mieux mesurer la portée de nos déclarations ? Ne serait-ce que pour la sensibilité de la situation ?

Visiblement, la France peine à s’imposer dans la lutte contre le terrorisme, contrairement aux « faucons ». Elle n’a ni la bonne stratégie, ni la capacité de faire face à ce phénomène. Car on ne peut pas combattre le terrorisme sans le comprendre. Et les techniques d’approche entre les décisionnaires politiques et les chercheurs et experts en la matière sont vertigineuses.

Désormais, Idriss Déby a carte blanche pour liquider ses farouches adversaires ou restreindre les droits publics, au nom de la lutte contre le terrorisme. Une lutte contre laquelle il peut compter sur la France, l’Union Européenne et, pourquoi pas, les États-Unis.

Enfin, la secte islamiste n’est plus celle que l’on a connue. Depuis son allégeance à l’organisation de l’État islamique en Syrie et en Irak, elle est une branche de Daesh sous le nom de «Province Ouest-africaine de l’organisation de l’Etat islamique». Ce changement de nom, pour les chercheurs en études islamiques, doit être suivie illico de changements, non seulement sur leur mode opératoire mais aussi au niveau idéologique, pour correspondre au mieux à la pensée prônée par l’État islamique. C’est l’organisation terroriste est la plus puissante de tout les temps.
Alors si celle qu’on appelle Boko Haram est amenée à disparaître, cela ne devrait pas être sans leur cousin dans la région et leur frère en Libye.

Malgré l’amateurisme de nos autorités, habituées à la répression du peuple, il serait une erreur monumentale de croire que les assaillants ne sont pas des Tchadiens. Tout soupçon fondé essentiellement sur les ressortissants étrangers ne fera qu’empirer la situation.

La lutte contre le terrorisme ne peut justifier que l’on porte atteinte aux libertés fondamentales. Pour le combattre, il faut donc aussi mobiliser la société civile, les médias et le système éducatif. Elles sont déjà toutes défaillantes sous ce régime.

Alors, comment justifier, face à ces terroristes, la défense des droits de l’homme, des droits civils et politiques, si nous procédons de la même manière qu’eux?

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, analyste indépendant


Tchad: «L’émergence» coûte que coûte

En cette période du XXI è. siècle, l’Afrique semble être en train d’écrire les plus belles pages de son histoire. Contrairement aux décennies précédentes où les cries s’élevaient un peu partout sur le continent, au Libéria et en Erythrée, mais aussi au Tchad, en Centrafrique et au Mozambique etc., témoignant de l’extrême violence des guerres, des épidémies et de la famine qui sévissaient dans ces pays, l’espoir semble renaître, presque miraculeusement, depuis quelques années, à travers ce seul mot qu’on a réussi à introduire sarcastiquement dans le langage politique courant et officiel : émergence.

Faisant son apparition dans les discours politiques africains au début de l’année 2010, au moment même où certains pays du continent célébraient en grande pompe le cinquantenaire de leur accession à la souveraineté internationale, le terme émergence, dans le vocabulaire des hommes politiques africains (et désormais celui de leurs larbins), ne signifie pas, autre chose que « sortir d’un milieu ». En d’autres termes, le concept peut se traduire par cette réelle volonté politique que manifestent les dirigeants africains pour améliorer la visibilité de l’Afrique, et la sortir de sa pauvreté endémique. Seulement dans leurs langages, le terme est fardé d’images toutes aussi hypnotisantes : larges autoroutes bordées d’immeubles ultramodernes, sièges d’entreprises et d’institutions en verre, hôtels de luxe, voitures de dernière génération, agriculture mécanisée, industries, et citoyens propres et surtout bien habillés. Actuellement, la quasi-totalité des pays africains sont en mode émergence et bien sûr, notre pays le Tchad fait partie de cette quasi-totalité. Le problème est que notre processus d’émergence n’est pas encore vraiment dans un processus émergent. Elle est encore à l’étape embryonnaire, c’est-à-dire très bien présente dans les discours, sur des maquettes et dans les publicités diffusées sur les chaines de télévisions nationales et internationales. Problème ? En tout cas, l’essentiel est que le message passe (étant donné que l’émergence est, par excellence, le nouvel opium du peuple).

Évidemment, et comme on le dit souvent, « seuls les imbéciles ne changent pas ». Et le Tchad n’est pas non plus un imbécile, raison pour laquelle lui-aussi a enfin décidé d’émerger après avoir passé tout son temps à subir les affres de la guerre, de la division, de la mauvaise gouvernance, de détournements des fonds publics, de la corruption et la pauvreté ….

D’ailleurs cette politique d’émergence réussi avec brio dans certains pays africains qui se sont inscrits dans ce processus : le Botswana et la Namibie grâce à une excellente gestion des ressources issues de l’exploitation du diamant ; le Ghana, le Kenya et la Tanzanie (pour ne citer que ceux-là) sont également sur la très bonne voie parce qu’ils ont réussi (ou sont en train de réussir) à stabiliser durablement leurs démocraties, à maîtriser leurs économies, à subvenir aux besoins essentiels de leurs populations et surtout à bien gérer leurs ressources. Cependant, beaucoup de pays africains sont à la traine. Certains ont quand même enclenché le processus (Ethiopie, Sénégal, Côte d’Ivoire). D’autres par contre n’ont même pas encore créé des conditions minimales et préalables qui leur permettraient d’amorcer un tel processus. Dans ce dernier lot se trouve en bonne place le Tchad.

En réalité, le Tchad n’est pas très différent de certains pays africains qui se sont lancés dans cette aventure. C’est un pays très vaste et très riche en ressources naturelles mais pauvre et très endetté; c’est un pays d’une population très hétérogène, pauvre mais très belliqueuse ; et c’est enfin un pays mal gouverné mais très ambitieux. Outre son outrecuidance médiatique, la vision « Tchad, pays émergence en 2030 » est renforcée depuis quelques années avec le « cauchemar panafricaniste » qui, me semble-t-il, consisterait à faire de N’djaména la « vitrine de l’Afrique ».

Au Tchad, contrairement aux autres pays du continent qui sont dans la course, les indicateurs ne sont pas au diapason des ambitions affichées, des discours et des publicités qui squattent les programmes des télévisions. Certes les chantiers existent et ils sont immenses (routes, hôpitaux, écoles et lycées, universités, industries, …). Quant au constat, il est clair : le pays change quand même un peu! Si seulement l’émergence peut se résumer à la seule beauté de nos villes !

Cependant, aux antipodes des discours et de ces chantiers, le déficit démocratique au Tchad est un secret de polichinelle. Le règne de la pensée unique, l’ignorance des droits de l’homme et des libertés fondamentales, la corruption institutionnelle et l’hyper-concentration des pouvoirs publics ne sont pas des éléments qui contribueraient à l’émergence.

Comment le Tchad émergera-t-il lorsque la démocratie tchadienne réfutera la contradiction ? Comment le Tchad émergera-t-il lorsque les institutions dites démocratiques sont en réalité à la solde d’un homme ou d’un groupe d’hommes qui en dessinent la structure, définissent les règles de fonctionnement et en dictent des ordres ? Si le parlement est inféodé au pouvoir des armes qui ne dit pas son nom, comment peut-il travailler pour l’intérêt de ce peuple qu’il prétend représenter ? Si la cours constitutionnelle se présente comme une institution satellite du pouvoir, ne peut-elle pas trancher les contentieux constitutionnels que tel qu’on la lui intime l’ordre de le faire ? Si la justice n’est pas indépendante ou qu’elle est manipulée, comment et avec quel pouvoir peut-elle poursuivre les vrais voleurs des fonds publics et les autres vrais coupables ? Et si la décentralisation doit simplement être entendue comme le morcellement du territoire national pour des visées électoralistes, et comme une simple reproduction du pouvoir central, comment les citoyens peuvent-ils participer à l’enracinement de la démocratie et s’approprier le concept du développement participatif ?

Cette litanie d’interrogation laisse clairement entrevoir que, sur la route de l’émergence, on ne devrait inverser les priorités : le processus de développement politique doit prendre le pas sur le processus de développement économique. Autrement, du moment où on parle en terme d’émergence, seules la bonne gouvernance et l’appropriation de la « vision Tchad pays émergent en 2030 » par les populations constituent le terreau sur lequel peut émerger l’émergence. D’ailleurs, dans aucun pays au monde, le processus de développement a été mis en avant sur le processus politique. La politique, c’est-à-dire la stabilité, la fiabilité et l’efficacité du système politique, constitue l’infrastructure indispensable sur laquelle doit se réaliser le développement. Par ailleurs, aucune dictature, aussi féroce soit-elle, n’a réussi à faire un développement durable à cause de la compression et de l’étouffement du peuple.

Outre l’infrastructure politique, la performance économique est le second véritable catalyseur du développement, et donc de l’émergence. Malheureusement, le système économique tchadien est loin de participer à ce jeu. Loin des chiffres de croissance que proposent les institutions de Bretton Wood, la réalité est la suivante : une économie mal régulée et mal contrôlée, hyper-monopolisée et quasiment dépendante du marché extérieur. Le pays transforme à peine ses matières premières. Les quelques rares industries ne produisent pas à la hauteur de la demande des consommateurs parce que, soit leurs productions sont de mauvaise qualité, soit elles produisent en petite quantité. Du coup, le marché intérieur est envahi par des produits manufacturés en provenance du Nigéria, du Cameroun, du Soudan, et depuis quelques années, de la Chine. En plus de cela, le développement de l’économie informelle a déjà pris une dimension vertigineuse. Le pouvoir d’achat des tchadiens est, de surcroit, parmi les plus bas du monde parce que les Tchadiens sont pauvres. Rien d’étonnant dans ce cas, parce que le Tchad même est un pays pauvre et surtout très endetté. D’ailleurs il vient de franchir le seuil de l’initiative des pays pauvres très endettés (IPPTE) il y a de cela un mois environ.

Etant donc pauvre et très endetté, le Tchad, à l’instar de plusieurs autres pays africains, est sous perfusion de l’aide internationale. Ce qui veut dire que, s’il arrivait que la Banque mondiale, le FMI, et les autres principaux partenaires décident de fermer les robinets, l’aide ne coulera plus et le Tchad entrerait dans une crise sans précédent. Ce n’est qu’une hypothèse. Mais de toute évidence, malgré son indépendance vieille de plus de 50 ans, le Tchad est, peut-être, indépendamment dépendante de l’aide internationale. Peut-être, ai-je dit! Par ailleurs, même si l’aide internationale permet au pays de construire des infrastructures, de réaliser certains projets ou même de boucler le budget, il ne faut pas oublier qu’elle est lourde de conséquence : spoliation des ressources nationales (exemple du pétrole de Doba), surendettement, …

Aussi importe-t-il de rappeler ici que l’agriculture et l’élevage sont les maillons essentiels de l’économie tchadienne. Malheureusement, depuis l’exploitation du pétrole en 2003, ces deux secteurs clés de l’économie nationale sont laissés à l’abandon. La production du coton est en chute libre. Moins peuplé et surtout disposant de vastes terres cultivables, le Tchad, à la surprise générale, importe du riz, du sucre, de la farine de blé, des fruits, … pour nourrir sa population. Pour celles qui dans les zones arides et qui ont de la peine à se nourrir, le pays se voit contraint de quémander du maïs auprès de la PAM pour leur venir à la rescousse. Ce qui veut dire que le Tchad ne produit pas assez pour nourrir sa propre population.

Comment peut-on alors construire un pays émergent lorsque le marché intérieur est corrompu par les produits importés, lorsque l’économique est étouffée par le secteur informel, lorsque l’agriculture qui devrait motoriser notre économie est délaissée, lorsque le pays devient un éternel assisté, lorsque le pouvoir d’achat de la population laisse à désirer, et surtout lorsque le pays, malgré son étendu et les moyens dont il dispose, est incapable de nourrir seulement quelques 12 000 000 de bouches?

De même, il ne peut y avoir d’émergence sans un processus d’émergement massif de la population. Autrement dit, il n’y a que les émergents qui font l’émergence. Or le Tchad n’a pas, jusqu’à lors, défini une politique fiable de maîtrise de son potentiel humain. Les jeunes qui représentent plus de la moitié de la population sont presque laissés à l’abandon. Ils dépeuplent les campagnes au profit des villes sous l’effet conjugué de l’exode rural et du refus manifeste des autorités pour la valorisation des campagnes. En villes, ils deviennent, au gré des circonstances, des délinquants et des assassins mettant en péril la sécurité des citadins. En témoignent les vols, viols, braquages, les meurtres, … Pour les jeunes diplômés, le manque d’emploi contraint à l’alcoolisme et à la consommation de la drogue. Tout ceci entraine des frustrations qui provoquent, soit l’immigration, soit la rébellion et donc l’insécurité.

L’administration quant à elle est vétuste parce que les administrateurs sont vétustes. Ne voulant pas aller en retraite, ils bloquent expressément la circulation des dossiers pour empêcher ou retarder une intégration massive des jeunes à la fonction publique. Du coup, l’intégration qui peut être considérée comme un « processus naturel » de renouvellement et de rajeunissement de la « classe administrative », devient finalement un « processus artificiel » dont la réalisation implique le versement des pots-de-vin, le « j’ai-l’honneurisme », et autres types de négociations informelles. Comment le Tchad peut-il donc émerger à l’ombre de la corruption et de l’ « improfessionalisme » administratif, et surtout de l’inexploitation des ses ressources humaines existantes ?

Le dernier élément qui cristallise notre attention est celui de l’injustice et des inégalités sociales entre les Tchadiens d’abord, et ensuite à l’égard des femmes.

Le Tchad est l’un des pays les plus socialement, économiquement et politiquement injustes et inégalitaires au monde. Dans ce lot se trouve l’inéquitable redistribution des richesses nationales, l’impunité dont jouissent les uns parce qu’ils ont des relations avec les autres, la distribution sur des bases ethniques, clientélistes et régionalistes des postes administratives, le favoritisme politique et économique, les investissements dans certaines régions au détriment des autres, les priorités accordées au développement des villes au détriment des campagnes, … Ce constat saute à l’œil nu : dans certaines régions sont implantées des infrastructures gigantesques qui nécessiteraient d’être implantées dans les régions à fort potentialité économique. Les régions qui connaissent d’impressionnants taux de scolarisation ne sont pas aussi dotées suffisamment d’infrastructures éducatives. Le taux de mortalité est toujours plus élevé dans les provinces que dans la capitale parce que les provinces ne disposent pas des hôpitaux modernes et du personnel soignant efficace comme c’est le cas à N’Djaména. Les recrutements se font sur des bases d’appartenance politique, ethnique et régionale. A N’Djaména précisément, le contraste est sans appel: certains quartiers très bien lotis et électrifiés, dans lesquels vivent certaines personnes qui sont, soit acquises à la cause des dirigeants, soit appartiennent aux familles les plus influentes du pays, côtoient d’autres quartiers à peine électrifiés, régulièrement inondés et donc mal lotis.

Les femmes, quant à elles, ne sont pas assez représentées dans les sphères décisionnelles. La parité homme-femme telle qu’adoptée par l’Organisation des Nations Unies à travers les Objectifs du millénaire (précisément les objectifs 1 et 3) est loin de faire l’unanimité au Tchad. Du coup, les femmes sont faiblement représentées à l’Assemblée nationale, au gouvernement et dans les autres instances décisionnelles de l’administration nationale. Or le développement économique, social et politique d’un pays ne peut se faire sans la participation effective de toutes les couches sociales notamment les femmes, dont le poids démographique n’est pas des moindres. On évoque souvent les dispositions traditionnelles ou coutumières et religieuses pour justifier cette place secondaire qu’on attribue à la femme dans ce pays. Dans ce cas, la question qu’on se pose est de savoir si le Tchad est une République moderne, gouverné par des hommes modernes et surtout régit par des lois modernes, ou une sorte d’Etat pré-colonial, dirigé par des monarques traditionnels, gardiens des us et coutumes, et régit par des lois coutumières, traditionnelles et surtout religieuses ? Si le Tchad est une République, ce qui est indubitablement le cas, il va falloir que les règles et lois positives de la République s’appliquent à tous, sans distinction de genre. Par conséquent, permettre aux femmes de réussir au Tchad, là où les hommes ont lamentablement échoué depuis plus de 50 ans ne doit pas faire l’objet de négociations ou de tractations supplémentaires. Procéder autrement sera incompréhensible : comment peut-on émerger en abandonnant, soit expressément, soit par ignorance, une importante frange de la population immergée ?

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Tchad: La société civile tchadienne durcit le ton face à la France

Sous l’égide du Comité de Suivi pour l’Appel à la Paix et à la Réconciliation (C.S.A.P.R) qui est un regroupement de 70 organisations de la Société Civile dont fait partie la C.T.D.D.H, Le chercheur Français Roland Marchal avait produit un rapport intitulé « Petites et Grandes controverses de la politique française et Européenne au Tchad ».

Cette étude, édifiante à plus d’un titre met en évidence l’existence en France des lobbies d’appui au Président Deby au Ministère de la Défense, des Affaires Etrangères (Quais d’Orsay) ainsi qu’à l’Elysée.

«Au lieu de continuer à faire les pieds de grue devant les salons des « conseillers d’Ambassade » et chercher à établir des relations avec des « Barbouzes » et autres agents occultes du système Français, nos acteurs politiques et de la société civile doivent comprendre que le moment est venu de drainer toutes leurs énergies vers leurs bases respectives pour une mobilisation générale en vue d’éventuelles actions citoyennes et légales»

Si pour l’essentiel, ce rapport ne nous apprend rien sur ce que nous ne connaissons déjà, à savoir que le Président Deby à toujours été et restera une fabrication de la France, il nous fait découvrir en revanche les méandres de cette Françafrique nouvelle version, avec en prime les noms des principaux responsables français, acteurs de ce soutien inconditionnel.

Cette option matérialisée par ce soutien nous conforte dans notre conviction que dans la mise en œuvre de sa politique africaine, la France avait toujours fait les mauvais choix et pendant les grandes crises africaines, la singularité et les approximations de certaines de ses décisions, couplées à quelques facteurs endogènes avaient entrainé des conséquences dramatiques dans le continent Africain (Burundi, Rwanda, RCA).

La France une fois de plus est en train de se tromper au Tchad où son soutien aveugle à Idriss Deby conduira à n’en pas douter ce pays vers une catastrophe certaine ; la mal gouvernance avec son corolaire d’injustices flagrantes, de misère programmée et surtout d’interdictions systématiques de manifester est en train d‘occasionner une accumulation de frustrations qui conduira fatalement à une explosion générale ; les dernières manifestations spontanées des élèves et étudiants ou celles relatives à la pénurie de carburant sont des signes avant coureurs des mouvements à venir et qui seront de grande envergure ; Ce scenario, plus que vraisemblable surviendra inévitablement si le gouvernement continue à imposer ce calvaire à ses citoyens.

Quoi qu’il en soit, Cette étude de Roland Marchal qui tombe à point nommé, permettra certainement de balayer les dernières illusions entretenues par certains acteurs de la vie politique et de la société civile tchadienne sur une France soucieuse des valeurs démocratiques et du respect des Droits de l’Homme en Afrique ; nous espérons ardemment qu’ils comprendrons enfin que ce n’est pas en arpentant les couloirs de l’Ambassade de France à Ndjamena ou en multipliant les entrées au Quais d’Orsay, à Matignon ou je ne sais quel autre centre de décision qu’ils infléchirons la position des dirigeants français dans leur soutien aveugle à Idriss Deby.

Les responsables des partis politiques de l’opposition et les leaders des organisations de la société civile Tchadienne doivent se ressaisir et se faire impérativement à l’idée que la solution à nos problèmes ne se trouve pas à Paris, moins encore dans des chancelleries occidentales.

Au lieu de continuer à faire les pieds de grue devant les salons des « conseillers d’Ambassade » et chercher à établir des relations avec des « Barbouzes » et autres agents occultes du système Français, nos acteurs politiques et de la société civile doivent comprendre que le moment est venu de drainer toutes leurs énergies vers leurs bases respectives pour une mobilisation générale en vue d’éventuelles actions citoyennes et légales parce que la solution au mal tchadien se trouve ici au Tchad et pas ailleurs.

Nos camarades de l’opposition politique et de la société civile doivent enfin prendre la mesure de l’importance de ce soutien inconditionnel à Deby et se dire surtout que ce ne sont pas les français mais ce sont les tchadiens qui subissent dans leur chaire les violations quotidiennes de leurs droits fondamentaux, qui vivent une misère programmée destinée à les asservir ; qui continuent à subir pendant plus de 20 ans une mal gouvernance sans pareille en Afrique ; qui voient leurs richesses nationales accaparées par un clan ;qui subissent les injustices les plus flagrantes matérialisées par une gestion ethnique de l’appareil sécuritaire ; qui sont frappés systématiquement par des interdictions de manifester même pacifiquement etc.
Au regard donc de ce qui vient d’être décrit plus haut, il y’a lieu de tirer la conclusion suivante : nous, leaders des Organisations de la société civile et ceux des partis de l’opposition démocratique devons revoir nos stratégies respectives pour amener le peuple à user des droits que lui confère la Constitution en vue d’aboutir à un changement ; c’est la réaction du peuple tchadien qui infléchira la position de la France sur son soutien à Deby ; ce ne sont donc pas les larmes versées devant les responsables du Quais d’Orsay qui le feront.

Mahamat Nour Ahmed Ibedou

Secrétaire Général de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H).
Mail : ibedoum@yahoo.fr ;ibedoum@gmail.com
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Telecharger le rapport de Ronald Marchal: Petites et grandes controverses de la politique française au Tchad


Bedoumra Kordjé: un candidat malheureux pour un Afrique heureux

Après une longue bataille, le poste du président de la Banque africaine de développement est confié au nigérian Akinwumi Adesina, ministre de l’agriculture nigérian du gouvernement sortant.

C’est ce que l’on appelle être dévorer par son utopie. Les anglais disent «cut your coat according to your cloth» Coupe ton manteau en fonction de ton tissu. Idriss Deby et son candidat malheureux  Bedoumra Kordjé ont appris à leurs frais. Le premier est habitué aux échecs et aux durent déceptions. La dernière était la nomination du chef d’Etat major camerounais René Claude Meka, commandant des troupes de la coalition Cameroun-Tchad dans la lutte contre Boko Haram.

Bien même que les autorités tchadiennes n’avaient pas accordé assez de convoitise à ce poste, ce n’était pas le cas au Mali. Difficile d’oublier à la grande surprise de tous, la nomination du général rwandais Jean Bosco Kazura commandant des forces militaires de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) au détriment du tchadien.

Pas nécessaire de rappeler que le Général Deby, le président tchadien est allé jusqu’à risquer son fils (un bambin bombardé général) au Mali pour combattre les djihadistes.
Sachant aussi que les troupes tchadiennes ont été en premier ligne payant ainsi un lourd tribu.
Tous ces éléments réunis, Deby se croyait être le seul candidat légitime à ce poste au Mali en propulsant un parfait inconnu, le général Oumar Bikimo.

Alors qu’il ne fait que cumulé les échecs et les tentatives ratées, il voyait après son intervention au Nigeria et en dépit des efforts titanesques dans sa politique d’influence, le gendarme de l’Afrique, gagner la sympathie de ses paires africains pour siéger à la présidence de la Banque africaine de développement… ou en fin ce qu’il espérait.

Cependant, ce n’est pas Paul Biya, le president camerounais dont les troupes tchadiennes sont actuellement à la rescousse des militaires camerounais contre Boko Haram qui vous dira qu’On ne confie pas à un hyène le cadavre d’une antilope. Le Cameroun a choisi d’apporter son soutien au malien, Birama Sidibé plutôt qu’au Tchad comme prévu lors du sommet de la CEEAC.

Mais franchement, de quels atouts dispose le Tchad pour prétendre à un rôle structurant et intégrateur en Afrique ? L’économie tchadien apparaît en bien mauvaise position et ne peut  revendiquer un exemple en Afrique. A moins de battre le record en matière de corruption, pauvreté et détournement de fond. D’ailleurs le Tchad l’un des pays les plus pauvres et corrompu de la planète malgré plus de dix-ans d’exploitation du pétrole ne range que parmi les derniers pays dans les différents classements onusiens (développement, démocratie, gouvernance, droits de l’homme…). Des «trophé» pas sûr d’être du gout de la plus part des pays africains.

Le candidat malheureux pour un Afrique heureux

Membre du parti au pouvoir, Bedoumra Kordjé, ministre des Finances du Tchad malgré ses   expérience de trente ans au sein de la BAD, depuis 2012 n’a fait que servir Deby et son clan en se laissant croire qu’il sert le Tchad. Le monsieur veut la renaissance et l’émergence dans la pauvreté et la précarité. Une théorie digne des partisans du Mps.

Le ministre tchadien a bon à envier au Nigérian Akinwumi Adesina, ministre de l’Agriculture dans cette élection nette et sans bavure.

Il faut plus d’une capacité de projection militaire – de va-t-en guerre et un volontarisme personnel d’un président aux ambitions démesurés, avec des candidats touts faits, pour revendiquer une place dans la cours des grands.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, mondoblogueur, analyste indépendant


Qui a dit que les palmiers en plastique n’enlaidissaient pas le paysage?

La polémique suscitée sur les réseaux sociaux, le scandale de la mairie de N’Djamena qui dans sa politique d’embellissement de la capitale tchadienne, vitrine de l’Afrique (sans rire) n’a rien trouvé de mieux que de planter des palmiers en plastique sur certaines avenues de la capitale.

Les articles écrits par les Blogueurs Tchadiens consacrés aux palmiers en plastiques les plus inattendus et grâce aux réactions et contributions sur les réseaux sociaux des internautes tchadiens, les autorités tchadiennes souvent incrédules aux cris d’alarme même dans leur dérives machiavéliques ont en fin pour une première fois écouté la voix de la raison.

Les palmiers en plastique ont été remplacé par des palmiers naturels comme vous pouvez voir sur l’image ci-dessus, car il s’embrelait que certains de nos compatriotes du Nord, au lieu de souvent voyager dans leur village natale pour se sentir chez-eux avec le climat et le paysage sahélien et désertique qui fait partie intégrante de leur culture et tradition, ont purement et simplement décidé de faire de la capitale tchadienne, N’Djamena n’ont pas à l’image de l’Afrique mais plutôt à l’image de leur village en pleine désert. Donc au lieu d’aller au village, ils font venir le village.

Si non, comment peut-on comprendre qu’il y à 3 ans, les mêmes autorités ont un bon matin décidé de couper tous les arbres de la capitale sans aucune raison valable. Des dix-zains de milliers des arbres ont été «massacré».
Ces arbres plantés depuis l’indépendance il y a 50 ans, interceptent, absorbent et reflètent la radiation solaire et ainsi réduit l’intensité du rayonnement et la chaleur qui en résulte.

Jamais les N’Djamenois n’ont autant souffert lors de la saison sèche (avril, mai) que depuis que les arbres ont été coupé.

Et pourtant, si les amoureux du désert et son paysage sont habitués à la canicule, ceux qui rêvent faire de N’Djamena à l’image de leur village chaud, poussiéreux au milieu de nul part et avec des palmiers ne manquent pas de nous prouver leur manque de civilisation et leur esprit rétrogradé, en retard des années lumières de notre temps.

Personnellement, je ne serai pas surpris si un jours, pour le besoin de la «Renaissance» un programme cher du régime, y aurait plus des ânes que des véhicules en circulation.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, mondoblogueur

 


Ndjamena : une ville 100 % bio… ou presque

Lors d’une première visite à Paris, la mère du président que le fils vient fraîchement d’installer au pouvoir par les armes, reprochait à son fils de perdre son temps dans la lutte armée pour seulement régner à Ndjamena, une ville chaude et poussiéreuse et le conseilla en revanche de conquérir la France qui en vaut la peine.

Durant 24 ans, le Tchad est devenu un vaste laboratoire de toutes sortes d’expériences scientifiques et de théories économiques, politiques et sociales les plus folles. Des découvertes de savants illetrés, des paysans qui par les armes se retrouvent du village dans un bureau climatisé.

On peut citer parmi ces théories l’objectif affiché du gouvernement d’atteindre le point d‘achèvement de l‘initiative des pays pauvres très endettés. Une annonce joyeusement acclamée par les autorités qui selon les théoriciens économistes de Déby serait la preuve que le pays est dans la bonne voie de la renaissance.

Ainsi et après avoir décrété le Tchad pays émergent et capitale vitrine de l’Afrique, les autorités se sont lancées à un nouveau défi : faire de Ndjamena une ville 100 % bio… ou en fin presque. Et pour se faire, ils n’ont rien trouvé de mieux que de planter des palmiers en plastique sur certaines avenues de la capitale. (voir ces images crédit de tchadinfo).

11329986_855111044583203_287464156291866973_n 11053108_855111034583204_7694982872827953103_n 11012703_855110971249877_8245085630911294799_n Le nord du Tchad est une région désertique, peu peuplée, mais on y trouve des palmiers, des vrais palmiers à moins que ce soit des palmiers en plastique qui forment la forêt mythique que l’on veut préserver pour lutter contre les feux de brousse.

Rédaction de Jeunes Tchad


Le Tchad: les agents de la finance en gréve

Dans un communiquée de presse du 14 mai 2015 dont Jeunes Tchad à reçu une copie, le Syndicat National des Agents des Finances du Tchad félicite ses militants et militantes d’avoir «réagit négativement à la lettre d’engagement du ministres des finances et du budget aux contours assez vague et d’avoir opté pour une gréve de trois jours renouvelable

Selon le Bureau Exécutif du SYNAFT, l’ordre de gréve a été très massivement suivie au niveau des services centraux et déconcentrés, ce qui a conduit à une conférence de presse conjointe de Mme la secrétaire d’Etat aux Finances et aux Budgets assistée du ministre de la fonction publique, du travail et de l’emploi qui insidieusement tentent de faire croire à l’opinion nationale et internationale que les revendications sont malvenues de fait de la «conjoncture très difficile».

A cet effet, le SYNAFT appelle ses militants à la vigilance pour faire échec à ces manœuvres de diversion de la part du gouvernement et rappel que ses démarches ont été entamées depuis le 27 février 2007 et que par des manœuvres dilatoires, les autorités ont refusé de donner suite à la requête pour la simple raison que les agents de Fiances sont les plus gâtés de la République peut-on lire dans le document.

Une assemblée générale devrait être tenu ce samedi 16 mai à la bourse de travail pour décider de la suite de cette contestation. Selon un leader syndicaliste, il n’est d’aucun doute que la gréve sera reconduite.

Le Tchad traverse une crise économique profonde rythmé des grèves, des manifestations et des contestations sociales depuis le début de l’année. Paradoxalement aux arguments avancés du gouvernement, la chute du prix du pétrole, la société civile reproche l’accaparement des richesses de l’Etat par le clan au pouvoir et le détournement massif  des biens publics au profile de la famille du président Deby abandonnant ainsi des pans entières dans la pauvreté.

La rédaction de Jeunes Tchad


Tchad-MPS: l’histoire telle qu’elle n’a pas été, telle qu’elle aurait pu être

La seule chose, à la limite, qui pourrait me faire réfléchir en ce moment, c’est si j’avais des gosses, pour leur avenir… Et encore. Vous imaginez, vous, hop, comme ça, un jour, une brèche, un trou, un passage puis pouf ! Vous n’y êtes plus.

Aimeriez-vous refaire l’histoire? Ou la réécrire? Croyez-vous que l’on peut tromper le peuple ? Que la (révolution) de 1990 a donnénaissance à un État libre et démocratique?
Oui, Idriss Deby est le président du Tchad, il a prononcé en 1990 un discours aujourd’hui légendaire sur la paix, la justice et l’égalité dans un pays meurtri par l’injustice et qui n’a pas manqué de s’atteler à favoriser la cohésion sociale. Le Tchad est la première puissance économique et militaire en Afrique. La guerre de 1979 à durée 30 ans.

Bon allez, vous le savez bien : en réalité, ça ne s’est pas du tout passé comme ça. C’est justement la raison d’être de l’uchronie (utopie dans l’histoire): écrire l’histoire, non telle qu’elle fut, mais telle qu’elle aurait pu être, à ce que l’on croit. Mais en vérité, ce n’est que de pure fantaisie, car les faits s’éloignent on ne peut plus de la triste vérité. L’histoire telle qu’elle ne sera jamais.

Depuis 24 ans et le 12 mai 2015 en particulier, les tchadiens sont sujet d’une véritable tapage médiatique, le drapeau tricolore tchadien est mis en berne pour deux jours. Une tragédie s’est déroulée. Cette fois-ci, elle a frappé fort.
Mahamat Ali Abdallah Nassour, n’est plus. Il est mort. C’est un général de l’armée et un proche d’Idriss Deby, le président tchadien. D’aucuns disent même être le successeur. Mais paradoxalement, étonné de voir que beaucoup des tchadiens n’ont jamais entendu parler de lui. En tout cas pas à son vivant.
Au décès de l’ex-future président, l’Etat ou plutôt le régime clanique est en berne. Car si demain on annonce la mort d’une maitresse de Deby, il ne faut pas s’étonner à voir faire une affaire d’État.

Le défunt a eu des honneurs militaires à la Place de la Nation, suivis d’une grande messe à la mosquée. Un détaille important qu’il faut mentionné, bien qu’il est musulman. L’archevêque métropolitain Matthias N’GARTERI, n-à-t-il pas eu de messe à la tradition musulmane?
En tout cas, espérons que ces messes lui seront assez et utiles pour effacer ses multiples crimes et péchés commis ici-bas.

Pourtant pour nous les vivants, la presse officielle, la machine de propagande du clan, s’est considérablement investie dans un gigantesque Uchronie qu’elle veut nous faire passer pour de vérité. Le défunt nous est présenté comme un libérateur, un grand homme et un exemple à la jeunesse. Mais si l’histoire doit un jour s’en souvenir, il faut bien s’assurer qu’il était l’un des fondateurs et piliers d’un régime mafieux qui à tuer et continue d’assassiner injustement des tchadiens. Il était l’artisan d’un système corrompu que nous seront volontaire à le dénoncer et veiller le mentionné dans l’histoire.

Il me semble aussi qu’un bon nombre de tchadien souffre du syndrome de Stockholm jusqu’à développer une telle empathie envers leurs geôliers. C’est la raison pour la quelle nombreux de nos personnalités politiques morts, nous sont présenté comme des héros puis des idoles alors qu’ils n’étaient que des lâches et des corrompus.

S’il est au nom de la religion soi-disant ne pas se réjouir à la mort d’un bourreau, au nom de quelle religion doit-on tuer injustement les hommes, de voler leurs biens, de violer leur dignité ou de dépraver leurs valeurs?

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, mondoblogueur