S’il y a des «Charlie», c’est bien les djihadistes

Les mausolées de Tombouctou (Mali)

Les mausolées de Tombouctou (Mali)

Comment peut-on prétendre « venger le Prophète » alors qu’on ignore absolument tout de lui: de sa vie, de son humilité, de sa sagesse, de son amour, de son humour, de ses enseignements, etc ?
Comment assassiner des paisibles gens pour avoir « insulté le Prophète » alors que l’on ne cesse de trahir sa mémoire à chaque souffle de respiration?
Comment peut-on se réjouir de tuer et de la mort des personnes pour avoir exprimées leurs idées, au nom d’un prophète et de l’autre coté interdire farouchement de célébrer sa naissance?
Comment peut-on détruire des mosquées et par la suite dire  »Allahou Akbar »? (1)
A moins que l’on se venge pour un autre prophète qui s’appelle aussi Mahomet que celui de l’Islam. Mais en revanche, s’il était un envoyé de Dieu, Dieu n’aura pas lui donner encore le même nom que Mahomet.

Il est dommage de constater que les salafistes-islamistes de toutes les tendances de pensée et des mouvements confondus, se postulent au péril de leur vie et celle des autres, sur une idéologie non seulement paradoxale à ce qu’ils réclament, mais semble inspirer de plus profond des ténèbres cruellement snobés.

Force est de reconnaître que les controverses des islamistes totalitaires qui instrumentalisent la religion, justifiant la violence et l’oppression, pour instaurer la peur et servir les intérêts d’Etats ou de mouvements, utilisent la contrainte physique pour détruire des civilisations et assujettir des peuples.

Si on remonte le temps quelques années en arrières, ce mouvement inspiré de la doctrine du wahhabisme développée au XVIIIe siècle par le théologien Abdel Wahhab, rejette toute forme de spiritualité et des valeurs universelles communément reconnues de l’humanité. Cette doctrine littéraliste et rigoriste a été adoptée et soutenue par Mohammed Ibn- Saoud, l’aïeul de l’actuelle famille régnante en Arabie Saoudite et intime alliée des autorités occidentales. Elle est donc devenue une doctrine officielle mondialisée et un instrument idéologique utilisé pour exercer une influence sur le monde musulman et ailleurs. Elle a été fermement combattue au début par les érudits ainsi que par des éminents intellectuels musulmans. Malheureusement, cette doctrine par la force du pétrodollar ne cesse d’ébranler le monde et faire la honte de l’Islam. Elle sert depuis lors de paravent à des groupes violents et délinquants voir moralement instable.

Des nombreux ouvrages historiques contres leur ligne idéologique et qui renvoient à un travail en son for intérieur, à dépasser soi-même, furent frappés de suspicion avant d’être interdits carrément. La plupart de ceux qui sont disponible sont stigmatisés et traités d’innovateurs, s’ils ne sont pas réédités ou taxés d’hérésie.

Je suis ulcéré quand je vois ces musulmans qui se réjouissent des attentats terroristes et actes criminels au nom de l’Islam, contre ceux dont leur crime était de pensée, de réfléchir, de briser les tabous et vivre en paix.

Il faut être assez faible pour répondre à la plume par les armes, dans une guerre des idées dont la liberté de pensée et le respect sont de rigueur.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Passionné des études islamiques, analyste indépendant

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1- les mosquées et les tombeaux de grands saints de Tombouctou (Mali), les mausolées en Libye, en Irak et en Syrie sont tous été détruit par les djihadistes d’autant que la charia interdit la profanation des tombes et que les visites pieuses dans les cimetières et notamment sur les tombeaux des saints font partie intégrante des actes de dévotion dans l’islam traditionnel.

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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1 Commentaire

  1. Pour se démarquer de l’extrémisme musulman et ne pas stigmatiser l’ensemble de la communauté musulmane, les politiques et les théologiens ont adoptés un discours voulu être rassurant au centre d’une controverse entre l’islam, la démocratie et la république.
    Ainsi donc, dans ce discours habituel maintenant, se trouve le musulman extrémiste et le musulman modéré.

    Et pourtant, quand on décolle du mauvais pied, les premières leçons sont très souvent réfractaires. Dans le salafisme il n’existe pas des extrémistes et ni des modérés. Ils sont tous pareils, il y à seulement question d’étapes et de niveau. Telle est la dure réalité qu’on ne veut admettre.

    Tout comme, il n’existe ni chiite, ni sunnite dans la religion annoncée de Dieu à Mohamad, les musulmans sont victime d’une grande manipulation sémantique surfant sur une l’ignorance et la confusion d’une part et dans une crise de valeur d’autre part.

    Il faut désormais extirper par une dénonciation courageuse et franche l’islam politique mise en place par l’ancien occident, et promu par les sunnites et les chiites aux valeurs contraire à l’islam.
    Il faut le faire avec la dernière vigueur, réprimer les prêches des imams, les fatwas politisées, les actes terroristes et criminel qui incitent à la haine et à la violence. Lire===> http://jeunestchad.mondoblog.org/?p=1038

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