Salay Deby, un cauchemar bien réel

Salay est le frère cadet d’Idriss Deby. Il est connu pour son goût immodéré de l’alcool et aussi et surtout de la violence. De ses bavures à N’Djamena, il dispose d’une cellule dans une de ses résidences à la périphérie de la ville pour incarcérer et torturer ses détracteurs. Il est juge, bourreau et procureur. Mais qui est-il ce personnage mégalomane qui fait le beau et le mauvais temps?

Né en plein brousse de Tibesti dans les années 70, il grandit dans la maison de sa mère dans un quartier poussiéreux prêt de l’aéroport de N’djamena dans les années 80. Entre la maison de la vieille, celle d’IDI et celles de ses grandes sœurs, le benjamin tout droit venu du village est repoussé par les habitants du quartier et certains proches pour son manque d’éducation et son comportement de berger. Pendant que son grand frère massacrait la population du sud sous les ordres du dictateur Hissein Habre (septembre noir), Salay acquiert la réputation d’un enfant dangereux, violent et imprévisible. Un caractère propre à la famille Deby. Après la fuite de son frère suite à un désaccord avec Habre, l’enfant terrible est évacué discrètement au village. Le berger dangereux devient alors un enfant soldat et entre à N’djamena triomphalement avec le MPS, en tant que combattant de la liberté ! Du moins ce qu’il aime raconter.

Après la traversée du désert et comme le veut la coutume, l’enfant solitaire gagne le respect de la famille et la considération de son grand frère qui devient président de la république du Tchad.

Salay n’a jamais été à l’école. C’est un brillant analphabète notoire, autant en français qu’en arabe. Mais sa dangerosité est son lien avec le président. Ce dernier le nomme garde-corps rapproché à la présidence. Il sera alors chargé d’exécuter des basses besognes nocturnes. Après l’exploitation du pétrole en 2003, Salay, comme tous les membres du clan, amorcent  la grande migration vers le secteur pétrolier jugé juteux. Ainsi il sera parachuté coordinateur adjoint à la fiscalité pétrolière.

Au début de la rébellion des Zakhawa notamment celle des frères Erdimi, son grand frère, le muta  coordinateur adjoint de l’ANS, la police politique puis Régent dans la région du Batha. Les habitants de cette région très rattachés aux valeurs et cultures de l’Islam, Salay n’a du respect qu’à la délinquance, la dépravation  et la perversité. Aucune jeune fille ne passe devant lui sans se faire harceler et surtout si elle a la peau claire. Peu importe si elle est mariée ou célibataire, mineur ou adulte, il doit subvenir à son instinct animal par tous les moyens. Il est accusé de plusieurs cas de viols, ce qui a même conduit beaucoup de jeunes de la région à rejoindre la rébellion à l’époque pour tenter de rétablir leur honneur ou de se venger. Il fut aussi directeur de la réserve stratégique, poste qui lui permettra de trafiquer des armes avec des groupes d’insurgés actuel Boko Haram.

En 2008, Salay demanda son grand frère d’occuper la direction générale des douanes du Tchad. Un passage dramatique qui marqua l’histoire de cette direction à jamais. Le 24 octobre 2015 limogé et arrêté pour mauvaise gestion. Selon Jeune Afrique, près de 136 milliards de F CFA (207 millions d’euros) en liquide ont été retrouvés (16 dans ses bureaux, 120 dans ses différentes résidences). Mis aux arrêts au siège de la police judiciaire, à N’Djamena, il a été libéré un mois plus tard avant de prendre quelques jours de repos dans une de ses villa au Caire en Égypte.

Face à une telle impunité et malgré la crise économique et sociale que subissent les Tchadiens et l’insécurité qui fait rage, les organisations de la société civile et les forces vives de la nation doivent exiger et œuvrer  pour traduire en justice Salay Deby. L’esclavage est aboli, à quand la servitude volontaire?

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, mondoblogueur

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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1 Commentaire

  1. Faudrait revoir le parcours de ce mec, qui ni participé à la rébellion, ni même serait né au Tibesti. Histoire et Géographie s’impose içi.

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