Du panarabisme aux portes de l’Enfer

Fuyant les violences dans leur pays, des milliers de Syriens tentent désespérément d’entrer en Europe au péril de leur vie. Plus de 300.000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis janvier 2015 et plus de 2.500 personnes sont mortes en mer.

Le dernier drame date du 28 août 2015. Au moins 76 cadavres ont été récupérés et 198 personnes sauvées au large de la Libye après le naufrage d’une embarcation qui transportait environ 300 migrants essentiellement des Syriens. Une tragédie humaine sous les regards silencieux et indifférents du monde.

Persécutés et réprimés dans leur pays, ces migrants qui risquent leur vie à la recherche d’une terre d’accueil sont victimes des mafias qui les dépouillent du peu qui leur reste, s’ils ne rallient pas des organisations terroristes. Parmi eux principalement des Irakiens, des Syriens, des Soudanais.

L’Europe, violemment critiquée par son inertie à venir en aide aux masses de migrants, fait face à une crise qui menace les traités européens notamment le traité de Lisbonne et le traité de Bruxelles, fondement de l’Union européenne. En plus de la prise en charge extrêmement coûteuse des réfugiés, s’ajoute l’épineuse question de l’intégration dans la société occidentale.

Ironie de l’histoire, après plus d’un demi-siècle de pensées et discours anti-occidentaux, les Arabes se tournent vers ce même Occident considéré longtemps comme diabolique et satanique.

Un grand nombre des peuples arabes ou arabisés sont partisans du panarabisme dans sa figure idéologique et culturelle même si nombre d’entre eux désapprouvent ses figures politiques pour se rallier à la défense de l’identité arabe, et du destin partagé.
Beaucoup de moyens ont été investis pour réaliser ce mythe historique des Omeyyades au nom du nationalisme arabe.

Selon la notion panarabiste, la nation arabe est porteuse d’une «mission éternelle et divine.» Ils insistent sur la dimension culturelle arabe commune, un fait de civilisation que représente l’islam. Ce qui est totalement faux.

En Afrique et partout ailleurs dans le monde, l’arabe dans sa forme identitaire et culturelle est assimilée à l’islam. Et cela, de par le discours des élites. Si le premier prend en relief un peuple spécifique, le second se veut être une religion pour l’ensemble de l’humanité. En islam, être arabe ne veut pas dire grand-chose du reste des peuples. Mais depuis les temps des Omeyyades jusqu’à nos jours, l’islam servait d’argument et de raison pour des ambitions impérialistes, de conquête et de domination culturelle et identitaire dont il est innocent.

Actuellement, 22 États i forment la Ligue arabe. Si certains sont affreusement pauvres et arabisés tels que le Soudan, la Somalie ou la Mauritanie, d’autres sont bien assez riches pour éviter aux migrants syriens et irakiens un triste sort dans la Méditerranée. Si ce n’est pas au nom de l’islam qu’il le soit au nom de la nation arabe, le panarabisme.

L’Europe ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais plutôt toute la richesse du monde. C’est ce que veulent nous faire comprendre les politiques européens. Et pourtant, leur responsabilité dans ces conflits est un secret de Polichinelle.
En revanche, où sont l’harmonie et la solidarité tant prônées dans le monde arabo-musulman ? Ils sont prêts à s’unir pour se faire la guerre les uns les autres (Yémen, Irak, Libye, Syrie, Koweït). Et quand il s’agit de faire face aux conséquences, c’est chacun pour soi. Est-ce cela le panarabisme et l’islam que l’on veut imposer au monde et qu’on se prétend porteur d’une « mission éternelle et divine » ?

Tous les conflits et les guerres qui se déroulent actuellement sont des frustrations sociales résultant de mensonges, d’injustices et de l’hypocrisie du système.
Révéler ces défis nous amène à repenser les fondements de nos économies, la structure de nos États, la relecture de l’histoire et à redéfinir le droit international. Ce qui risque de ne pas être facile moins encore sans le sacrifice qu’il en faut.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Passionné des Études islamiques, activiste politique

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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3 Commentaires

  1. je compatis au sort des migrants et je plains l’hypocrisie internationale, chacun doit reconnaitre ses fautes et jouer à fond sa partition

  2. Les ocidentaux au nom d’une pseudo démpcratie sème les guerres et la désolation partout dans le monde. Ils doivent être prêts à en assumer les conséquences. Tant que le pillage des ressources des autres peuples vont continuer sur fonds de guerres, l’Occident n’aura pas la paix.

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