Centrafrique: Venez à moi, les assassins, et vous serez récompensés !

Imaginez qu’une armée de Chtis – milice majoritairement protestante – descende de Valenciennes menaçant de prendre d’assaut la ville de Paris, massacrant les habitants et saccageant habitations et commerces sur son passage et menaçant l’Elysée. Imaginez que le président de la république et l’armée française prennent la poudre d’escampette, laissent les envahisseurs s’emparer de l’Elysée, que le chef des Chtis, un cul terreux qui, jusque là, plantait les pommes de terre dans les plaines du Nord s’autoproclame président, abolisse la constitution et, au constat que le palais de l’Elysée avait été complètement saccagé, s’installe sur le trône présidentiel au Hilton.

Imaginez que la majorité des chômeurs parisiens, y voyant une opportunité de se défouler et s’enrichir, rejoignent l’armée des Chtis et que ce beau monde fasse régner la terreur dans la ville, tuant, violant, pillant, détruisant pendant quelques mois. Imaginez le cul terreux devant sa tv à regarder « L’amour est dans le pré » et littéralement incapable de maîtriser son armée qui continue de tuer. Imaginez alors qu’excédés au constat de tant de crimes, les Marseillais s’organisent dans une démarche d’auto-défense et montent à la capitale pour défendre la patrie. Imaginez qu’épris d’un esprit de vengeance, ils entreprennent alors de tuer non seulement les Chtis mais tous les autres protestants, de piller et détruire leurs maisons et de commettre toutes sortes d’exactions. Imaginez qu’une autre nation envoie une force armée pour venir au secours de la population. Imaginez que cette armée renfort missionnée en urgence, au lieu de neutraliser les malfrats, se mette à discutailler avec eux…

Mauvais rêve, pur fruit de l’imagination ? Effectivement ! Revenons sur terre et bienvenue en Centrafrique, le pays où tout ce qui est inimaginable, impensable et inacceptable ailleurs devient normalité !

Insatisfaits du sort qui leur avait été réservé après la signature des accords de cessation des hostilités à Brazzaville en juillet dernier, les anti-balaka – un ramassis de criminels et délinquants shootés et désaxés qui n’ont absolument rien de chrétien – massacrant des citoyens, saccageant et brûlant des maisons, érigeant des barricades pour contrôler les quartiers, viennent de réaliser un retour en force dans la capitale centrafricaine.

La menace s’est manifestement avérée suffisamment grande pour occasionner un exploit : faire sortir C. Samba-Panza de sa tour d’ivoire pour écouter ce que « ses enfants anti-balaka » avaient sur le cœur. Le message est clair, sans équivoque aucune : « Venez à moi, les assassins, et vous serez récompensés ! »

Prendre les armes et massacrer des innocents reste ainsi la meilleure méthode pour assouvir des aspirations politico-financières (les deux vont de paire !). Oui, ça marche, c’est confirmé et validé !

Est-il besoin de préciser que, d’un même coup, la justice à laquelle le peuple centrafricain aspire tant se voit désormais officiellement balayée ? En effet, si l’on peut s’imaginer beaucoup de choses en Centrafrique, ce qui est certain, c’est qu’on ne saurait faire des criminels des « honorables » et à la fois les juger pour crimes de guerre et autres insanités.

Voici donc qu’une calamité sans aucune légitimité, car imposée au peuple centrafricain au même titre que le gouvernement et le conseil national de transition, vient bel et bien s’autoproclamer impératrice de l’Empire de l’Impunité.

L’Empire de l’Impunité est un territoire de 623000 km2 situé en Afrique Centrale. Il est occupé par des forces armées étrangères et gouverné et saccagé par deux milices armées criminelles, environ deux cents (200) « honorables » et leurs serviteurs et partenaires. Il est, par ailleurs, peuplé d’environ 4500000 d’habitants qui ne voient pas encore la fin de leur cauchemar.

Danielle Mbari
Militante centrafricaine
12/10/2014

The following two tabs change content below.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Derniers articles parDjarma Acheikh Ahmat Attidjani (voir tous)

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE