Tchad : un nouvel attentat sur un marché de Ndjamena

11692693_882335701860737_1282487022360367754_n« Nous allons défaire Boko Haram. Nous allons détruire Boko Haram. Nous allons gagner, non pas la bataille, mais nous allons gagner la guerre totale contre Boko Haram, il n’y a pas de doute. » D’un ton péremptoire martela le président tchadien Idriss Déby. Mais qui va défaire qui ? Au Tchad, un nouvel attentat, commis par un homme kamikaze déguisé en femme, a visé le marché central de la capitale, ce samedi matin 11 juillet, faisant de nombreuses victimes.

C’est devenu récurrent, et les Tchadiens doivent désormais s’y habituer. Selon les premières estimations, l’attentat a coûté la vie à 15 personnes et porte la signature de la province ouest-africaine de l’Etat islamique Boko Haram.

Cet attentat intervient quelques semaines après une première attaque qui a frappé le commissariat central et l’école de police, faisant 38 morts essentiellement des policiers et des gendarmes. Un autre attentat dans un quartier périphérique de Ndjamena a aussi été revendiqué par la branche ouest-africaine de l’Etat islamique.

Si les premiers attentats avaient visé le symbole de la République, cette fois-ci, c’est la population qui est clairement dans le collimateur. Pourtant dans un communiqué, avant son allégeance à l’organisation de l’Etat islamique, Boko Haram affirmait n’avoir jamais voulu attaquer le Tchad et condamnait son intervention militaire. « Nous disons aux Tchadiens que leur gouvernement les conduit dans un tunnel sombre avec son intervention dans nos terres, souligne le communiqué. Avant de poursuivre : notre ennemi est l’armée tchadienne qui est intervenue dans nos terres. Nous savons que l’armée tchadienne est habituée à la guerre par procuration. »

Pourquoi ce virement ? Doit-on comprendre que l’allégeance à l’État islamique oblige un réajustement de position et de stratégie ?

La réponse se trouve peut-être du côté des Tchadiens eux-mêmes et de leurs autorités. Il est consternant de voir la manière, dont les médias tchadiens et surtout les blogueurs et journalistes amateurs traitent un sujet aussi délicat. Il est une erreur de penser que les djihadistes sont des personnes cinglées et sans intelligence.
Si la population est désormais dans le collimateur des éléments de Boko Haram, c’est évidemment parce que cette même population a décidé de jouer à l’apprenti sorcier au service d’une police qui dévoile le moindre détail des opérations et les sources censées rester secrètes. Les policiers mettent ainsi en danger les informateurs et les témoins. Ces informations reprises en boucle par les amateurs de l’information sont des supports permettant aux djihadistes de choisir leurs prochaines cibles.

Les Tchadiens doivent s’attendre à des moments sombres et difficiles. La guerre vient d’être déclarée. Le champ de bataille sera les places publiques (les mosquées, les marchés, les écoles, les restaurants…

Connaissant le mode et le mobile opératoires des terroristes de Boko Haram, la fête du ramadan qui s’annonce risquera d’être une boucherie, si elle n’est pas déjà un deuil.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, analyste indépendant.

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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1 Commentaire

  1. Aux terroristes Daech et Boko haram de poser leurs armes aujourd’hui pour éviter la mort par des balles et bombardement et pour éviter un cataclysme a l’échelle planétaire le 17.7.2015 si la fin du monde aux non musulmans de convertir a l’islam pour éviter la panique et l’enfer et pour éviter Daech Boko haram et leurs fondateurs les franc maçons a l’enfer merci

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