Tchad: Que sont devenus les anciens Chefs rebelles de l’Est?

Le paysage politique du Tchad depuis son indépendance de la France en Août 1960 regorge des nombreux escalades de violence et des conflits politiques fratricides pour le pouvoir.
Si certains de ces conflits sont dues souvent à des injustices et du népotisme, pour certains, faire la guerre serait un moyen d’ascension sociale, un fond de commerce très fructueux, mais aussi un moyen des règlements de compte personnel et pour des rares qui restent, pour des valeurs fondamentales.

Chaque temps à ses acteurs

Entre l’année 2005 à 2010, le Tchad entre dans une nouvelle phase de violence et de guerre dont les retombés se font sentir jusqu’aujourd’hui.
Certes, face à un régime aussi despotique et clanique que celui d’Idriss Deby, un fou meurtrier invétéré depuis sa naissance et légitimé par la France, le dialogue politique ou le pacifisme sont des efforts vain face à un tel prédateur.
Bien que la guerre serait son champs de prédilection le plus favori dont-il maitrise le mieux, jamais une injustice n’a triomphé aussi longtemps qu’elle perdure.

La révolte des indignés

Des indignés se sont révoltés contre ce pouvoir illégitime qui massacre son peuple, torture et tue les opposants et pillant leur patrimoine et leur faible ressource dans l’indifférence total de leur souffrance. Mais aussitôt, ils se sont fait démarquer de leurs postures des libérateurs du peuple. Un discours qu’ils tiennent que du bout des lèvres.
Et l’échec fut désastreux, la désespoir fut générale et cauchemardesque et pire encore.

Quatre (4) ans déjà qu’ils se sont fait désarmés par le Soudan, expulsés, emprisonnés ou transférés au Tchad suites aux accords de paix du 5 janvier 2010 marqués par un rapprochement entre Khartoum et N’Djamena. Que sont devenus ces Chefs rebelles?

Abdelwahid Aboud Makkaye ( En Exile) ancien chef de l’Union des Forces pour la démocratie et le développement-Fondamentale (UFDD-F). Expulsé en 2012 du Soudan en Égypte, il est reconverti dans le commerce. Dans ses rares sortie en public, il signe ses articles Vice-président de l’UFR dont Timan Erdimi serait le président.

Timan Erdimi (En Exile) ancien chef du Rassemblement des forces pour le changement (RFC). Expulsé en 2010 du Soudan au Qatar, il affirme de Doha en mars 2013 la reprise des armes. Des lors silence radio. Il est le président de l’Union des forces de Résistance (UFR) une coalition des mouvements rebelles qui n’est aujourd’hui qu’une coalition des mouvement fantômes.

Adouma Hassaballah (Disparu) ancien chef de l’Union des forces pour le changement et la démocratie (UFCD). Expulsé par le Soudan en 2010 au Qatar, il s’est fait arrêté à l’aéroport d’Addis-Abeba en Éthiopie lors d’un transite en janvier 2011. Les véritables causes de cette arrestation sont inconnues depuis lors plus rien de ses nouvelles.

Mahamat Nouri (En Exile) ancien chef de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD). Expulsé par le Soudan au Qatar en 2010, il rejoigne plu-tard sa famille en France et suit un traitement médical intensif. Le ralliement de son ex-épouse au Soudan au régime d’Idriss Deby de son plein gré était une affaire d’Etat instrumentalisée par un communiqué de l’ANCD truffé de contre-vérité dont Nouri serait le président-fondateur.

Abderaman Koulamallah (Rallié) ancien porte parole de RFC, il s’est rallié dare-dare au régime le 7 juin 2010 . Il a ensuite pris la tête de son parti politique Union démocratique tchadienne (UDT) et reconvertit aux louange du régime en découvrant  »qu’aujourd’hui, nous avons l’or, l’argent et la liberté ».

Mahamat Djarma Khatre (En Exile) ancien membre de l’UFCD, maître soufi, pour lui la lutte contre un pouvoir illégitime, corrompu, prédateur qui exerce une féroce dictature sur son peuple dans l’indifférence totale de leur souffrance et de leur malheur est un devoir sacré.

Ahmat Hassaballah Soubiane (Rallié) ancien chef de Front pour le salut de la République (FSR). Il est actuellement Conseiller spécial d’Idriss Déby et l’un des bavures du système.

Abakar Tollimi (En Exile) silencieux.

Adoum Yacoub kougou (En Exile) ancien chef duFront populaire pour la renaissance nationale (FPRN). Il serait en Espagne reconverti aux affaires.

Alio Abdoulaye (Rallié) ancien membre du FPRN, il est converti dans le griotisme du MPS (parti au pouvoir). Nommé conseiller spéciale de Deby.

Acheikh Ibni-Oumar (En Exile) ancien chef du Conseil Démocratique Révolutionnaire. Il est exilé en France et continue le combat pour la liberté et le respect des valeurs humaines.

Tahir Guinassou (Rallié) le numéro 2 de l’UFDD s’est fait défection et retourner en cascade. Il est emprisonné quelque temps avant d’être gracier par Deby. Actuellement ronger dans le silence et la résignation.

Mahamat Nour Abdelkerim (Rallié) ancien chef de Forces unies pour le changement (FUC), Mahamat Nour s’est reconverti dans les affaires.

La liste n’est pas exhaustive…..

Dans tout cette galaxie des mouvements rebelles aucun n’est opérationnel aujourd’hui. Les rares imposteurs qui n’ont pas rallié le régime sont devenus que l’ombre d’eux-mêmes qui diffusent des mensonges et nourrissent des fausses espoirs sur internet.

La base combattante qui s’est sentie trahi par ses leaders se sont désolidarisé malgré la nature ethnique de leur regroupement.
Nombreux des ces anciens chefs rebelles ont rallié le régime en contre-parti des biens matériels déshonorant ainsi la mémoire de ceux qui ont péri dans ce chemin vers la liberté et la dignité.

Nos traces sont immortelles

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, analyste indépendant

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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1 Commentaire

  1. Ce que l’article ne dit pas c’est pourquoi tous ces guerriers sont tous issus du Nord et du centre du pays? Est-ce parce qu’ils ont vécu plus d’injustice que les autres, ou sont les plus braves pour renverser les situations les plus difficiles?

    Je tente de réponds.
    1- Les Tchadiens du Nord, après avoir arraché le pouvoir des mains de ceux du Sud, chose qui leur semblait difficile, ils sont tombés dans leur propre piège. Tout le monde croyait que c’est désormais plus facile de devenir Président et se sont mis à tenter leur chance. C’est l’erreur qu’ont commis les fils du Moyen Chari qui ont été les premiers à tenter les coups d’Etat contre un Sara comme eux donc facile à renverser.
    2-lorsqu’on a pris l’habitude de faire quelque chose, elle devient une seconde nature. L’expérience du Frolinat dont on parle peu a développé dans la communauté du Nord une certaine culture guerrière pour avoir recruté ses combattant dans parmi leur proches. S’il est facile de devenir combattant, puis militaire puis général et peut-être Président pourquoi se casser la tête ? Qui a bu boire a dit l’adage, beaucoup ont regagné le maquis, ont rallié et ont repris le maquis au point que la chose était devenu comme professionnelle. Mais que voulait-vous qu’ils fassent d’autre qu’il ne sache point. L’habitude est une seconde nature.

    En conclusion avec ce temps qui court ne deviendra pas Président celui qui est proche du Président ni celui qui a le plus fait le maquis. Il est urgent qu’on efface ces deux fausse idées qui sont à l’origine du retard du Tchad.

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