Tchad: Quand la première dame se prend pour une starlette

C’est formel, notre armoire en dit beaucoup plus sur nous que tout autre chose. Notre façon de nous habiller reflète notre histoire, nos désirs conscients ou inconscients, nos émotions, nos habitudes, etc.

Tout a commencer lorsque j’ai vu défilé sur mon fil d’actualité facebook une image de Saleh Kebzabo candidat malheureux à la présidentielle au Tchad du 10 Avril 2016 (voir Image). Comme vous avez constaté, cette personnage est pour moi loin d’être un idole ou une référence politique. Tout de même, je me force à la limite du possible lui accorder un semblant de crédibilité en dépit de tout. Mais cette fois-ci ce n’est pas une question de politique, mais de comportement et d’habillement.  Cette photo était très choquante pour passer inaperçu.  Elle était comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

les tapettes

                                  les tapettes de Kebza

Vue l’épreuve difficile que travers actuellement les tchadiens, parler des habitudes vestimentaires de ceux qui  gouvernent ou qui parlent en leur nom serait le dernier de leurs soucis. Cependant, on se retrouve dans un cercle vicieux d’une crise de confiance et de crédibilité aux personnalités  politiques et de la société civile.
Les deux prototypes qui sont sujet dans cet article, identifie de passage toute la classe politique tchadienne homme et femme en la matière.

Prenons le chef de file de l’opposition Saleh Kebzabo par exemple. Nul en communication comme tous d’ailleurs. Malgré ses échecs politiques perpétuelles, son ennemi majeur n’est pas Idriss Deby mais sa propre-personne. Loin de nous faire perdre dans le labyrinthe de la pensée politique qu’il prône et la vision restreinte et étriqué dont-il a toujours fait preuve, on n’est plus malin lorsque les gens y prennent conscience.

Pendant qu’il passe l’essentielle de son temps à amadouer ses militants au Tchad et les activistes de circonstance en France, il se fait trahi par lui-même. Par ses faits et aussi ses vêtements. Se présentant depuis 15 ans comme une alternative à Idriss Deby, au delà des critiques et va-et-vient entre Paris et N’Djamena, le président de l’UNDR est tout sauf présidentiable. Il manque cruellement d’élégance, d’authenticité et de charisme. Comme un certain Deby au Japon.

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Le combat politique ne se livre pas qu’à travers les discours même si creux soient-ils. Au-delà de la bataille des idées, du verbe ou de poche: le look, le style, les vêtements, les images, sont autant de stratégies de communication qui s’affrontent.

Mais lorsque l’on s’habille comme un farceur de discothèque ou parler comme un colombien de souk choléra du rue de 40m, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. Pendant que vous vendez des rêves aux oreilles qui vous écoutent, votre apparence lui véhicule tout autre chose de ce que vous voulez dire. En faite, vous faites passez pour un menteur. Les dirigeants politiques ou ceux qui aspirent à l’être doivent apprendre à jouer avec habilité à la séduction politique. S’ils excellent parfaitement dans l’art de la médiocrité ne doivent-ils pas au moins pour l’image collective soigner leur apparence?

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Quant à la première dame Hinda Deby, il est tout à fait logique qu’elle continue à faire chavirer les cœurs de ceux dont la beauté ne se limite qu’à la couleur de la peau. Il y a même tout une panoplie des jeunes femmes  formant une galaxie qui tourne autour d’elle. Mais la beauté d’une femme n’est rien par rapport à son intelligence, à son talents, son élégance ou la classe. Une femme qui manque de la classe se démarque très vite par ses frasques et/ou son insalubrité.
Lorsqu’on est surtout une première dame d’un Etat, il y a des réglés à s’y tenir.  Il faut avoir un minimum de condescendance, se distinguer des autres non pas par la vulgarité et l’indécence mais par son personnage.

Parfois, on dirait qu’elle est à la recherche d’un amant ou une mature ayant raté sa vie de jeune fille. Ultra-maquiller à la limite de la vulgarité dit-on à une fête d’Halloween, on ne peut pas s’habiller sur le mode de la séduction quant on est responsable d’Etat. Cette dernière étant réservée à la sphère privée et non publique, nécessite un petit peu de la hauteur pour faire la part des choses. Être séduisante, c’est avant tout une manière d’être, une façon de se bouger. Trop de sexualité peut nuire à une femme. Les très hauts talons, les grandes boucles d’oreilles renvoient à des métiers peu valorisants pour une femme. Il est impérativement nécessaire  d’avoir une image, une identité visuelle porteuse de sens qui se construise. On ne naît pas avec une identité, on se la construit. Alors pourquoi se voulant cout que cout ressembler aux soudanaises dans leur corps, leur style et leur culture?

Rappelons-nous que c’est la princesse qui fait l’habit et non l’habit qui fait la princesse. Il faut donc être une princesse dans sa tête, responsable, porteuse de sens et d’énergie. Si les habilles extravagant, les tonnes des bijoux en or sur le corps ou encore les mots grotesques sont selon vous une affirmation de richesse et du pouvoir, vous êtes en vérité qu’une pauvre demoiselle cherchant désespérément à se venger de ses années de misérè et combler un sentiment de manque insatiable.

Malheureusement, cette tendance démesuré se trouve dans tous les niveaux de la société au Tchad: des journalistes à la télé trop laid et très mal habillé, des blogueurs en manque d’intelligence, des acteurs et personnalité politiques puant l’alcool, des artistes en manque d’imagination et des homme d’affaire littéralement bête.

Nos paroles, nos écrits et ce que nous portons sont une marque de personnalité qui demande une recherche, une patience, un goût synonyme d’intelligence, une intelligence du propos et de la mesure. Les femmes responsables doivent apprendre à constituer une garde-robe aussi convaincante qu’en adéquation avec leur propos et leur ambition. Tout en tenant  compte du facteur culturel et professionnel.
Pas comme ces jumelles des derniers heurs à la peau coloré comme le drapeau zimbabwéen par les produits qui leur dépigmente la peau.

Il ne faut pas en avoir peur, mais simplement en être conscient. Une texture, un tissu, c’est une manière de coordonner son apparence avec ses idées et ses projets. Beaucoup des personnalité de la classe politique tchadienne et surtout des nouveaux richesses sont incapables de se hisser à la vie mondaine. Ils sont beau à être dans les grandes métropoles et faire des achats dans les boutiques de luxe ou même se targuer à avoir un diplôme Bac+5, la classe est une question d’éducation comme le charisme en est pour le savoir. On peut enlever une personne du village, mais on ne peut pas enlever le village de la personne. Si ce villageois se prend pour le connaisseur du tout alors l’ignorance qui le caractérise se transforme en orgueil qui conduit souvent à la folie.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Mondoblogueur, activiste.

 

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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