Tchad: la malédiction du lait d’ânesse

Depuis quelque mois, on observe une recrudescence des violences verbales sur les réseaux sociaux parmi les jeunes Tchadiens. Étonnamment, celle la plus utilisée ne vise pas les humains mais plutôt les ânes qui en paient le prix.

On entend souvent répéter dans les vidéos ou les commentaires, une reproche qui pour beaucoup de nos compatriotes  de la zone tropicale est assez surprenante. Nombreux sont les lecteurs qui s’interrogent sur le méfait de boire le lait d’ânesse.  Il est tout à fait incompréhensible et inadmissible d’en vouloir à une groupe de personne par rapport à ce qui se trouve sur leur assiette ou contient leur verre. Comme il est tout à fait absurde de se faire un jugement sur la base de la religion, de la culture ou du langage.

Buveur de lait d’ânesse. Mais qu’est ce que cela veut dire au juste? 

Le Tchad est un pays très vaste. Un carrefour de culture, de tradition et de civilisation. L’élevage et le commerce sont les activités principales des peuples sahariens et sahéliens. La survie de ces peuples est grâce au bétail et aux animaux qu’ils élèvent. C’est en même temps une source de richesse, de gloire et un repli d’identification.

Si certains préfèrent l’élevage des moutons, des chevaux, des vaches ou des chameaux, d’autres préfèrent tout simplement l’élevage des ânes. Cela semble être bizarre pour certains. Mais en vérité, il y a rien de tel. On peut ainsi prendre pour l’exemple l’idée que se fait l’éleveur nomade à l’agriculteur sédentaire ou à l’activité de la pêche. L’Être humain est conditionnée selon l’environnement qui l’entour.

Les bienfaits du lait d’ânesse

Le lait d’ânesse est le lait le plus proche de celui de la femme. Il est très nutritif car il contient plus de lactose et moins de matières grasses que le lait de vache.

On raconte que Cléopâtre, reine d’Égypte antique, prenait des bains de lait d’ânesse pour entretenir sa beauté et la jeunesse de sa peau. La légende dit qu’il ne fallait pas moins de 700 ânesses pour lui fournir la quantité de lait nécessaire à ses bains quotidiens.

C’est également le cas de Poppée, seconde épouse de l’empereur romain Néron. Elle croyait que le lait d’ânesse efface les rides du visage, rend la peau plus délicate et en entretient la blancheur. Elle s’en faisait même des bains et pour cela elle avait des troupeaux d’ânesses qui la suivaient dans ses voyages. Mais pour entretenir la beauté il faudrait se laver avec et non le boire comme le cas dans certains régions au Tchad.

En Afrique dans la partie tchadienne de la zone soudano-sahélienne, des tribus continuent toujours à l’élevage des ânes. Cette activité est pratiquée durant des générations en générations. Une ânesse peut donner jusqu’à environ trois à six litres de lait par jour. De quoi avoir un stock d’eau permanent en peine désert.

Le poids de l’islam

Comme la plupart des religions, l’islam contient un certain nombre de prescriptions alimentaires. L’islam est formelle en ce sens. Il est interdit de manger la viande de l’âne ainsi que de boire son lait. Dans certains société non musulmane au Tchad, l’âne est le symbole du malheur et de la malédiction. Chez d’autres tribus en Afrique, boire le lait ou manger la viande de l’âne rend bête. Chacun vas de ses croyances et traditions.

Ainsi, je pense apporter de réponse aux multiples questions que se posent certaines internautes  du reproche que se font les jeunes sur le buveur du lait d’ânesse. Si chez certains cella s’inscrit dans le cadre religieux, celle-ci n’en est pas plus que l’alcool, et autres interdit de l’islam.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjnai
Mondoblogueur

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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