Tchad-Arabie Saoudite: Deby envoie 5000 soldats tchadiens au Yémen

Au Tchad, le président tchadien Idriss Deby a envoyé discrètement des troupes militaires au Yémen combattre au coté de l’Arabie Saoudite. Chose faite, les autorités tchadiennes entretien un mutisme mystérieux sur le sujet. Interrogé par la Radio France International – Rfi, le gouvernement tchadien répond qu’il n’a aucun commentaire à faire.

Et pourtant, c’est un secret de polichinelle. Dans l’article «pourquoi Deby tient tant à intervenir au Yémen?» du 18 Avril 2015, il y a de cela un an presque, est expliqué comment les soudanais ont joué un rôle déterminant pour la participation des troupes tchadiennes dans la guerre au Yémen.

En novembre 2015, un mois après sa visite au Soudan, le président tchadien entreprend une visite officielle controversée en Arabie Saoudite accompagné de son ministre de la Sécurité et celui des Affaires étrangers pour négocier les modalités de la participation des militaires tchadiens dans la coalition des pays arabe et musulman à l’initiative des Saoudiens.

En Mai 2015 après l’annonce de la participation du Tchad dans cette coalition, Idriss Deby avait donné l’ordre de recruter environs 15 000 jeunes issus principalement des trois ethnies au Tchad pour soi-disant les intégré dans l’armée.  Trois camps de recrutement et de formation sont alors ouverts dans trois région: au Batha, au Chari-Baguirmi et dans le Wadi-Fira. Parmi ces trois élus, figure les arabes. Plusieurs jeunes réfugiés issu de la communauté arabe fuyant la guerre en Centrafrique ont été enrôlé dans ce sanctuaire de désolation. Sauf que le Tchad n’étant ni un pays islamique, moins encore un pays arabe, sa participation dans cette coalition est au titre de mercenaire. D’autant qu’aucun accord de défense ne lie le Tchad et le royaume wahhabite.

Une troupes des musulmans et arabes

Le milieu ultra-conservateur Saoudien avait exigé que les troupes des pays étrangers non arabe et non musulman c’est-à-dire les mercenaires qui participent dans la coalition doivent être issu de la religion musulmane et mieux du milieu extrémiste, des tribus arabes et en fin pouvant parler l’arabe. Car l’Arabie Saoudite étant un pays musulman et une terre sainte, sa guerre au Yémen s’inscrit dans le principe du «djihad» pour la protection des lieux saintes de l’Islam. Les soudanais ont ainsi pensé à leur ancien collabo et l’ancien Chef d’Etat Major de Deby.

L’ex Général rebelle de production soudanaise monté de toute pièce, repenti au régime dictatorial d’Idriss Deby en 2008, ce dernier l’envoya en France pour quelque semaine pour nous montrer à la Télévision nationale au début de cette année dans une propagande pour la circonstance, le Général de Brigade Hassan Saleh  Aldjinedi. Il est à la tête des 5 000 soldats tchadiennes en Arabie-Saoudite depuis le 28 février 2016 (voir vidéo) pour une intervention au Yémen.

Connu des politico-militaires tchadiens, Hassan Saleh  Aldjinedi est un ancien chef rebelle de tribu arabe. Il est originaire du Batha. Le régime lui reproche d’être un djandjawid pour son penchant radical au panarabisme. Islamiste agissant à la solde du Soudan et d’Arabie-Saoudite, il œuvrait selon Deby à instaurer un régime islamiste au Tchad avant sa repenti.

Le Jeudi 10 mars, le président tchadien Idriss Deby a assisté à une importantes manœuvres militaires baptisées « Tonnerre du Nord » en Arabie-Saoudites en raison de l’engagement de soldats tchadiens dans la coalition élaborée l’année dernière par l’Arabie saoudite. En violation des normes constitutionnelles, au mépris de l’assemblée nationale et du peuple.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste, Analyste politique

Lire===> Tchad: Idriss Deby renie la constitution

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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