L’opposition tchadienne: une élève brillante de l’école de la Francafrique

Au Tchad, le président sortant Idriss Déby Itno est réélu au premier tour avec 61,56% des suffrages exprimés. Officiellement, le résultat est contesté par l’opposition. Mais sous la table, un compromis est trouvé entre le pouvoir et le chef de file de l’opposition qui nous offre depuis deux ans un spectacle digne d’un Frank Underwood.

La dernière pseudo élection présidentielle au Tchad, est un holdup électoral du siècle, surpassant les précédentes par ses subterfuges tout autant ignobles que supercherique. Après l’échec de la démocratie au Tchad, le voila nous assistons à une véritable imposture intellectuelle et électorale orchestrée par les prétendus « défenseurs » des droits de l’Homme et de la démocratie.

L’élection du 10 Avril 2016 aurait eu au moins le mérite de mettre en exergue les accointances suspectées entre l’opposition dite « démocratique » et le régime du tyran Déby. En effet, tous les acteurs  imposteurs politiques  tchadiens, appartiendraient incontestablement à la criminelle école de la Françafrique. Non seulement ils sont complice du tyran Deby, mais aussi perpétuent l’ordre colonial et l’asservissement des masses populaires, par la synchronisation de la division du travail  stratégique  au sein de cette pseudo démocratie françafricaine. En 6 mois, le chef de file de l’opposition Saleh Kebzabo entreprend plus de 6 visite à Paris en France. Ses conférences de presse à Paris sont soigneusement ignorer par la presse française, face à peine une dizaine de personne.

Comme en 1996 lors du premier scrutin présidentiel au deuxieme tour alors qu’il était poursuivi de détournement de fond de la compagnie camerounaise Air-Camer dont il était le directeur de l’agence à N’Djamena, Saleh Kebabo se rallie arme et bagage abandonnant l’opposition pour soutenir le candidat du MPS, Idriss Deby au second tour  moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes à fin de restituer l’argent volé à Camer et un poste de Ministre d’Etat évitant ainsi la prison.

Au niveau législatif et face au menace d’une guerre civile, la DGSE (le service français d’espionnage extérieur) propose au pouvoir du dictateur Deby une théorie aussi saugrenue que maladroite dite la DCP: (Démocratie Consensuelle et Participative). Elle consiste à faire élire un pouvoir minoritaire aux urnes et majoritaire à l’assemblée par un dialogue entre l’opposition et le pouvoir. Une forme de dictateur adapté. Étant que tous les parties sont les élèves de l’école de la francafrique, la DCP est naturellement un compromis de camaraderie. Vingt-ans après, nous voila comme en 1996, les élèves se retrouvent dans la même classe après une recréation agitée.

Ainsi comprend t-on pourquoi les Leaders de l’opposition dite démocratiques n’ont pas  soutenu  les multiples manifestations  organisées par les jeunes  dans différentes villes au Tchad , et qui, par ailleurs , étaient réprimées dans le sang par le tyran Déby. Le masque est tombé. 

Comment pourrait-on faire confiance aux dirigeants de l’opposition dite démocratique , qui ont abandonné ,la jeunesse, seule face à la tyrannie?  S’ils avaient eu le moindre courage en prenant  activement  part dans les cortèges des manifestants à l’instar du Burkina Faso, l’histoire de notre pays aurait alors pris une tournure nouvelle  plus sereine vers la démocratie . Force est de constater avec amertume que le salut de la jeunesse et du peuple tchadien ne viendra certainement pas des chefs des files de l’opposition tchadienne des États-Unis en France ou du Qatar à N’Djamena.

Le peuple Tchadien n’a pas d’autre alternative que d’exercer son droit à la légitime défense  face à aux massacres armés  dont-il est victime depuis 26 ans, de la soldatesque du despote Deby,  avec la complicité de la France. Les Masses populaires ne croient plus  jamais à ces imposteurs  politiciens de l’école françafricaine, incarnation du mal tchadien depuis plus de 40 ans.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activsite politique
 

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
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