Les aventures ambivalentes de Deby en Libye

The Elephant Field- Libya's Murzuq Basin.

Dans une déclaration officielle des forces de Fajr Libya (Aube de la Libye), une coalition de milices armées, notamment islamistes, et originaires de la ville de Misrata, à l’est de Tripoli, qui contrôle la capitale et soutenu par le parlement de Tripoli, affirment des sources sécuritaires sûre et de renseignement fiable, la présence de «200 véhicules lourdement armées des troupes tchadiens sur le sol Libyen.»

Cette force tchadienne s’est par la suite divisée en deux groupes, pour but de contrôler les ports pétrolifères de la Libye:

La première, s’est dirigée vers le nord pour renforcer les forces d’Ibrahim Jadhran, un leader auto-proclamé qui contrôle les champs pétrolifères du Nord

La seconde, s’est dirigée vers la ville de Murzuq Basin situé au sud-ouest de la Libye pour contrôler le champs pétrolifères the Elephant Field.

Selon les islamistes, l’entré des troupes tchadiens en Libye serait venu des ordres de la France en complicité avec l’ancien premier ministre Ali Zedane.

D’autres media libyens et arabophones ont aussi fait part juste après le sommet de Dakar, la présence des militaires tchadiens sur le sol libyen.

Pour rappel, Idriss Deby lors de ce sommet, à provoquer un coup d’éclat demandant la nécessité d’une intervention étrangère en Libye.

Des six (6) grands factions en conflits, nous sommes à deux (2) grandes factions entre une coalition des différentes mouvements islamistes pas nécessairement en accord d’une part et des forces libérales et laïques du général en retraite Khalifa Haftar d’autre part.

Qui interviendra en Libye et pour l’intérêt de qui?

Les africains en générale n’ont aucun intérêt d’envoyer des troupes au sol en Libye. Cette situation à été créer par l’OTAN, c’est-a-dire par l’occident conscient des dangers d’une telle décision. D’autant que, toute intervention étrangère en Libye ne serait qu’un suicide, avec des conséquences dévastatrices énormes. Elle risque même d’unir tous les protagonistes en conflit, qui percevront cette intervention comme une violation à leur souveraineté.

Le facteur clanique, le clivage ethnique et interconfessionnel est si fort, qu’il est aujourd’hui impossible d’avoir une entité représentative de la Libye, quelqu’un avec qui négocier. Un territoire sans aucun Etat, aucun pouvoir, aucune institution, aucune autorité et aucun élément fédérateur. Face à cette anarchie, la position géo-strategique et la production de l’or noir, fait de la Libye un champs de bataille des puissances occidentaux et des pays arabes par l’intermédiaire des milices interposés pour imposer leur volonté.
Chacune de ces puissances à ses propres calcules et ses agendas bien propres à elles.

Ni la France, ni les États-unies n’envoyeront des troupes militaires au sol dans un cadre juridique. Même pas sous la bananière de l’ONU. Ils sont déjà trop préoccupé dans la coalition contre Daech en Irak et en Syrie.
Et pourtant, la présence d’une force internationale en Libye est inlassablement nécessaire pour la stabilité de la région et la sécurité de l’Europe.

Cependant, toute intervention étrangère africaine sur le sol en dehors des pays arabes ou magrébines en Libye ne serait qu’un défi à tout le monde arabo-musulman. Sans oublier la position intransigeante de l’Algérie et de l’Égypte sur la question.

Quelle rôle peut jouer le Tchad?

Après la conférence de paix à Dakar, les présidents des pays du Sahel, G5, se sont envolés vers la Mauritanie pour un autre Sommet de Nouakchott contre le terrorisme, avec les mêmes présidents qui ont prit part au sommet de Dakar, qui n’est pas moins important que celui-ci.

Le Tchad ne peut pas intervenir dans un cadre juridique tout seul ou dans une résolution quelconque juste à la demande d’une puissance donnée. Il doit faire partie d’une force internationale, ce qui est peu probable jusqu’à présent.

Mais pour Deby ceci n’est pas un problème, car tous les moyens sont bon pour qu’il se pérennise au pouvoir aussi longtemps que possible.
Selon soi-disant des clauses et contrats secret défense entre le Tchad et la France, Deby ne ménage aucun effort pour servir les intérêts de la France même les plus égoïstes.

Il utilisa pendant tout ce temps au pouvoir (24 ans), l’armée nationale tchadienne qui n’est qu’une forme de milice mercenaire comme chaire à canon aux intérêts français. Au Congo-Zaire, en RCA, au Mali, et maintenant en Libye.

Nous remarquons que les forces envoyer en Libye ne sont pas pour but d’interposition, mais juste sécuritaire. Oui, la grande entreprise militaire de Deby S.A, à plusieurs prestation de service.

Qui sont les mercenaires tchadiens en Libye?

Selon la logique que vont les choses, la Libye tant à se diviser en deux Etat distinct. Et si Deby décide d’envoyer des mercenaires, une stratégie sur le plan ethnique au Tchad s’impose.

D’abord, la Libye n’est ni le Soudan, ni la Centrafrique. Un océan des armes de tout calibre, et une population extrêmement complexe surtout au rapport étranger.
Une rébellion de cette contrée pourrait être fatale pour Deby. Ainsi, les mercenaires de l’armée tchadienne seront sous le commandement des américains ou des français pour eviter toute défection ou rébellion.

La milice de Deby issue du sud tropical ou des l’est sont défaillant dans des tels mission.
L’armée étant sur une base clanique, il faut des ressortissants du dessert et des militaires expérimenté tel que les Toubous, les Gourane etc.

Utiliser les ethnies  frontalières avec la Libye est la stratégie qu’il maitrise le mieux. Mais ceux-là aussi tantôt libyens, tantôt tchadiens, sont impliqués dans la guerre civile avec les tribus arabes d’Oleid Souleman et autres. Des nouveaux «Djandjawid» et un autre «Darfour» peuvent voir le jour. Qui seront les victimes cette fois-ci?

Tout ceci n’est que la partie visible de l’iceberg, l’arbre qui cache la forêt. Car, si tout les protagonistes en Libye partageaient une même  obsession de tuer Gaddafi devenu un fou enragé, ils n’ont pas pour autant réfléchi du vide et des conséquences que cela pourrait avoir.

Les réalités ont très vite pris le dessus aux rêves et aux fantasmes les plus folles et les plus démesurés.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste et rédacteur de Jeunes Tchad

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
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