Afrique: l’Etat république à l’épreuve

Nous nous se rappelons encore des tristes événements des ressortissants tchadiens en Centrafrique lorsque Deby a voulu jouer le héros.
Des milliers des tchadiens ont été déporter dans leur pays d’origine, fuyant la guerre ou chasser par la population locale.
En RCA comme en Libye et pas très longtemps au Soudan, les tchadiens sont considérés persona-non-grata par les populations voisines.
La cause, était les interventions irréfléchies et tout azimutes des troupes tchadiennes mercenaires en Libye, partie prise au Soudan, indiscipline caractérisé en RCA. Mais de toutes ces interventions, aucune n’a eu aussi un tel poids sur la population tchadienne que celle aujourd’hui au Nigeria.

Étant le pays le plus peuplé d’Afrique, l’insurrection des combattants de Boko Haram attribuée à tort d’islamisme, est beaucoup plus animée par la corruption endémique, l’injustice sociale, la pauvreté et une éducation désastreuse, qu’un choix et mode de vie idéologique.
Si les revendications des insurgés de Boko Haram sont similaires aux islamistes, au fond, elles ne sont pas forcement à la mesure où ces revendications proviennent d’un ras-le-bol générale d’une partie de la population abandonnée à sa triste sort.

Contrairement au discours des gouvernements, reprit en boucle par les médias, derrière [Allahou Akbar] en Afrique, il y a un réel besoin de bâtir une société idéale, de justice et d’égalité. Ainsi le slogan islamiste ici se postule comme un moyen et champs de revendication politique et sociale sous la couverture du djihad. Il n’est pas un objectif en soi. Ce dernier, entre dans une politique de regroupement influencée des sociétés musulmanes par  »les luttes des libérations » post-printemps arabe des groupes islamistes dans les sociétés arabo-musulmanes.

Les islamologues conviendront donc que, l’émergence des groupes djihadistes et/ou des islamistes en Afrique et notamment dans la partie subsaharienne est largement différente des idéologies de l’islam fanatique prônées au Moyen Orient et dont l’histoire remonte aux premiers temps de l’islam.
Cette expression des revendications se fait principalement par la violence, comme la lutte armée des rebellions qui est une partie intégrante de l’activité politique en Afrique,  mais les buts et les causes qui incitent au djihad sont divers, variable et complexe.
Elles dépendent surtout de la dimension culturelle et sociale de l’individu. Par exemple: lorsque le jeune français converti à l’islam décide de faire le djihad, il est animé par une quête de soi, à la cherche d’une identité ou le rejet d’une société matérialiste et consommatrice dépourvu de toute spiritualité.
Pour le subsaharien, c’est l’expression d’un sentiment de révolte anti-régime et anti-occident, le fruit de la pauvreté et des injustices ou le produit des échecs, éducatives, culturels et économiques des États.  Par ailleurs pour l’arabe, c’est l’envie de retourner à l’age d’or de la civilisation arabo-musulmane du moyen age.

L’interprétation et l’application de la Charia que clame tous les mouvements djihadistes, cette loi islamique n’est pas universelle. Elle dépend des vécus, des civilisations et des temps. Celle mentionnée et prônée par le salafisme saoudien s’inscrit principalement dans la civilisation arabe, la culture bédouine et la soumission absolu au pouvoir royal.

Donc, il conviendrait ici de noté qu’après l’échec de la lutte armée de faire valoir et promouvoir un programme de reforme globale au citoyen lambda, la culture politique en Afrique voit émerger une nouvelle forme de revendication à caractère sociale se traduisant par l’islamisme ou djihadisme.
Ainsi on peut parler de l’islamisme saoudien (fascisme), de l’islamisme nigérian (socialisme), de l’islamisme taliban (fanatisme), … qui sont des concepts aussi divergents les uns des autres. Le traitement infligé a ces groupes militaires religieux, ne saurait être le même que ceux du Moyen Orient, car chacun va de son interprétation et de son adoption selon sa culture et son environnement sur ce qui est de la Charia.

Il serait une erreur grotesque de penser à résoudre ce phenomene nouveau en Afrique subsaharien par la force. La violence n’engendre que le double. D’autre foyer de ces genres de conflit verront le jour en Afrique du fait des politiques discriminatoires et l’inégalité de partage des ressources même dans les pays minorité musulman. Nous observons des mutations dans les sociétés musulmanes en Afrique pour des raisons différentes que celle qui s’opère en Occident ou dans les pays arabes. Ignoré ces réalités parvient à mettre de l’huile sur le feu dans un problème déjà complexe et délicat.

Le Tchad accueil plus de 20 000 réfugies nigérians ayant fui les combats. S’ajoutant à ceux du Darfour soudanais, de la Libye et de la Centrafrique. Tandis que Boko Haram pèse sur la scène politique au Nigeria notamment le scrutin électoral qui fragilisera sans doute la cohésion nationale quel qu’en soi les résultats. Alors que le Tchad fait face à d’énorme poids sécuritaire et économique à l’approche des élections dont le pays traverse une asphyxie politique et une classe politique qui sombre dans des querelles de clocher.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, passionnée des études islamiques.

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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