Charlie Hebdo: le salafisme de la France

CabuComment l’assassinat des 17 personnes en France peut provoquer une telle mobilisation mondiale alors que dans d’autres régions du monde, des centaines voir des milliers des paisibles personnes assassinées ne peuvent provoquer la moindre indignation de cette ampleur ?
Pourquoi les jeunes musulmans en France sont-ils séduits par le djihad et la violence alors qu’ils sont nés et ont grandis dans une société qui se veut de la paix et des droits de l’homme?
Pourquoi les musulmans d’occident et spécifiquement de France en particulier se sentent-ils coupable des attentats et actes terroristes en France?
Pourquoi la France est-elle la cible privilégiée des djihadistes, alors qu’elle n’est pas la seule en Europe au front aux coté des Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme ?
Y-a-t-il vraiment des musulmans modérés ?
Comment l’Occident et les régimes totalitaires utilisent le terrorisme pour assujettir les nations et les peuples ?
Peut-on critiquer l’islam sans être traité d’islamophobe? Et quel Islam?

Dresser une analyse de ces phénomènes, qui serait uniquement axés sur les valeurs démocratiques et républicaines, serait aussi absurde que d’aborder la montée du Front national au travers du christianisme. En Syrie, la révolution démocratique de 2011 a conduit à l’émergence de « l’État Islamique », alors que ce que les 20 millions des syriens réclamaient au péril de leur vie était bien autre chose que plus de mosquées et de la charia.

L’attaque terroriste qui à décimée la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo et secoué la France n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’une politique raisonnée, qui a montrée sa cohérence, sa rigueur et son souffle.

Je suis Charlie, je suis musulman

Au premier temps de l’islam, les arabes étaient farouchement opposés au fait que Mohamed issu d’une famille pauvre, ne peut être l’envoyé de Dieu. Durant toute sa vie, le prophète était blasphémé et insulté. Il était sans cesse sujet de moqueries de la part des arabes, et certaines tribus voisines blasphémées Mohamet à son issu par des récits poétiques et souvent des mises en scène abject. Hassan ibn Thabit était le plus célèbre de tous avant de se convertir à l’islam. Cela dérangeait ses compagnons alors qu’il leur disait de ne pas se remontrer et de leur laisser faire.

Des montagnes pakistanaises au Maroc, de la Turquie au Yémen, l’islam aujourd’hui fait objet d’une transformation majeure et profonde la plus dangereuse depuis l’ère de l’empire Omeyyade, qui changea et instrumentalisa la religion pour le pouvoir.

L’Islam, djihadisme et terrorisme

L’islam est une religion complexe, forte de seize siècles d’évolutions et de réflexions, qui a connue de multiples interprétations. Pourtant, il a souvent été instrumentalisé comme un champ d’expressions revendicatrices.
En France, les jeunes Français issus de l’immigration recherchent une identité qu’une situation socioéconomique souvent difficile rend problématique. Ainsi le djihadisme séduit certains qui pousse jusqu’au bout cette quête identitaire en une révolte contre leur environnement. Dans cette perspective, le djihadisme est avant tout une mouvance politique, qui s’abrite derrière des références religieuses pour légitimer des objectifs de nature révolutionnaire, visant à instaurer une société musulmane homogène. Il fédère des gens qui, soit se sentant exclus, soit estimant que les musulmans, partout dans le monde, sont victimes d’injustices, recourent à la violence afin d’inverser le rapport de force entre victimes et bourreaux.

La force de l’islamisme

L’islamisme est à l’islam ce que le sionisme est au judaïsme : une idéologie de conquête du pouvoir et de l’argent au nom de la religion et  au détriment des peuples.
Cette idéologie émergente dans l’histoire contemporaine de l’islam, à vue ses premières jour par la bénédiction de la France et du Royaume-Unis.
Faisons un petit voyage dans l’histoire. En 1914 commence la Première Guerre mondiale. Elle aura un impact décisif sur le succès du sionisme et du wahhabisme. Les Ottomans entrent en guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche, face à la France, au Royaume-Uni, à l’Italie et à la Russie tsariste. Chacune de ces quatre puissances a des visées territoriales sur l’empire islamique ottoman pour le démanteler et s’en partager la dépouille.

En 1916, les accords Sykes-Picot entre la France et le Royaume-Uni divisent l’empire ottoman en cas de victoire, et accordent au Royaume-Uni les zones qu’il convoite. Ainsi, le Moyen Orient se fait dépecer, créant l’Irak aux anglais, la Syrie et le Liban aux français et l’Arabie saoudite à la dynastie Saoud, salafiste-Wahhabite au titre des arabes.

Dès lors le salafisme, qui se base sur une vision étriquée de l’islam et une interprétation encarcannée qui nourrit un fantasme contraire aux valeurs de l’islam, émerge comme étant la seule référence légitime de la religion d’Allah, et à ce titre ne ménage aucun effort à la suite du premier choc pétrolier de 1974. Choc qui déversa sur l’Arabie saoudite la manne pétrolière dont une partie sera méthodiquement utilisée en faveur de la propagation de la foi wahhabite de par le monde: rééditant les livres et manuscrits de l’islam en accord avec leur convictions, former les imams pour la prêche, construire des universités islamiques, créer des organisations humanitaires, etc.

Ainsi, l’occident, qui au début se réjouit des moudjahidines dans la guerre contre l’union soviétique, se retrouvent très vite en guerre contre une nouvelle génération plus violente et moins contrôlables.

Sortir l’islam de l’islamisme

Le 11 septembre a fait savoir à l’Occident le danger du terrorisme islamiste qui, du Moyen Orient, s’invite dans les sociétés occidentales.
Malheureusement, ce réveil tardif se retrouve au centre des intérêts nationaux, des guerres économiques et du pouvoir.

Face à la Chine communiste, la Russie rigoriste, le salafisme trouve deux horizons de prédilection dans sa rivée expansionniste: l’Afrique païenne et l’Occident démocrate.

De ce fait, une franche partie des musulmans convertis à l’islam depuis près d’un demi-siècle en Afrique et en Occident sont issus d’une idéologie qui glisse vers une uniformisation dévastatrice.

A ce stade, il est impératif pour les musulmans conscients des ces enjeux d’élargir le domaine de  références en puisant dans les corpus philosophique et poétique qui ont été consignés pendant des siècles par le truchement des grandes langues d’islam, surtout l’arabe et le persan. Car nous trouvons à travers les saillies de ces textes les prémices, les annonces, les signes avant-coureurs des leçons libérales qui répondent d’une manière efficiente aux problèmes d’aujourd’hui.
Les salafistes d’Europe, musulmans modéré!

Pour se démarquer de l’extrémisme musulman et ne pas stigmatiser l’ensemble de la communauté musulmane, les politiques et les théologiens ont adoptés un discours voulu être rassurant au centre d’une controverse entre l’islam, la démocratie et la république.
Ainsi donc, dans ce discours habituel maintenant, se trouve le musulman extrémiste et le musulman modéré.

Et pourtant, quand on décolle du mauvais pied, les premières leçons sont très souvent réfractaires. Dans le salafisme il n’existe pas des extrémistes et ni des modérés. Ils sont tous pareils, il y à seulement question d’étapes et de niveau. Telle est la dure réalité qu’on ne veut admettre.

Tout comme, il n’existe ni chiite, ni sunnite dans la religion annoncée de Dieu à Mohamad, les musulmans sont victime d’une grande manipulation sémantique surfant sur une l’ignorance et la confusion d’une part et dans une crise de valeur d’autre part.

Il faut désormais extirper  par une dénonciation courageuse et franche  l’islam politique mise en place par l’ancien occident, et promu par les sunnites et les chiites aux valeurs contraire à l’islam.
Il faut le faire avec la dernière vigueur, réprimer les prêches des imams, les fatwas politisées, les actes terroristes et criminel qui incitent à la haine et à la violence.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Passionné des études islamiques, analyste indépendant

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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3 Commentaires

  1. Le récit coranique sur lequel est fondé cette pensée promu par le Salafisme saoudien jusqu’au montagne Pakistanais et de l’Égypte au Nigeria est l’œuvre d’une interprétation biaisée, d’une lecture littéraire des écritures excluant la forme métaphorique des versets. D’où la divergence et l’apparition des courants et des branches qui se livrent à une lutte sans merci les uns les autres dont tous réclament l’authenticité.

    Les versets Medinois (révélés en Medine) appellent à l’amour, à la contemplation, à la spiritualité du fait que Al-Ansar, le peuple de Medine étaient hospitalier et bien accueillant lorsque le prophète Mahomet se retrouve forcé vers le chemin de l’exile de la Mecque. C’est fut alors l’Hégire.
    Tandis que, les versets Mecquois (révélés à la Mecque) font appellent au djihad selon des situations et des moments bien précisent. C’est un discours relativement ferme contre l’oppression et l’exaction subit par le prophète par son peuple à la Mecque.

    Si de nos jours la fonction de Califat est valable, les monarchies du golfe seront les premiers à cette posture.
    Ce rôle de Calife qui est une sorte de plébiscite étant donné que l’élection d’un leader démocratique est une notion étrangère à l’islam; certains pour leur soif du pouvoir se sont même auto-proclamé » Gardien des lieux Saints ». C’est peut-être de cette tradition ancestrale qu’il est impossible d’organiser des élections démocratiques au Moyen Orient.

    Lire Peut-on revenir au temps de »Calif »? sur ===>> http://jeunestchad.mondoblog.org/?p=383

  2. Mais toi il faut apprendre la langue française d’abord avant d’écrire en français.Tu te fais un grand intellectuel mais y a rien dans la tete. je n’ai pas envie de lire la suite je me suis arreté sur (dresser une analyse====> axée c’est axés)

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