Boko Haram : le double jeu du président Déby ?

L’année 2015 a commencé de manière bien sinistre sur les bords du lac Tchad, où Boko Haram a massacré plusieurs centaines de civils dans la petite ville de Baga, au Nigeria, et incendié une quinzaine de villages à ses alentours. La barbarie de ces actes – sans doute le pire crime de masse commis par la milice dirigée par Abubakar Shekau – pourrait peut-être s’expliquer par le fait que Baga abritait le quartier général de la Force multinationale conjointe de sécurité censée combattre le banditisme et le terrorisme dans la région. La FMCS avait été désertée quelques semaines plus tôt par les soldats nigériens et tchadiens et les derniers militaires nigérians restés sur place n’ont guère résisté à l’assaut de Boko Haram.

Le 17 janvier, l’armée tchadienne faisait une entrée remarquée au nord du Cameroun, en accord avec les autorités de ce pays, et avec comme objectif déclaré, notamment, de reprendre Baga1. Cependant, les autorités nigérianes – jusque-là davantage préoccupées par de très prochaines élections que par la déliquescence de leur armée face au groupe djihadiste – affirmaient n’avoir pas été consultées et demandaient le respect de l’intégrité territoriale de leur pays par les forces tchadiennes. Et le 21 janvier, avec le transfert du siège de la FMCS de Baga à Ndjamena, le Tchad et son inamovible président, Idriss Déby, semble prendre la main dans la lutte contre Boko Haram et manifester une exemplaire solidarité envers ses deux voisins, le Cameroun et le Nigeria, dont les forces armées rencontrent les plus grandes difficultés pour maîtriser la progression des hommes de Shekau. Deux ans après avoir été le premier soutien de la France pour expulser les groupes djihadistes du nord du Mali, le président Déby  s’est érigé en irremplaçable rempart antiterroriste dans le Sahel.

À y regarder de plus près, la réalité pourrait être plus complexe. Depuis plusieurs mois, des questions contradictoires, souvent troublantes, se posent sur le rôle du Tchad dans la lutte contre Boko Haram.

Tout d’abord, il faut constater qu’en dépit de sa proximité géographique avec les zones sous contrôle de Boko Haram au Nigeria, aucune attaque n’avait, jusqu’au 13 février 20152, frappé le territoire tchadien. Pourtant, certaines zones de ses voisins, à quelques dizaines de kilomètres de la capitale tchadienne subissent des raids et attentats de Boko Haram presque au quotidien, et ce depuis près de trois ans, dans le cas du Cameroun, et encore davantage au nord-est du Nigeria.

A noter que les nombreuses armes saisies dans le nord du Cameroun au cours des derniers mois et qui serviraient à alimenter Boko Haram proviennent presque systématiquement du Tchad. Par exemple, le 26 mars 2014, près de Fotokol, sur indication de villageois, une cache souterraine était mise à jour. On y trouva, notamment, 239 kalachnikovs, une tonne de grenades, un canon, un mortier, 9 mitrailleuses, 6 fusils FAL et 11 lance-roquettes3. De même, le 23 septembre, à Kousseri, ville camerounaise faisant face à Ndjamena, ce sont, entre autres, 5 mitraillettes, 24 roquettes, 4 lance-roquettes et 6 kalachnikovs qui ont découverts dans la villa d’un responsable local du groupe armé4. Le 12 novembre, à Kousseri, la police a intercepté, dans une cache aménagée dans un véhicule qui venait de passer la frontière tchadienne, 15 mitrailleuses, 6 AK-47, un lance-roquettes de type RPG et près d’un millier de cartouches5.

Un pays saturé d’armes

D’autres armes, saisies au Nigeria notamment par la FMCS en 2012, semblaient venir également du Tchad, à travers le lac éponyme6. Le Tchad est visiblement devenu le lieu où confluent les routes du trafic d’armes, venant principalement de Libye, décrite comme un « arsenal à ciel ouvert » depuis l’intervention de l’Otan en 2011. D’autres pays en proie à des conflits y contribuent également, comme le Soudan ou la Centrafrique. Par ailleurs, le gouvernement de Ndjamena est confronté à une forte prolifération d’armes de guerre héritées de deux épisodes de guerre civile (1965-1979 et 2005-2010), de diverses interventions militaires dans des pays de la région et du retour de nombreux Tchadiens, parfois armés, dans leur pays après le renversement de Mouammar Kadhafi7. Pour tenter de maîtriser la détention illicite d’armes à feu, il procède à des fouilles et des perquisitions parmi les civils et les démobilisés8. Ce contexte va inciter certains habitants à se débarrasser des armes en leur possession en les vendant à des trafiquants qui, à leur tour, les injectent dans les circuits alimentant Boko Haram9.

Une autre source des armes alimentant Boko Haram pourrait être l’armée tchadienne elle-même. C’est du moins ce qu’a affirmé un officier supérieur de la gendarmerie camerounaise, selon lequel le groupe armé entretient des liens étroits avec des militaires tchadiens10. Des accusations similaires éclaboussent les armées nigériane et camerounaise. Il est bien entendu difficile d’évaluer l’ampleur et l’impact de telles complicités, bien que les allégations concernant les connexions entre l’armée d’Abuja et les djihadistes11 soient bien plus nombreuses et circonstanciées que celles visant les armées de ses deux voisins.

Quoi qu’il en soit, on peut s’interroger sur le faible nombre d’arrestations de trafiquants et de saisies d’armes destinées à Boko Haram opérées en territoire tchadien, en flagrant contraste avec la situation au nord du Cameroun. Nos recherches n’ont révélé que deux cas, peu détaillés, d’arrestation de trafiquants soupçonnés d’alimenter Boko Haram. D’abord, celui de cinq Camerounais qui, à une date indéterminée en 2013, avaient tenté d’introduire dans leur pays des armes cachées dans des sacs d’arachides et avaient été arrêtés au Tchad12. Ensuite, celui, très récent, concernant la saisie de 30 armes de guerre début janvier 2015, à Dougya, une localité sur le fleuve Chari, faisant face au Cameroun13.

Si un de ces deux cas mis à jour concerne des citoyens camerounais, plusieurs saisies d’armes opérées au Cameroun impliquaient des Tchadiens. Des ressortissants de ce pays sont également actifs dans des trafics bien plus loin éloignés. Au moins cinq reprises en l’espace de quelques semaines, des contrebandiers tchadiens ont été arrêtés dans le sud de l’Algérie14. Même s’il n’est pas établi que toutes ces affaires concernent le trafic d’armes, et en dépit que des citoyens d’autres pays, dont le Niger et le Soudan, étaient souvent impliqués, cela suggère une forte culture de la contrebande transsaharienne de certains ressortissants tchadiens.

L’implication de nombreux citoyens de pays sahéliens dans des activités de contrebande a sans doute été rendue plus aigüe par l’expulsion de plusieurs centaines de milliers de travailleurs de ces pays par les nouveaux maîtres de la Libye, dont plus de 150 000 Tchadiens retournés dans leur pays d’origine15, et de l’exode de milliers d’anciens combattants à la solde de l’ancien régime. À ce propos, il faut rappeler que le président tchadien, Idriss Déby, avait été un des premiers chefs d’Etat à attirer l’attention de la communauté internationale sur les conséquences catastrophiques pour la bande sahélienne du chaos provoqué en Libye.

D’autre part, il faut noter que les dépenses militaires tchadiennes sont en forte progression, ayant été pratiquement multipliées par huit entre 2004 et 200816, tandis que les importations d’armes répertoriées, principalement de France et d’Ukraine, suivaient une courbe comparable. En plus, de nombreux armements n’ont pas été déclarés, ni par le Tchad, qui n’a jamais participé au Registre de l’ONU sur les transferts d’armes17, ni par les pays vendeurs18. Ces achats massifs, couplés à une absence de transparence, font naître la suspicion que certains matériels auraient pu être détournés vers des acteurs non étatiques.

Un faisceau d’allégations

Par ailleurs, un grand nombre de Tchadiens combattent au sein de Boko Haram. Lors d’une attaque sur Biu (Etat du Borno, Nigeria) le 14 janvier 2015, quinze membres tchadiens du groupe armé ont été tués19. Dans les régions sous son contrôle du nord-est du Nigeria, les tribunaux mis en place par Boko Haram ont été systématiquement présidés par des Tchadiens20. Ces derniers ont l’expertise nécessaire pour manier des armes lourdes sophistiquées, comme des blindés et de l’artillerie21.

En outre, des médias nigérians, citant un mémo de services de renseignement tchadiens datant de 2011, font état de l’existence d’un camp d’entraînement de Boko Haram en territoire tchadien, plus précisément près de la ville d’Abéché22, à 750 km à l’est de Ndjamena. Ce camp, très éloigné des zones d’opération du groupe djihadiste, n’aurait pu exister qu’avec l’assentiment du gouvernement tchadien. Cependant, ce camp n’est certainement pas le seul dans la région. Le 21 décembre 2014, l’armée camerounaise en a démantelé un dans le département de Mayo-Danaï, dans la région de l’Extrême-Nord, récupérant plus de 80 enfants qui y étaient formés et arrêtant 45 instructeurs23. D’autres camps de Boko Haram où les adeptes étaient formés au maniement des armes, existent vraisemblablement au Nigeria, bien que l’armée en ait rarement démantelés, et ont été découverts à Tombouctou, au Mali, en janvier 201324, et près de Diffa, dans le sud-est du Niger, en février 201425, mais jamais l’assentiment des autorités centrales n’a été suspecté.

Relevons aussi que du carburant tchadien de contrebande approvisionne Boko Haram, ainsi que certaines régions du Cameroun et des zones restées sous le contrôle des rebelles de la Seleka en Centrafrique26. Selon certains médias tchadiens, ce pétrole est directement issu des réserves appartenant à la famille présidentielle27.

Tous ces éléments font dire à certains médias, notamment nigérians et camerounais, ainsi qu’à des organisations de la société civile nigériane, comme Every Nigerian Do Something (ENDS)28 et #BringBackOurGirls (BBOG)29, que les autorités de Ndjamena sont complices de Boko Haram. Les accusations de BBOG ont été principalement alimentées par le pseudo-accord conclu le 17 octobre 2014 entre les autorités nigérianes et Boko Haram, sous la médiation personnelle du président Déby, et qui aurait dû entraîner un cessez-le-feu et la libération de plus de 200 jeunes filles enlevées à Chibok (Etat du Borno) six mois plus tôt30. L’accord n’a pas été mis en œuvre et Shekau a déclaré, dans une vidéo diffusée le 1er novembre, qu’il n’avait jamais été conclu31. À Abuja, les responsables gouvernementaux semblaient se diviser sur la responsabilité de Déby dans ce fiasco, les uns pensant qu’il avait été involontairement trompé par le groupe djihadiste, désireux de se réorganiser et de se redéployer, les autres soupçonnant le président tchadien – devenu brusquement indisponible après l’annonce de l’accord – d’avoir voulu délibérément piéger les autorités nigérianes32.

Les relations suspectes du président Déby

Un autre élément qui accrédite cette thèse est l’amitié qui lit le président Déby à Ali Modu Sheriff, ancien gouverneur de l’Etat du Borno et dont l’élection doit vraisemblablement beaucoup au soutien offert par Boko Haram en 2003. En échange, le beau-père de Mohammed Yusuf, fondateur du mouvement, assassiné en 2009, avait été nommé commissaire des Affaires religieuses de son gouvernement33. Le président nigérian, Goodluck Jonathan, a publiquement déclaré, en avril 2013, que Sheriff avait été un « ami » de Yusuf34.

Or, Sheriff, qui serait un visiteur régulier du Tchad, particulièrement de la ville d’Abéché, bénéficierait de la protection du président tchadien dont il aurait financé la campagne électorale de 2011, notamment en lui fournissant 35 véhicules pour sa sécurité35. Certaines sources, dont Stephen Davis, négociateur australien ayant tenté de faire libérer les filles de Chibok, accusent Modu Sheriff de financer Boko Haram36, voire d’organiser des transferts d’armes à son bénéfice ou de superviser le présumé camp d’Abéché37.

Cependant, en juillet 2014, Sheriff – jusque-là membre d’un parti d’opposition – a rejoint le People’s Democratic Party, au pouvoir38, et devenir un allié de poids du président Jonathan, tandis que, le 16 décembre 2014, les services de renseignement nigérians – le State Security Service (SSS) – exonéraient Sheriff de toute complicité avec Boko Haram39. Par conséquent, on pourrait difficilement reprocher au chef d’Etat tchadien d’entretenir d’étroites relations avec un homme blanchi par les autorités nigérianes des soupçons de soutien à un groupe armé nigérian…

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  1. Pourtant, c’est l’armée nigériane qui a finalement repris la cité le 21 février 2015. []
  2. Boko Haram attaque pour la première fois le Tchad, La Libre Belgique, citant AFP, 13 février 2015. []
  3. Reinnier Kaze, Le Cameroun, plaque tournante d’un trafic d’armes destinées à Boko Haram, Yahoo Actualités, citant AFP, 4 avril 2014 ; David Wenaï, 20 ans de prison pour des membres de Boko Haram, Camer.be (Bruxelles), citant L’œil du Sahel, 31 juillet 2014 . []
  4. Un dirigeant de Boko Haram arrêté, BBC Afrique, 26 septembre 2014 ; Raoul Guivanda, Kousseri : un chef local de Boko Haram arrêté, Camer.be, citant L’Oeil du Sahel, 26 septembre 2014 ; Cameroonian Military Capture Boko Haram’s Top Commander, Abakar Ali, Sahara Reporters, 26 septembre 2014. []
  5. Cameroun : Des armes en provenance du Tchad ont été saisies à l’Extrême-nord, kaoci.com, 12 novembre 2014 ; Cameroun : l’armée neutralise 58 membres de Boko Haram dans L’Extrême-nord, 237online, 17 novembre 2014 ; David Wenaï, La police démantèle un réseau d’armes de Boko Haram, Camer.be, citant L’Œil du Sahel, 17 novembre 2014. []
  6. Freedom C. Onuoha, Porous Borders and Boko Haram’s Arms Smuggling Operations in Nigeria, Al Jazeera Center for Studies, 8 septembre 2013 ; Deux islamistes nigérians tués à la frontière avec le Tchad, Slate Afrique, 1er août 2012. []
  7. Cyril Musila, Le trafic d’armes légères et de produits de contrebande : carburant, médicaments, véhicules et pièces détachées, irenees.net, juillet 2012. []
  8. Tchad : La circulation des armes qui fait peur dans le-Moyen-Chari et le Mandoul, Groupe de réflexion et d’action pour le Tchad, 31 juillet 2014 ; Adil Abou, Tchad: Importante quantité d’armes saisies à Abeché, Alwihda (N’Djamena), 15 décembre 2014. []
  9. Abdelwahid Ahmat, Cameroun : La police camerounaise découvre des armes dans un véhicule, Alwihda, 19 décembre 2014. []
  10. Reinnier Kaze, Le Cameroun, plaque tournante d’un trafic d’armes destinées à Boko Haram, op. cit. []
  11. Chantal Uwimana (Transparency International), Corruption In Nigeria’s Military And Security Forces: A Weapon In Boko Haram’s Hands, Sahara Reporters, 19 juin 2014. []
  12. Edouard Kingue, Circulation des armes de guerre : trafic ou complot contre le Cameroun ?, Camer.be (Bruxelles), citant Le Messager (Douala), 8 octobre 2014 ; Reinnier Kaze, Le Cameroun, plaque tournante d’un trafic d’armes destinées à Boko Haram, op. cit. []
  13. Reouhoudou Innocent, Tchad : 30 armes de guerre saisies, Alwihda, 7 janvier 2015. []
  14. L’Armée annonce avoir arrêté plusieurs contrebandiers étrangers dans le Sud, Tout Sur l’Algérie, 30 novembre 2014 ; Algerian army says captures foreign smugglers on Niger border, Reuters, 2 décembre 2014 ; Des contrebandiers africains arrêtés à In Guezzam et Bordj Badji Mokhtar, Algérie 1, 2 janvier 2015 ; Arrestation par les forces de l’ANP de huit contrebandiers à In Guezzam, Algérie Presse Service, 9 janvier 2015 ; La contrebande redouble de férocité au Sud, L’Expression (Alger), 11 janvier 2015. []
  15. L’OIM au secours de migrants tchadiens en détresse expulsés de Libye, Organisation internationale pour les migrations, 12 février 2013. []
  16. Selon le Stockholm Institute for Peace Resarch (SIPRI), les dépenses militaires du Tchad ont même plus que décuplé durant cette même période, pour atteindre 274 milliards de francs CFA ou 7.1 % du PiB en 2008. Voir SIPRI Yearbook 2014, pp. 222 et 236. []
  17. Reporting to the United Nations Register of Conventional Arms, Statistics Update 2014, United Nations Office for Disarmament Affairs (UNODA). []
  18. Le développement piégé : les transferts d’armes et le développement au Tchad (2005-2010), CCFD-Terre Solidaire, janvier 2012. []
  19. 15 Chadians Boko Haram Fighters Killed As Soldiers Repel Attack On Biu, Sahara Reporters, 14 janvier 2015. []
  20. Nicholas Ibekwe, Boko Haram: Nigeria downplays Chad’s move to capture Baga, Premium Times (Abuja), 19 janvier 2015. []
  21. Guibaï Gatama, Boko Haram : La stratégie suicidaire du Tchad, Camer.be, citant L’œil du Sahel, 10 novembre 2014. []
  22. Secret Intelligence Report links ex-Governor Sheriff, Chad President to Boko Haram sponsorship, Premium Times, 12 septembre 2014. []
  23. Reinnier Kaze, Info RFI: un camp d’instruction de Boko Haram démantelé au Cameroun, RFI, 21 décembre 2014. []
  24. Drew Hinshaw, Timbuktu Training Site Shows Terrorists’ Reach, The Wall Street Journal, 1er février 2013. []
  25. Un camp d’entraînement de Boko Haram localisé au Niger, kaoci.com, 19 février 2014. []
  26. Tchad: sur les traces du pétrole de contrebande, RFI, 18 novembre 2014. []
  27. D. D., La collusion de Deby avec Boko Haram vient d’être définitivement établie au Soudan !, N’Djamena Matin, 20 novembre 2014. []
  28. Nicholas Ibekwe, op. cit. []
  29. Nigeria: Chad Denies Funding Boko Haram, allAfrica, citant Vanguard, 4 décembre 2014 ; []
  30. Boko Haram: le Nigeria annonce un accord sur la libération des lycéennes et un cessez-le-feu, Le Huffington Post, citant AFP, 17 octobre 2014 ; Sodiq Yusuff, EXCLUSIVE: How Idriss Déby brokered ceasefire, TheCable (Lagos), 18 octobre 2014. []
  31. Boko Haram says kidnapped schoolgirls ‘married off’, France 24, citant AFP, 1er novembre 2014. []
  32. Fredrick Nwabufo, Revealed: How Chadian president fooled Nigeria on phantom Boko Haram ceasefire, TheCable, 9 novembre 2014. []
  33. Femi Falana, How Modu Sheriff Sponsored Boko Haram, Sahara Reporters (New York), 4 septembre 2014. []
  34. Video shows President Jonathan linking ex-Borno Governor, Ali Modu Sheriff, to Boko Haram, Premium Times, 31 décembre 2014. []
  35. Secret Intelligence Report links ex-Governor Sheriff, Chad President to Boko Haram sponsorship, op.cit. []
  36. Australian Negotiator Insists Modu Sheriff, Ihejirika Sponsor Boko Haram, Exonerates Buhari, El-Rufai, Sahara Reporters, 31 août 2014. []
  37. Secret Intelligence Report links ex-Governor Sheriff, Chad President to Boko Haram sponsorship, op.cit. []
  38. [1] Blamed by opponents for Boko Haram insurgency, Ali Sheriff dumps APC, joins PDP, Premium Times, 14 juillet 2014. []
  39. SSS Clears Ihejirika And Sheriff, Arrests Seven ‘Fraudulent’ Associates Of Stephen Davis, Sahara Reporters, 16 décembre 2014 ; Video shows President Jonathan linking ex-Borno Governor, Ali Modu Sheriff, to Boko Haram, op. cit. []
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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
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