Bloguer, la passion la plus dure lorsqu’on est tchadien

MONDOBLOG
Le journalisme est le métier le plus difficile en Afrique disait un humoriste. Quand on est pas traqué par le pouvoir, on est lynché par le public. Vous êtes nombreux à m’avoir envoyer de message à mon Email ou sur facebook. Surtout depuis la publication des images du procès d’Hissein Habré sur ma page facebook jugé «humiliante» par ses supporteurs. Entre soutiens, menaces et interpellations dont je me suis habitué depuis six-ans d’intense activité et publication sur le net, par respects aux fidèles lecteurs et par profonde sincérité, j’espère par ce billet apporter quelque réponse.

Durant mon expérience de blogueur et activiste sur les réseaux sociaux, tchadiens notamment, j’ai été qualifié de tous les noms d’oiseaux et j’en ai appris beaucoup de chose. Une expérience pleine de courage, d’inquiétude, de savoir, de passion, de rencontre, d’amour aussi et un besoin de liberté de pensée et de partage d’idée qui sera un jour immortalisé dans un livre.

L’attitude des certains intervenants sur ma page facebook est désolante. Et je suis profondément désolé à mes 13 000 abonné(e)s qui me suivent.
Ceux qui étaient choqués par les commentaires et qui comprenaient pas pour quoi autant de haines entre ces jeunes, je recadre un article en ce sens que j’ai écris en 2013.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faudrait de prime d’abord rappeler le sens de certains mots. Le «clanisme»  communément employé pour designer un régime autoritaire, c’est un système social d’organisation fondé sur le clan, sur une tribu constituée d’un regroupement de famille.
Cependant, on n’y remarque toujours deux camps qui s’affrontent s’agissant de l’affaire Habré. les partisans du régime d’Idriss Deby  et les partisans de l’ancien régime d’Hissen Habré. (Soit dit en passant que les deux se détestent à mort). Et malheureusement, ils n’ont trouvé de champs que ma page à se battre. Ce qu’ils ignorent ou refusent de reconnaitre, c’est qu’ils ont plus de chose en commun qu’ils ne le pensent.

S’agissant des partisans de Deby, le maintien de celui-ci au pouvoir doit sa gloire au soutien inconditionnel et indéfectible de son groupe ethnique les Zakhawa et surtout une franche partie de ceux du Soudan au Darfour dont le clanisme est érigé la réglé sacrée absolue à n’ait jamais franchir; hérité de son prédécesseur. Les premiers heurs du règnes du régime dont beaucoup semblent oublier étaient très sanglantes, des assassinats, des violes, des voles et massacres jours et nuits, sans distinction orchestré la plus part par la garde présidentielle clanique notamment au Logone et Moyen Chari et tout récemment dans le Dar-Tama pour ne cité que quelque exemple.

Si quelques uns de ce clan se sont rebellés après avoir consolider le régime et infliger pendant des années aux tchadiens toute sorte de calvaire s’érigent scrupuleusement sans honte en libérateur, ce n’est nul par patriotisme moins encore pour le respect des valeurs humaines, mais uniquement d’ordre familiale et ethnique, comme s’il n’y a qu’eux au Tchad. Chasser le tyran pour mieux garder la tyrannie.

Comme tout régime clanique, il y a d’autre prêt à tout à fin de satisfaire leurs désir matérialiste offrant leur service au tyran et sa famille mais qui ne seront jamais égale. Les serviteurs volontaires et zélés du régime ne manquent pas de se faire constamment humilier. Une servitude volontaire qui donne une certaine légitimité au système et une illusion d’équilibre de gestion et de partage. Là est « le secret et le ressort de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie » disait La Boétie . Les partisans de Deby en premier lieu les Zakhawa ne font jamais objet de sanction contrairement à leurs complices d’autres communautés.

Quant aux partisans de Habré, c’est un autre phénomène. Dans une illusion que le pouvoir leur revient de droit sacré. Si tribaliste, d’esprit étriqué et encarcanné par la rude du désert, la culture est toute sauf exemplaire. Leurs compatriotes du sud les appels les Nordistes – les Gouranes dont est issu Hissein Habré le prédécesseur de Deby et maitre des crimes et massacres. Au niveau de clanisme, le régime de Deby ne fait pas exception à celui de Habré. Et si on remarque que les principaux partisans de Habré sont issue de son ethnie, c’est parce qu’ils sont bien évidement à l’écarte de «l’holocauste» dont ils ont activement contribué.

Si les partisans de Deby homonymes des partisans de Habré ne font jamais objet de sanction, ces derniers, par défaut de pouvoir, n’aiment jamais être objet de critique, ni de Habré, ni de ce qui à un lien avec eux. Alors que leur bilan de huit-ans de règne absolu est un véritable désastre. On ne peut critiquer ce passer douloureux et cette culture brute sans être traiter de tribaliste, de ségrégationniste, et tout les noms d’oiseaux, ou sans que votre sécurité ou celle de vos proches ne soit mise en danger.

Et pourtant, Il ne viendrait à l’esprit de personne de considérer que si on critique un cadre sudiste (ressortissant du Sud), du centre, de l’est ou de l’ouest, qu’on est anti-sudiste, etc. Ainsi ils contribuent à véhiculer et pérenniser l’image de tout l’ethnie et non seulement d’un système de gestion d’un quelconque régime. Ces réactions participent également d’une idiotie utilitaire qui apporte de l’eau au moulin à ceux engloutie par l’injustice, submerger dans la haine et aveuglé par la vengeance.

Beaucoup pense à tort de moi être un opposant de Deby, un titre que j’ai jamais porté à cœur. Il y a parmi ces opposants des analphabètes-illettrés et des brillants académiques, des traitres-criminels et des savants-honnêtes. On y trouve de tous les espaces dans le même moulin d’opposition pour l’opposition. Pas besoin d’être opposant pour dénoncer les dérives d’un pouvoir cynique. C’est un devoir spirituel et humain. Un droit civique. Je suis un Étudiant, un blogueur, un activiste, avec la passion du savoir, qui exprime ses idées sans tabous, ni complexes, qui n’aime surtout pas la censure lorsqu’il s’agit des idées. Je pense qu’au temps du numérique, chaque étudiant doit tenir son propre blog, c’est ainsi qu’on découvre le monde en découvrant soi-même. De passage je salue le réseau Mondoblog, la plateforme des blogueurs francophones de RFI pour cette expérience inédite.

Donc, est-il encore possible de parler ou critiquer certains comportements adoptés par certaines personnes appartenant à certaines communautés ethniques ou religieuses sans se faire traiter de ségrégationniste, divisionniste etc… ? Si on peut critiquer les gros, pourquoi devrait-on épargner les nains ? Si on peut dénoncer les dérives du régime, pourquoi ne pourrait-on pas en faire autant de ceux d’opposants? Si on peut critiquer un inconnu, et pourquoi pas un parent, un ami ou un proche ? Si on peut critiquer les femmes, et pourquoi pas les hommes ? Si on se moque des sudistes, pourquoi pas des nordistes ? Existe-il des personnes supérieurs à d’autres ? Comment peut-on instauré l’égalité et la justice par le communautarisme? Peut-on critiqué certaines personnes et éviter de critiquer d’autres ? Et au nom de quoi peut-on le faire avec ceux-ci, mais pas avec ceux-là ?

Je réaffirme encore, je suis un fervent défenseur de la liberté d’expression et un farouche partisan de la démocratie dont elle est l’émanation; et je suis pour que cette démocratie écrase tous et celles qui oseraient se dresser contre elle. Quand on critique les autres, ça passe, et parfois même vous rigolez, mais quand c’est votre tour, vous pleurnichez, et sais-je encore? Personne ne vaut pas mieux que les autres, personne n’est intouchable. Si je dois rien dire pour vous nuire, je vais rien taire pour vous plaire.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste, Mondoblogueur et analyste indépendant

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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