Après avoir  »moraliser » son gouvernement, Deby s’en débarrasse

Une nouvelle semaine et un nouveau gouvernement. Le Tchad vient de procéder à un nouveau remaniement ministériel annoncé ce dimanche 7 aout. Le quatrième en deux ans depuis la nomination du Premier ministre Kalzeubet Pahimi Deubet en novembre 2013.

Le pays est en passe d’être un champion mondial. La politique du president tchadien Idriss Deby doit inspirer autant ses homologues que les académiques en science-po. Des milliers de ministres ont transité dans les gouvernements pendant ces 24 dernières  années. Parmi eux, il y a ceux qui n’ont fait que quelques semaines, le temps de vie d’une fleur. Un passage éclair qui devrait figurer dans le Guinness des records.

Attendu depuis le mois de juin 2015, Idriss Deby crée la surprise. Il supprime purement et simplement et sans aucune honte, le ministère de l’assainissement et de la bonne gouvernance connu sous le nom du ministère de contrôle d’État. Un ministère qu’il avait lui même crée. Deby renonce-t-il ainsi publiquement au combat qui lui est cher, la lutte contre la corruption et la gabegie financière? Ou doit-on comprendre de cela une victoire comme d’habitude?

Néanmoins, a part s’être acharner contre des petits voleurs, Idriss Deby et sa famille dont les revenus publiques sont considérés comme un butin de guerre ont été soigneusement et scrupuleusement exemptés de tout poursuite ou de contrôle par cette soi-disant ministère de moralisation.

Conséquence, la situation économique du pays est en alerte rouge. La chute des cours du pétrole à affecté considérablement les revenus de l’État. Tandis que plusieurs ministres, ex-ministre, députés et secrétaires généraux réhabilités ou toujours en fonction sont accusés de détournement de fond public. Les fonctionnaires de l’État dénoncent fréquemment les retards des salaires, tandis que les étudiants en gréve réclament plus de six(6) mois d’arriéré de bourse.

Supprimez un tel ministère dans une telle situation économique, à l’approche des échéances électorales présidentielles et face à une impasse politique, n’augure rien de bon pour la bonne gestion du trésor public d’une part et à l’avenir des élections libres et transparentes d’autres part.

Le Tchadien lambda ne croit plus à ce jeux de chaise et Deby non plus d’ailleurs. Pourtant il doit satisfaire une catégorie de personne et placé ses affidés pour éviter toute contestation ethnique ou dans sa propre famille. Tout cela pour un seul but: demeurer indéfiniment au pouvoir. Mais quel pouvoir?

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, mondoblogueur

The following two tabs change content below.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Derniers articles parDjarma Acheikh Ahmat Attidjani (voir tous)

1 Commentaire

  1. Tu ne connais meme pas francais et tu aimes te faire remarquer en parlant trop.
    Et puis le ministère de moralisation n’est pas supprimé mais remplacé par cour de comptes. cultives toi un peu

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *