Afrique : Hissein Habré reconnu coupable d’esclavage sexuel forcé

Ce lundi 30 mai 2016, les chambres africaines extraordinaires établies au sein du système judiciaire sénégalais ont donné le verdict du procès historique de l’ancien dictateur du Tchad, Hissène Habré, poursuivi pour crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre.

La Chambre reconnaît qu’Hissène Habré est coupable d’avoir ordonné des crimes contre l’humanité. Selon le juge, l’ex-président tchadien participait parfois lui-même aux interrogatoires ou aux tortures, infligeant lui-même les sévices ou donnant des directives dans ce sens. Il est considéré coupable de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, de viols et de situation d’esclavage sexuel dans un camp militaire au nord du Tchad.

L’ancien chef d’Etat tchadien a été reconnu coupable d’esclavage sexuel forcé, d’homicide volontaire, de pratiques massives et systématiques d’exécutions sommaires, d’enlèvements de personnes suivi de leur disparition et de crimes autonomes de torture pendant tout le temps de son régime, c’est à dire de 1982 à 1990.

Sur un des points les plus sensibles du procès, le tribunal s’est dit convaincu par le témoignage de Khadija Hassan Zidane, cette femme avait affirmé pendant le procès avoir été violée par Hissène Habré lui même. Le Président du tribunal, Gberdao Gustave Kam a fait état de «rapports sexuels non consentis à trois reprises et un rapport buccal non consenti». Selon le verdict, «Hissène Habré a joué un rôle central de chef d’orchestre dans la répression».

« Hissène Habré, la Chambre vous condamne à la peine d’emprisonnement à perpétuité », a déclaré le président Kam. Une décision accueillie par des cris de joie des parties civiles ou militants des droits de l’Homme, et par les pleurs des partisans de l’accusé.

Une délégation de la Cour pénale Internationale – CPI-, le juge espagnol Baltasar Garzon, l’ambassadeur des Etats-Unis à Dakar et d’autres personnalités ont assisté au tribunal à Dakar pour le verdict.

Ce procès est le premier au monde dans lequel un ancien chef d’Etat est traduit devant une juridiction d’un autre pays pour violations présumées des droits de l’Homme. Une commission d’enquête tchadienne estime le bilan de la répression sous le régime d’Hissène Habré à quelque 40.000 morts. Il est accusé de milliers d’assassinats politiques et de l’usage systématique de la torture.

Le procès Habré a débuté le 20 juillet 2015. C’est la première fois que les tribunaux d’un État jugent l’ancien dirigeant d’un autre État pour des supposées violations des droits humains.
Après une longue campagne menée par les victimes, les Chambres ont inculpé Habré en juillet 2013 de crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre et l’ont placé en détention provisoire.

Après une instruction de 19 mois, les juges d’instruction des Chambres africaines extraordinaires ont statué qu’il y avait suffisamment de preuves et ont renvoyé Habré en jugement le 13 février 2015 après 25 ans d’exil doré à Dakar.

Ce procès est un message ferme contre le club des dictateurs africains qui se permettent toutes les violations de droit humains sur leur peuple. Contre tout attente, Habré est innocenté pour les accusation de massacre commis au Sud durant son règne dont un certain Idriss Deby est le commanditaire. L’accusé a 15 jours pour faire appel.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique

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Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Parfaitement bilingue (arabe-français), activiste politique et analyste indépendant. Citoyen du monde. Passionné d'histoire, des études islamiques et de bande dessinée. Étudiant à vie. Fervent défenseur de la liberté de pensée et d'expression. J’œuvre pour les valeurs démocratiques et la justice. Rédacteur de Jeunes Tchad.
Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

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